INFLUENCE DES LÉSIONS DU SYMPATHIQUE CKRVICAL
vical du grand sympathique. Dans la plupart des cas de ce genre, rattenlion des observateurs ne s'est portée que sur un seul des effets que peuvent produire ces lésions, a savoir, sur les modifications de la pupille du côté lésé. Comme il s'agissait, en général, dans ces cas, de lésions qui avaient déterminé une solution de continuité, plus ou moins complète, des fibres nerveuses de ce cordon, ou une d^énération atrophique de ces fibres, on a constaté d'ordinaire une constriction plus ou moins prononcée de la pupille, et l'on n'a même pas, le plus souvent, examiné s'il y avait en même temps, comme chez les animaux dont le cordon cervical sympathique est coupé, rétraction du globe oculaire, diminution et déformation de louverture des paupières, etc.
Dans quelques observations de tumeur d'une des régions latérales du cou, la pupille du côté correspondant, au lieu d'être resserrée, était dilatée, et l'on a pensé qu'il y avait dans ces cas excitation du cordon cervical du grand sympathique. M. John Ogie a cité quelques faits de ce genre (1); d'autres, analogues, sont relatés dans la thèse de M. Poiteau (2). Les observations réunies dans ce der* nier travail et parmi lesquelles se trouvent celles de M. J. OgIe, forment un total de neuf cas, dans lesquels on a constaté, sous l'intluence supposée de compressions légères du cordon cervical du sympathique, une excitation des fibres musculaires dilatatrices de la pupille. Je n'en parle ici que pour émettre un doute sur la signifi-
(1) JobD W. Ogle, On the Influence of the cervical pùrtions of the sympathetie nerve and spinal cotxl upon the eyc and its appendages, (Medico-cbir.
Trans., 1858, t. XLI, p. 397.)
(2) Anat. Poiteau, Des lésions de fa portion cervicale du grand sympathi- *pte. Tbèsc de Paris, 1869^ n« 2.
TULPUN. 9
lâO QUATRltHE LEQOfl.
cation qui leur a été attribuée. Ne serait-il pas possible que, dans plusieurs de ces cas, la dilatation de Fins ait été produite, non pas par une excitation directe, mais par une excitation réflexe des fibres sympathiques destinées à Tins 7
Je laisse de côté, pour le moment, les faits dans lesquels on a admis une altération Tonctionnelle du sympathique, sans lésion directe du cordon cervical. Je ne veux m*occuper ici» je le répète, que des faits dans lesquels on a constaté des lésions de la région latérale du cou, pouvant atteindre ce cordon.
Les phénomènes vaso-moteurs ont été observés bien plus rarement, dans ces conditions, que les modifications de la pupille; mais ils ont été vus aussi.
Et ici encore, il y a lieu de distinguer les cas dans lesquels uue lésion du cordon sympathique cervical a déterminé une paralysie des vaso-moteurs, de ceux dans lesquels on a observé au contraire des phénomènes indiquant une irritation de ces nerfs. Les cas de celte dernière catégorie sont tout à fait exceptionnels. Voyons d'abord les faits de paralysie des nerfs vaso-moteurs par lésion du cordon cervical du grand sympathique.
M. W. C^le, en 1869, a fait paraître, dans les Troftxactions médivo-chirurgicales^ de Londres, un travail dont ridée lui avait été suggérée par un cas de ce genre (1). A propos de la relation de ce fait, il avait recherché, soH dans le mémoire de son homonyme, M. John W. Qgle. soit dans d'autres publications, toutes les observations semblables, dans lesquelles on avait constaté des phéno-
(1) William Ogic, A case iiiusiratmy fhe physiology and paihohçy oft^ cervical portion of the sympatheU'c nerve. (Medico^hir. Trannctioiu, t LU. 1869, p. 150.)
l^rFLUENCE DES LIIONS DU SYMPATHIQUE CERVICAL. lâl
mènes vaao-moleurs dos à la lésion du grand sympathique; mais il n'avait pu en réunir que deux où ils Fussent mentionnés d'une façon très-explicite.
Mais M. W. Og^ n'a pas eu sous les yeux tous les cas de ee genre qui ont été publiés. Quoi qu'il en soit, ces faits sont peu nombreux. La plupart d'entre eux se trouvent rassemblés dans l'intéressante thèse de M. Ppiteau (1). La première observation est de Gairdner (d'Edimbourg) : je n'en dirai que quelques mots.
Dans un cas d'aoévrysme de l'aorte thoracique, G.iirdlier (2) a va la pupille du côté gauche plus étroite que la droite, et la moitié gauche de la face présentait des sueurs froides accompagnées de rougeur.
Dans un autre cas, où l'on constatait les signes d'une maladie du cœur ou d'un anëvrysme, Gairdner observa un renerrement delà pupille d'un côté et des sueurs limitées à ce côté.
Ces faits sont intéressants, mais ils sont loin d'être aussi complets que le suivant, qui a été observé par M. le doc* teur Panas en 1863, et qu'il a publié en 1864 (S).
Un homme, âgé de cinquante-deux ans, s'était aperçu depuis trois mois du développement d'une tumeur au DÎveaa du milieu de la région latérale gauche du cou. Au moment où M. Panas vit ce malade, la tumeur avait acquis le Tolume d'un œuf de poule. La pupille et Touverture palpébrale étaient plus étroites du côté gauche que du côté droit. La conjonctive oculaire, l'oreille et la moitié de la face étaient congestionnées du côté gauche.
(1) op. cit.
(2) Gairdner, Aneurism of the suhclavian arlery, (Edinb. Monthly Journal, 1S5^, p. 55.) — Aneurism of the awta. (Edinb. M'ïd. Journal, ISSô-SG, pp.7i, iA3, A29.)
(3) Panas, Mém. de la Soc. de cbirurgie, t. VI, 186A, p. 303.
Ces dernières parties étaient plus chaudes que celles de l'autre côté ; on ie reconnaissait avec la main : avec le thermomètre on trouvait, entre les deux moitiés de la face, une différence de deux degrés centigrades. Dans ce cas, on le voit, les principaux phénomènes, qui se manifestent sous rinfluence de la section du cordon cervical du sympathique, se sont montrés avec une netteté qui ne laissait rien à désirer.
M. Yerneuil a publié aussi deux cas dans lesquels il a reconnu l'existence de troubles vaso-moteurs (1).
Dans un de ces cas, il s'agissait d'un malade, chez lequel il avait pratiqué la ligature préalable de la carotide, pour procéder à l'ablation d'une tumeur volumineuse de la région parotidienne. Quelque temps après, M. Yerneuil constata qu'il y avait une augmentation de chaleur, avec congestion vasculaire, à la tempe et aux gencives du côté opéré. On observait, en même temps, des sueurs localisées sur la tempe et sur la moitié correspondante de la face. La pupille du même côté était resserrée d'une façon permanente.
Dans lautre cas, une tumeur cancéreuse du corps thyroïde s'était développée chez une femme de quarante ans et proéminait surtout du côté droit du cou. La pupille droite était resserrée, la conjonctive oculaire de ce côté était un peu congestionnée; la moitié correspondante de la face l'était davantage (2).
J'arrive aux faits que M. W. Ogle a consignés dans son mémoire. Deux de ces faits sont empruntés à des publications antérieures.
(1) Verueuil, Bulletins de la Soc. de chirurgie, 2« série, t. V, 1894, p. 167.
(2) TbcM de II. Poiteau, p. 23.