MOUVEMENTS BHYTHMIQUKS DES VAISSEAUX
la vis a tergo. Aussitôt que la systole veineuse a eu lieu, la contraction auriculaire se produit. Pour démontrer riudépendance des systoles veineuses, on lie la veine cave supérieure au niveau de son abouchement dans roreillelte, et l'on constate que les mouvements de la veine continuent à se faire : souvent, dans ces nouvelles conditions, le rhythme des systoles veineuses cesse d*être semblable à celui du cœur ; les contractions de la veine et celles de Toreillelte n'ont plus lieu un même nombre de fois par minute. On pourrait aussi exciser la veine cave supérieure de façon à la séparer entièrement du corps, comme Àllison Ta fait, et Ton verrait les mouvements rhylhmiques de ce vaisseau persister pendant un teinps plus ou moins long. Âllison a vu ces mouvements durer pendant plusieurs heures, dans les veines pulmonaires du chat, ainsi extraites de l'intérieur du corps.
Lorsque sur un chien curarisé et soumis à la respiration artificielle, on place, a une faible distance l'un de Tautre, les électrodes d'une machine volta- électrique, à courants interrompus, en contact avec la veine cave supérieure, on voit tout aussitôt les mouvements de cette veine se niodiGer, devenir très-fréquents, et les contractions de Toreillette droite s'accélèrent aussi, tandis que les mouvements du reste du cœur ne semblent que peu influencés.
Il est indubitable que des mouvements rhythmiques, pareils à ceux dont on constate directement Texistence chez les mammifères mis en expérience, doivent se produire dans les veines caves et peut-être dans les veines pulmonaires de l'homme; et, d'une façon générale, quand on parle des révolutions successives du cœur, il faut poser en fait, que chaque révolution cardiaque commence, comme chez la grenouille, le chien, le chat et le lapin, non par une
systole des oreillettes, mais par une systole des parties terminales des grosses veines qui s'ouvrent dans le cœur. Avec des appareils perfectionnés de cardiojçraphie ou de sphygmographie, on enregistrerait sans doute ces mouvements veineux, comme ceux des oreillettes et des ventricules.
Il faut tenir compte de ceux de ces mouvements qui se passent dans la veine cave supérieure, lorsqu'on étudie, dans les maladies du cœur, les phénomènes du pouls veineux au niveau des régions latérales du cou.
Les mouvements rhythmiques qui ont été peut-être le plus étudiés, sont ceux de Tartère médiane de Toreille du lapin. L'oreille du lapin est très -favorable pour l'observation des phénomènes vasculaires; elle est à demi-lransparente et elle préseule, à sa partie médiane, de sa base vers sa pointe, une artère dont les rameaux se distribuent chemin faisant, et aboutissent, par T intermédiaire de capillaires, à deux veines principales, placées sur les parties marginales de l'organe.
En regardant Tarière par transparence, on voit le phénomène sur le(|uel M, Schiff a le premier appelé l'attention, en 185/1, cl qui lui a fait donner à cette artère le nom de cwiir anrssfùre (1). Il Ta fort bien décrit : à un certain momeiil, l'aitère est complètement vide de sang; cet étal dure de quatre à cinq secondes : alors on voit apparaître, à rintérieiir du vaisseau, un petit fllet rouge qui monte de la hase vers la pointe de l'oreille et augmente
(1) Scliiff, Ki'i ff"("<o' i\''firs A> ten'e/iherz bei Kaninchen^ (Archiv f* ph}siol. Hcilkiiniio, tHôl, {. Mil, p. 521). — Sur un taur artériei accessotr^ *Mns les lopins, ^C(im|.l('s ivntliis do TAcAd. des sciencct, t. XXXIX, 1W4. p. 508 cl sun.) — Vuî|)iin, Soir xur In 'ontraclilUé deî vaisseaux de VoretU* chez les Ifipiti^i. ((:oi»;.N< ren.lus «le la Société de biologie, 1856, p. 183.)