MOUVEMENTS RHTTHMIQUËS DES VAISSEAUX
rapidement, de telle façon que Tartère devient très-visible dans toute sa longueur. De plus, comme le note M. Schiff, la dilatation s'étend à toutes les arlérioles qui naissent de Tartère principale. Cette artère reste en état de diastole pendant deux ou trois secondes lout au plus, puis revient sur elle-même, et s'efface de nouveau, de la base à la pointe, pour se remplir encore après quelques secondes, et ainsi de suite.
L'artère présente donc, avec une certaine régularité, un mouvement alternatif de diastole et de systole. La régularité de ces mouvements n'est cependant pas comparable à celle des battements du cœur. Les intervalles des diastoles sont loin d'être d'une durée toujours la même. La diastole est toujours beaucoup plus rapide que la systole, et elle est moins durable. L'artère, dans les circonstances ordinaires, ne se dilate que peu, lore de chaque diastole, l^s diastoles successives n'ont pas toutes la même expansion. Parfois il y a plusieurs diastoles très-faibles, puis une plus lai^e, à laquelle succèdent encore de faibles dilatations.
Il y a cinq à six mouvements de ce genre par minute; quelquefois il y en a moins; d'autres fois il y en a davantage, ce qui tient aux conditions particulières dans lesquelles se trouve l'animal. Ainsi, ces mouvements sont plus nets, plus réguliers, plus développés et peut-être moins lents, chez les animaux en bonne santé, que chez les animaux affaiblis ou souffrants. J'ai vu sur des lapins, dans ces dernières conditions, les diastoles artérielles être séparées par des intervalles de deux minutes et même plus encore.
La systole artérielle peut être retardée ou empêchée pendant un certain temps, lorsqu'on a irrité Toreille ou le
bout central d'un des nerfs sensilifs de cet organe el délerminti, par suite, une dilatation réflexe plus ou moins durable de Tarière. Il en esl de même de la diastole, si Ton a fait conlracler Tarière en Texcitant, soit directement, soit par l'intermédiaire du système nerveux. Si Ton irrite Tarière dans une partie de son trajet, le resserrement local que Ton provoque de la sorte ne disparaît pas lors de la diastole spontanée qui se produit ensuite.
Lesvariations déterminées dans la circulation artérielle, par les mouvements dont il s'agit, se font sentir dans les veines, qui sont plus laides quand Tarière entre en diastole, et reviennent sur elles-mêmes pendant la systole. Seulement elles ne s effacent jamais totalement.
Le sang de ces veines change visiblement de couleur, lors des variations de calibre de Tarière médiane. Quand Tarière est en systole, tout à fait effacée, le sang des veines marginales devient peu à peu plus sombre; il rougit notablement, au contraire, en même temps que les veines deviennent plus larges, lorsque la diastole artérielle vient d'avoir lieu.
Ces mouvements, d'ailleurs, sont tout à fait indépendants des mouvements du cœur, puisqu'on n'en observe au plus que quatre, cinq, ou six par minute, pendant que le cœur dans le même temps, bat O/Cnt vingt à cent cinquante fois. Us sont indépendants aussi de la respiration, puisque Ton peut compter quarante à cinquante inspirations par minute.
M. Schiff admet que ces mouvements sont sous la dépendance du système nerveux. D'après lui, si Ton coupe la moelle cervicale dans son entier, on les fait cesser des deux côtés ; tandis qu'on ne les anéantit que du côté sectionné* dans le cas où Ton laisse intacte une moitié de