‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 40 sur 107 · THÉORIE DE L ACTION VASO-DILATATRICE · texte numérisé non relu

THÉORIE DE L ACTION VASO-DILATATRICE

consiste à dire que, sous rinfluence de Texcilalion des nerfs dont nous avons parlé, il se produit une dilatation active de% vaisseaux. Si Ton entend par là exprimer simplement que la dilatation vasculaire en question se produit sous rinfluence d*une excitation directe, d'une activité exagérée des fibres nerveuses, dites vaso-dilatatrices, rien de mieux : cela ne peut pas toutefois être regardé comme une explication. Mais si Ton veut dire, en employant ces mots de dilatation active^ que la dilatation ainsi provoquée est le résultat d'une action spéciale, directe, des fibres nerveuses en question sur les éléments contrac tiles de la paroi des vaisseaux» on émet unç proposition inadmissible.

Je sais bien que des physiologistes du plus haut mérite, M. Schiff entre autres, ont cru à la possibilité d'une pareille action des nerfs sur les vaisseaux. Mais ils avouent eux-méines qu'ils ne comprennent pas comment cette dilatation active peut s'effectuer. El vous concevez bien la difficulté énorme à laquelle se heurte cette hypothèse. Dans rimmense majorité des vaisseaux contractiles, et surtout dans \cf^ artérioles, les éléments musculaires de la tunique moyenne sont tous disposés d'une façon annulaire; il n'y a pas de fibres musculaires longitudinales dans la paroi vasculaire ; celte paroi n'est pas non plus en rapport avec des éléments musculaires qui^ partant des tissus envirounants, viendraient s'insérer à sa surface, et pourraient, en se contractant, l'entraîner avec eux, de manière à agrandir le calibre intérieur du vaisseau. En un mot, il n'y a aucune disposition permettant de comprendre une dilatation active des vaisseaux : la seule condition de mouvement propre qui existe dans les parois de ces canaux, c'est-à-dire l'existence de la couche de fibres-cellules à disposition annulaire, ne peut donner lieu, sous l'influence d'une excita-

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tîon, qu'à une seule sorte de modification de calibre , à savoir : à un resserrement, à une constriction vasculaire. La dilatation active des vaisseaux, produite par une excitation nerveuse mettant en jeu , d'une façon spéciale , l'action des fibres musculaires de ces canaux, est donc, je le répèle, inadmissible, quelle que soit l'autorité des physiologistes qui ont émis et soutenu cette hypothèse. M. Cl. Bernard avait paru d'abord l'accepter, lorsqu'il écrivait : a Nous verrons... que cette dilatation active, » que l'on repousse comme anti-rationnelle, est cependant » une réalité (1) » ; aujourd'hui, ainsi que j'aurai l'occasion de vous le dire, il professe une tout autre opinion.

Une seconde explication a été proposée : elle attribue les phénomènes vaso-dilatateurs à une constriction des veinules qui ramènent le sang de la partie dont les vaisseaux se dilatent. Le sang rencontrant ainsi un obstacle, au sortir des vaisseaux capillaires, s'accumulerait d'abord dans ces vaisseaux, puis dans les artérioles et les artères qui communiquent avec eux. La pression sanguine augmenterait donc dans ces différents vaisseaux, et, sous cette influence, ils subiraient une dilatation plus ou moins prononcée.

Une telle explication ne résiste pas à l'examen direct des particularités de l'expérience: En effet, les veines se dilatent tout comme les artères, ainsi que le prouvent les expériences sur la glande sous-maxillaire, sur la langue et sur les corps caverneux du pénis. Non-seulement ces veines se gonflent considérablement, mais encore la pressicm sanguine y augmente, ainsi que la rapidité de la circulation. D'autre part, la couleur du sang change dans ces vaisseaux ; et enfin, tous les phénomènes de l'expérience se niani-

(1) Cl. Bernard, Leçons sur les liquides de Vùt^ffonisme, t. 1, p. 230.

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