THÉORIE DE L* ACTION VASO-DILATATRICE
festent encore, après que les veines ont été largement ouvertes. Comment concilier l'hypothèse en question avec ces faits ? Cela est évidemment impossible, et il n'y a pas lieu de la discuter plus longuement.
M. Legros (1) a cherché à expliquer d'une autre façon laction des nerfs dilatateurs. Il admet, comme nous Tavons vu, que dans les conditions ordinaires de la circulation, les artères sont le siège de mouvements péristaltiques, se propageant du centre vers la périphérie. Or, il pense que Ton pourrait se rendre compte de l'action vaso-dilatatrice de certains nerfs, en admettant que l'excitation de ces nerfs exagère les mouvements péristaltiques artériels. Il est difficile de comprendre comment l'exagération de ces mouvements pourrait amener la congestion. D'ailleurs, ainsi que je vous l'ai dit, le fait même, qui sert de base à cette explication, est loin d'être solidement établi. Les mouvements des artères n'ont, en réalité, aucun caractère qui permette de les rapprocher des mouvements vermiculaires, péristaltiques, de l'intestin.
D'après M. Brown-Séquard, et c'est là une explication déjà donnée pour les phénomènes de congestion par des auteurs plus anciens, Prochaska (2) entre autres, la dilatation des vaisseaux ne serait pas une dilatation primitive, mais bien une dilatation secondaire. 11 admet que le nerf vaso-dilatateur que Ton excite, produit son effet en agissant, non pas sur les vaisseaux, mais sur les éléments anatomiques de la région où s'observe le phénomène de la dilatation vasculaire, dite active. L'excitation de ce nerf
(1) Ch. L«gro9, Des nerfs vaso-moteurs (Thèse de concours, Paris, 1873, p. 67).
(2) Prochaska, Adnotaiiomm Academicarum fasdculus iertius. Pragœ,