EFFETS DES LÉSIONS DE LA MOELLE SUR LES VASO-MOTEURS
donc là une lacune des plus regrettables, et il est à souhaiter qu'elle soit bientôt comblée.
— Maintenant que nous avons établi que la moelle est le foyer principal, sinon unique, d'origine des nerfs vasomoteurs, il nous faut étudier Tinfluence des lésions médullaires, ou des excitations de la moelle épinière, sur les vaso-moteurs. Pour cela, il faut examiner : «, l'état des vaisseaux, ou la|coloration, de la partie dont les nerfs vasomoteurs ont été atteints, dans la moelle, par la lésion, ou lagent d'excitation; /y, les modiflcations de température rie celte partie ; f, enfin les changements de la pression sanguine, soit dans cette môme partie, soit dans le système artériel de la circulation générale , si l'action vaso-mo- Irice a déterminé une modification circulatoire dans une région étendue du corps.
L'état des vaisseaux se constate très-facilement sur la grenouille, au moins au niveau des extrémités postérieures, à cause de la transparence de la membrane interdigitale. On peut même, sans opération préalable, voir assez aisénaent, sur la grenouille rousse, les vaisseaux cutanés superficiels dans le reste de l'étendue des membres postérieurs, ou dans les membres antérieurs. La dilatation des vaisseaux capillaires se révèle chez ces animaux par une teinte rosée plus ou moins accusée. Chez les mammifères on ne peut pas voir, en général, les vaisseaux superficiels; mais la congestion capillaire se reconnaît aussi sans peine chez la plupart d'entre eux, surtout au niveau des parties dépourvues de poils, par exemple à la pulpe des orteils, à la face interne des oreilles, etc., par l'apparition d'une coloration rougeàtre manifeste. Toujours est-il que, chez les mammifères, on est souvent obligé, pour apprécier les
modifications circulatoires produites par les troubles fonctionnels des nerfs vaso-moteurs, d'avoir recours, soit à rexaraen de Técoulement du sang par une plaie d'épreuve, soit à la constatation des changements de température ou de ceux de la pression intra-arlérielle. Nous nous servirons souvent de ces deux moyens de constatation, et, pour le moment, nous nous adresserons surtout aux indices fournis par les variations de la température. Ces indices, vous comprenez bien leur signification : en effet, toutes les fois que, dans les expériences du genre de celles dont j'ai à vous parler, les vaisseaux se dilatent, la température s'élève ; toutes les fois qu'ils se resserrent, la température s'abaisse.
Au dire de M. Schiff, ce serait H. Nasse qui aurait, le premier, en 1839, noté Télévation de température dans les membres, à la suite d'une section de la moelle épinière. Cette indication avait passé à peu près inaperçue.
M. Brown-Séquard a montré, en 1853, qu'une hémisection de la moelle, faite à la région dorsale, sur un lapin ou sur un cochon d'Inde, détermine une augmentalion de température de plusieurs degrés dans le membre postérieur du côté correspondant. 11 aurait vu, de plus, que le membre du côté opposé se refroidit un peu.
L'échauifement du membre postérieur du côté de la lésion s'expli({uo par une dilatation paralytique de tous les petits vaisseaux de ce membre, dilatation amenant une circulation plus active. Quant au refroidissement du memi)re opposé, il est plus difficile à expliquer. M. Brown* Séquard admet une contraction réflexe des vaisseaux di* C4' meoibre. L*exaltation de la sensibilité, produite dans le membre postérieur droit, par exemple, sous rinflueoce d'une hémisection du côté droit de la moelle, aurait