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ORIGINE DES NERFS VASO-MOTEURS. 19.S

vaso-raoteurs de la tête aux nerfs sensitivo-moteurs de cette partie du corps, vous voyez qu'ils naissent à une grande distance les uns des autres, puisque les nerfs sensitivomoteurs de la tête font partie des nerfs crâniens. Ce n'est pas qu'il n'y ait aussi, dans les diverses régions de la lête, d'autres fibres nerveuses vaso-motrices provenant, soit des nerfs crâniens, soit môme des nerfs racbidiens cervicaux ; mais je n'ai dû vous parler, pour ma démonstration, que des fibres vaso-motrices amenées par le cordon cervical du grand sympathique.

Examinons maintenant Torigine des fibres vaso*motrices destinées aux membres thoraciques. Elles dérivent de trois sources principales :

a. 11 est des fibres qui proviennent du ganglion cervical inférieur et du ganglion thoracique supérieur (Cl. Bernard). Elles se réunissent au plexus brachial, à peu près au niveau de la première côte.

b. D'autres fibres naissent avec les racines du plexus brachial (Schiff) .

c. D'autres enfin émanent du cordon thoracique et naissent des racines des 3% 4% 5% 6° et 7' nerfs dorsaux, principalement du 3* et du 7% ainsi que Ta montré M. Cyon.

Vous voyez que ces sources d'origine des nerfs vasomoteurs des membres thoraciques sont assez éloignées les unes des autres. La connaissance de ces origines multiples permet d'expliquer facilement les résultats suivants :

Si Ton coupe, sur un chien, les racines du plexus brachial dans le canal vertébral, il se produit une dilatation des vaisseaux du membre supérieur correspondant, et, par suite, un échauffement plus ou moins prononcé de ce membre ; mais cette dilatation devient plus considérable,

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si Ton coupe ensuite le plexus en dehors du canal rachidien, parce qu'à ce moment il a reçu d'autres nerfs vaso-moteurs. Le phénomène est encore bien plus marqué, lorsque Ton ajoute aux opérations précédentes la section du cordon sympathique thoracique, vers les premières côtes.

Parmi les nerfs vaso-moteurs du bras, il en est d'ailleurs qui ne suivent pas les nerfs du plexus, mais qui, procédant aussi des ganglions de la chaîne fondamentale, arrivent directement aux vaisseaux de la région et les accompagnent dans leurs divisions.

Les nerfs vaso-moteurs des membres abdominaux proviennent, eux aussi, de plusieurs sources. Les uns naissent de la moelle épinière en même temps que les racines du nerf sciatique et du nerf crural; les autres émanent de la partie abdominale du cordon fondamental du grand sympathique; et, parmi ceux-ci, il en est qui vont rejoindre le nerf sciatique ou le nerf crural, tandis que d'autres se rendent directement aux vaisseaux du membre, se subdivisent avec eux et se distribuent aussi à leur tunique contractile.

Si Ton coupe les racines du nerf sciatique dans le canal vertébral, il y a échauffement de l'extrémité du membre postérieur correspondant; mais cette extrémité devient plus chaude encore, lorsque Ton coupe hors du bassin le tronc même du nerf sciatique (Schiffj. La sectiou des filets provenant du sympathi<|ue abdominal, faite dans l'abdomen, rendrait réchauffement encore plus coosidérable.

Les nerfs des viscères abdominaux proviennent d'une grande étendue de la moelle dorsale et lombaire, par les nerfs splanchuiques et par différents lilets nerveux qui

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naisseDt du cordon fondamental du sympathique abdominal.

Ces données sont importantes à connaître pour le médecin; elles lui permettent de se rendre compte de certains phénomènes observés à la suite des lésions de la colonne vertébrale ou de la moelle, et qui se produisent plus ou moins loin des parties en rapport, par leurs nerfs sensilivpmoteurs, avec la région où siègent ces lésions.

C'est ainsi que les lésions de la région dorsale de la moelle peuvent produire des effets de dilatation vasculaire dans les membres supérieurs.

Si vous avez sous les yeux un malade atteint de mal de Pott, siégeant au niveau des troisième ou quatrième vertèbres dorsales, vous ne serez pas surpris de voir des modifications circulatoires dans les membres supérieurs, puisque les nerfs vaso-moteurs de ces membres reçoivent aussi des fibres nerveuses nées de la moelle épinière, dans k région correspondant à ces vertèbres.

Ces connaissances sont aussi très-utiles au point de vue thérapeutique. Elles vous aideront parfois à préciser, dans quelques cas difficiles, le siège de certaines lésions médullaires, et, par conséquent, elles pourront vous indiquer le point de la région vertébrale sur lequel devront porter les efibrls de la médication externe.

M. Cyon insiste beaucoup sur ces connaissances topographiques, et je les considère, ainsi que lui, comme absolument nécessaires, lorsque Ton veut faire servir Télec- Iricité au traitement des désordres nerveux vaso-moteurs.

— Puisque Tappareil vaso-moteur a ses racines principales dans la moelle épinière, on a dû nécessairement se

demander s il ne serait pas possible de déterminer le siège exact et le mode de cette origine.

M. Jacubowitch, par exemple, a considéré un certain groupe de cellules, situées*au point de réunion de la corne antérieure et de la corne postérieure, groupe auquel M. Lockhart-Clarke a donné le nom de colonne vésiciilaire postérieure^ comme une réunion de cellules sympathiques. Outre leur siège spécial, un autre caractère distinguerait ces cellules des autres cellules de la substance grise : elles auraient, en général, une forme triangulaire. Ces cellules constitueraient un centre nerveux sympathique intramédullaire : c'est de ce centre qu'émanerait riufluence de la moelle sur les organes innervés par le sympathique, sur les vaisseaux, entre autres. Ces allégations n'ont jamais été appuyées sur des recherches histologiques directes. Comment pouvait-il en être autrement? Quel anatomiste aurait jamais osé avancer qu'il avait pu suivre, dans des préparations nn'croscopiques d'ensemble, les fibres sympathiques, depuis les ganglions de la chaîne fondamentale, jusqu'à certaines régions déterminées de la substance grise de la moelle, en ne les perdant pas une seule fois de vue pendant leur trajet, au milieu des fibres des racines antérieures et postérieures, puis au travers des faisceaux blancs et des cornes de la substance grise? Aucun semblant de preuve, tiré d'expériences physiologiques, n'a été non plus fourni pour étayer l'hypothèse de M. Jacubowilcb. Aussi cette hypothèse n'a-t-elle jamais pris place dans le domaine de la science exacte.

Disons nettement qu'on ne sait rien encore sur le mode d*origine des nerfs vaso-moteurs dans la moelle. Or, cest un point fondamental de l'histoire anatomique et physiologique de ces nerfs» et du sympathique en général. Il y a

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