INFLUENCE DES LÉSIONS DU SYMPATHIQUE CERVICAL
L'un d'eux a été observé par M. U. Trélat (1). Il s agit d'un cas de tumeur enchondromateuse du côté droit du cou : l'opération faite par M. Trélat fut assez laborieuse, et le cordon cervical du grand sympathique fut sectionné ou rompu pendant qu'on énucléait la tumeur. Le lendemain, on constata que la pupille du côté de l'opération était plus étroite que celle du côté sain. La face* était fortement congestionnée, surtout du côté droit : cette congestion n'était pas diffuse ; elle se montrait sous forme de plaques rouges, violacées, couleur lie de vin. La conjonctive oculaire n'offrait une rougeur anormale ni à droite ni à gauche. 11 n'est fait, dans l'observation, aucune mention relative à l'état de la température.
L'autre fait se trouve dans le travail bien copnu, dû aux chirurgiens américains W. Mitchell, Morehouseet Keen (2), et relatif aux plaies par armes à feu.
Un soldat, qui avait reçu une balle dans le côté droit du COU; le 3 mai 1863, à la bataille de Chancellorsville, fut examiné par ces chirurgiens, le 15 juillet de la même année. Â ce moment, on pouvait encore constater nettement les signes d'une lésion du cordon cervical sympathique du côté droit. Ainsi, la pupille droite était trèsétroite, un peu déformée, plutôt ovale que ronde, tandis que la pupille de l'œil gauche était plus large que dans l'état normal. Il y avait un léger ptosis de la paupière supérieure de l'œil droit et une déformation, peu marquée d'ailleurs, de l'ouverture palpébrale : le globe oculaire droit paraissait moins volumineux que celui du
(i) Enchondrome à marche rapide. ObserTation recueillie dans le service de M. Trélat, par M. Legée, interne (Gaz. des hôpitaux. 2 juin 1868.)
(2) S. Weir Mitchell, G. R. ^lorehouse et W. VST. Keen, Gunshot wounds and other injuries of nerves, Philadelphia^ 186A, p. 39«
iZk QUATRIEME LEÇON.
côté gauche. L'œil gauche était un peu larmoyant, mais la vue y était meilleure que celle de l'œil droit, ou du moins Tœil droit était devenu myope ; on ne trouvait d'ailleurs, à Taide de rophthalmoscope, aucune modification de la rétine. La conjonctive de Tœil droit était un peu plus rouge que celle de Tœil gauche. On remarqua, le 30 août, à la suite d'une marche assez longue, que le côté droit dé la face étaitdevenu rouge, tandis que le côté gauche était pâle. Les jours suivants on put, à volonté, renouveler cette observation, en faisant marcher le blessé pendant un cerlaiu temps. La rougeur s'étendait, du côté droit, jusqu'à la ligne médiane, mais elle était moins nettement limitée, au niveau du menton et des lèvres, qu'au-dessus de ces points : le blessé se plaignait, dans ces moments, de douleurs audessus de l'œil droit et il voyait, de cet œil, des lueurs rouges. I/examen therraamélrîque, fait pendant le repos, ne montra aucune différent entre les deux côtés de la tète (bouche et oreille) sous le rapport de la température. Malheureusement, — au grand regret des observateurs, — l'examen ne fut pas renouvelé dans les moments où la moitié droite de la face devenait rouge sous l'influence de l'exercice.
Puis M. W. (^le rapporte l'observation du fait qu'il aeu sous les yeux. Dans ce cas, une tumeur, développée cbes un homme, au cou, du côté droit, après s'être étendue au loin/ avait fini par comprimer le grand sympathique cervical. Bien que le malade n'ait été vu par M. W. Ogle que trois ans après le début de sa maladie, il offrait encore diverses modifications dues à la lésion du sympathique : ces modifications avaient commencé à se manifester deux ans avant le moment où le premier examen eut lieu. On constatait, du côté correspondant à la lésion, non^Mulament