NÉVRIUTÉ DES VASO-MOTEURS
Ainsi donc, les nerfs vaso-moteurs réagissent, sous Tiufluence des excitants, de )a même manière que tous les autres nerfs. Il n'y a pas lieu de s'en étonner; tous les nerfs ont la même propriété, la névrilité. On ne peut fMLs admettre plus de différence entre les nerfs vaso-moteurs et les nerfs sensitivo-moteurs, sous le rapport des propriétés physiologiques proprement dites, qu'il n'y en a entre les nerfs moteurs et les neffs sensitifs.
C'est une hypothèse qoe je soutiras depuis longtempsK et qoi se trouve, jusqu'à pi'ésent, justifiée par tous les fûts <x>nnus.
Ce qui semble bien prouver que les nerfe sympathiques ont les mêmes propriétés essentielles que les autres nerfs, c'est que, clans des conditions expérimentales déterminées, on peut constater que les excitations, conduites par les fibres des nerfs sensitivo^moteurs, se transmettent sai» difficulté aux fibres des nerfs sympathiques. Sur un dbien, comme je l'ai fait avec M. Philipeaux, on unit le bout périphérique du nerf hypoglosse avec le bout central do pneumogastrique, qui, chez cet animal, est accdé au cor- <lon cervical du sympathique : il se fait, au bout de trois ou «quatre mois, une soudure complète entre les deux nerfs. Lorsque cette réunion est obtenue^ on coupe le bout périphérique du nerf bypc^losse près de la langue, de façon à en laisser un long segment en relation, par la soudure, avec le bout central du nerf vague. Si Ton électrise 4ilors ce segment du nerf hypoglosse, qui eommunkiiie noD-seolement avec le bout central du pneumogastrique, mais encore avec la partie ascendante ou périphérique du sympathique cervical, on voit la pupille du cMé correspondant se dilater, comme si Ton avait excité le grand sympathique hii-mème. Cela démontre bien que rexcHa-
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tion des fibres du nerf hypoglosse u pu franchir le point où les deux nerfs sont soudés, puis se propager dans le bout supérieur du sympathique, pour faire contracter les fibres rayonnantes de Tiris.
Ce résultat, quelque intérêt qu'il puisse présenter, ne saurait d'ailleurs être un «argument absolument décisif en faveur de notre opinion, sur 1 identité des aptitudes physiologiques des fibres nerveuses servant à des fonctions différentes, car on voit l'excitation des fibres nerveuses motrices passer de ces fibres dans les muscles, pour metlrr les faisceaux musculaires en activité : et cependant, il s'agit là d'éléments analomiques ayant évidemment des propriétés physiologiques essentiellement distinctes. La seule déduction rigoureuse qu'on puisse tirer de cette expérience, c'est que Texcitation des fibres sensitivo- motrices du nerf hypoglosse peut mettre en activité les fibres du cordon cervical du grand sympathique. Et encore fautil faire une sérieuse réserve; car le nerf hypoglosse contient des fibres sympathiques, vaso-motrices, et il serait possible que le cordon cervical n'entrât en relation physiologique qu'avec ces fibres.
Si les fibres vaso-motrices et les autres fibres nerveuses ont les mêmes propriétés, on est conduit à penser que les agents médicamenteux ou toxiques doivent avoir la même influence sur les nerfs vaso-moteurs que sur les nerfs moteurs. Nous étudierons cette question en détail à propos de l'action des poisons siu* Fappareil vaso-moteur ; mais je ne puis cependant passer outre, sans vou.v dire quelques mois de laction du curare sur les nerfs vasomoteurs.
^'ous nous servirons souvent, en effet, de ce poison pour