ORIGINE DES NERFS VASO-MOTEURS
montrée, cela est vrai ; mais de toutes celles que nous venons de passer en revue, c'est certainement la seule qui soit d'accord avec les données de l'expérimentation « Acceptons-la donc provisoirement : elle pourra nous servir plus tard de point de départ pour de nouvelles recherches.
— Celte élude de l'action des nerfs vaso-dilatateurs termine ce que je voulais vous dire sur les effets produits par les causes qui agissent directement sur les nerfs vaso-moteurs, soit en les paralysant, soit en les excitant. Si maintenant je poursuis le plan que j'ai adopté au début de ces leçons, il me reste à vous parler de l'action des centres nerveux sur ces nerfs.
Les nerfs vaso-moteurs, comme vous le savez, sont en rapport intinne avec la moelle épinière. Ce rapport s'établit, d'une façon générale, par les rameaux communicants; mais pour certains nerfs, et surtout pour les nerfs vasodilatateurs, il peut avoir lieu par des filets nerveux qui viennent des racines de la moelle, sans passer par les rameaux communicants.
Dans quel sens a lieu le rapport des nerfs synlpathiques vaso-moteurs avec la moelle épinière? Les fibres vaso-motrices contenues dans les rameaux communicants proviennent-elles de la moelle épinière, pour aller traverser les ganglions de la chaîne fondamentale, et transmettre finalement l'influence du centre nerveux médullaire aux vaisseaux des diverses parties du corps? Ou bien sortentelles, au contraire^ des ganglions de cette chaîne, pour aller se rendre à la moelle épinière, et se distribuer à ses propres vaisseaux? Ces questions, relatives aux nerfs vaso-moteurs, peuvent être soulevées, en des termes plus ou moins analogues à ceux-ci, lorsqu'il s'agit des autres
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fibres «erveuses -sywpalbiques ; et, en réalité, elles peu- .\«nt élre traitées d'une façon génémle, en ayant en we rensemble des fibres qui constituent les cordons nerveux du systèHie sympathique. Or, on s'est demandé depuis loujfleBaps, si le graad symçalbique est un 8y«tè»o à part, constitué par des centres nerveux indépendants, les )i;8f]glions sympathiques; et si oes ganglions exercent, sur les fibres nerveuses afférentes et effére&tes eu rapport avec eux, une AClion centrale, plus ou moins analogue à celle de la moelle épiDÎère sur les fibres ^natives et motrices des nerlsraebidiens. Je n'aborderaipas en ce moment Ibistorique de la idiscussion relative à cette question : je me bornerai à vous rappeler qu'aujourd'hui on parait être jd'aocord pour admettre, sous certaines réserves, que le ^rand syflapathique est, d'iuie façon générale, ui.e sîoiple dépendance du système nerveux cérébro««pinal, dans les parties oentuales duquel {Songent ses racines. On a essaye de démontrer ce fait par diverses ppeuves, les unes anato- «niques, lesautces physiologiqiies.
Les preuves anatomiques sont tirées de Tétude des rameaux' communicants. II s'agissait de savoir si jùgs cordons nerveux émanent des ganglions |K)ur aller vers U .moelle épinièrc, ou si, au contraire, ils partent de la HM)elle :pour se rendre aux ganglions.
Aug. Wallera\ait dc^à étudié, porea méthode, ce point hI auatemie. Sur des grenouilles, il coupait des serfs rachi* dieas k leur sortie des trous de conjugaison des vertèbres : puis, au bout ^e deux mois environ, il examinait k partit' périphérique de ces nerfs.. Il trouvait cette partie entièrement aUérée, sauf un petit faisceau de fibres nerveuses. Qu étaient ces fibres? Évidemment eUes ne proveoaient m .4e la moelle épinière, ni des ganglions des raciiies posté
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rieures des nerfs coupés, puisque toutes ces fibcea, séparées de ces deu^ sortes de ceulres nerveux, avaient dû subir raltération alrqphigue qui se produit dans ces conditions. Elles ne pouvaient donc émaner que des ganglions sympathiques en rapport av^c le aerf coupé, par l'intermédiaire des rameaux communicants.
Plus réoemmiînt, JM. Courvoi^ier (l);a repris Tétude de cette question. U a démontré, parla métbode de Waller, et en répétant Texpérience de ce physiologiste, que la section d'un nerf racbidien^ faite, sur des lapins ou des grenouilles, entre le trou de conjugaison des vertèbres et le point où les rameaux communicants viennent s unir à ce nerf^ détermine^ au bout de quelques jours, raltération atrophique de ces rameaux, à l'exception de quelques* unes de leurs Gbres nerveuses. De plus, il a fait voir que si Ton sectionne en travers, à leur partie moyenne, les rameaux communicants eux-mêmes, les Gbres du bout de ees rameaux qui restent en rapport avec le ganglion s'altèrent presque toutes, tandis que l'altération atteint un bien moins grand nombre de fibres dans le bout en rap-* port avec le nerf rachidieu correspondant.
Ces e&périences paraissent prouver que la plupart des fibres constituant les rameaux communicants ont leur centre trophique dans la moelle épinière, et qu'un petit nombre seulement de ces fibres ont le leur dans les gan* glions sympathiques.
M. ScbiiT (2), &ur des mammifères, avaitdéjà vu le &it iâgnalé par M. Courvoisier. Les observations de ces deux auteurs sont tout à fait en désaccord avec celles de Waller.
(1) L. G. ConTWuiery BeoUickivn^enûber dmtspmtpathiseièenGrâni^ (iirchiT f. œikrofkoiMicbe Ànatomie lier. t. Max. âohuitw, iS06, pp. i^A3).
(2; Schiff (Vierordl'» Archiv, XI).
M. GianDiizzi(l), selon un travail récent, dans lequel il a étudié, sur le chien, les relations des rameaux communicants avec la moelle épinière et les ganglions sympathiques, a constaté aussi que la plupart des fibres de ces rameaux ont leur fojer trophique dans la moelle épinière et les renflements ganglionnaires des racines postérieures. Les recherches de M. Giannuzzi ont été faites de la même façon que celles des expérimentateurs précédents. Il est donc probable qu'unecaused'erreurs'est introduite dans les expériences de Waller et Ta conduit à des conclusions inexactes.
Je n'insiste pas sur les autres résultats obtenus {rnr M. Courvoisier, car cela nous entraînerait hors de notre sujet. Je mentionne seulement, en passant, ce fait intéressant, à savoir que la section des nerfs rachidiens, en deçà du point de jonction entre l'es rameaux communicants et ces nerfs, provoque un travail d atrophie dans le ganglion d'où partent ces rameaux. Parmi les fibres des rameaux communicants, qui s'altèrent dans ces conditions, il en est probablement, par suite, quelques-unes dont Taltération se produit d'une façon indirecte, en quelque sorte, c'està-dire sous l'influence de la dégénération des cellules du ganglion.
En somme, les expériences de Waller, celles de MM. Schifi*, Courvoisier, Giannuzzi, ne sauraient nous fournir des renseignements bien significatifs sur les relations fonctionnelles des rameaux communicants, et, d'une façon générale, du grand synipathique, avec la
(1) G. Giaunniii, Dei rapparti esùtenU fra il midoUo spinnle ed il sisiem*t (M gransimpaiico esaminati coi metoflo Walleriano, (Ricerclic os^guite œl galiincUo di Fiuolo^a delU R. l'iiiveniU di Siona, 1871-1872; SieM-Ron», 1872, p. 51.)