‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 50 sur 107 · EFFETS DES LÉSIONS DE LA MOELLE SDR LES VASO-MOTEURS · texte numérisé non relu

EFFETS DES LÉSIONS DE LA MOELLE SDR LES VASO-MOTEURS

de la jambe du côté de rhémiseclion. D'après lui, si Théniisection est pratiquée un peu plus haut, vers les premières vertèbres dorsales, le dos^ la cuisse, le genou, la partie supérieure de la jambe du côté opposé à la section, ainsi que le pied et la partie inférieure de la jambe du côté opéré, s'échauffent, tandis qu'il y a un léger refroidissement du pied et de la partie inférieure dala jambe du côté sain, ainsi que du dos, de la cuisse, du genou et du haut de la jambe du côté sectionné. M. Schiff fut conduit ainsi à conclure que les flbres vaso-motrices destinées au pied et au bas de la jambe parcourent la moelle sans s'entre-croiser, sinon au niveau du bulbe rachidien : les fibres destinées à la cuisse, au genou et à la partie supérieure de la jambo subiraient, au contraire, un entre-croisement dans la moelle, bientôt après y être entrées.

Cet entre-croisement ne me paraît pas démontré ; du moins, je n'ai pas pu me convaincre de son existence. Du reste, l'interprétation des résultats des hémisections de la moelle n'est peut-être pas aussi simple qu'elle le paraît au premier abord .

Quand on fait une lésion partielle de la moelle, on peut, sans doute, obtenir les effets qui résultent de la section des fibres nerveuses vaso-motrices; mais comme on détermine en même temps une excitation d'un certain nombre de ces fibres, il peut survenir, soit une constriction des vaisseaux, analogue à celle que provoque l'excitation des vaso-constricteurs, soit une dilatation due à l'excitation directe ou réflexe des vaso-dilatateurs. Une seule lésion de la moelle produira, peut-être, en même temps ces deux effets dans des points différents du même membre, et il sera fort difficile, on le conçoit, de distinguer dans les phénomènes de Jilatation vasculaire, survenant dans ces conditions, ceux

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qui proviennent d'une excitation des nerfs vaso-dilatateurs, de ceux qui résultent d'une paralysie des nerfs vasoconstricteurs : il y a donc là encore une difficulté pour Tinlerprétation des effets observés.

Pour vous montrer que les lésions partielles de la moelle peuvent donner lieu à une dilatation des vaisseaux, sans qu'il y ait interruption de la continuité des fibres vasoconstrictives contenues dans Torgane lésé, je vous citerai le résultat expérimental suivant, que j'ai pu constater plusieurs fois. Après avoir mis à nu la moelle d'un chien, si l'on fait une piqûre profonde sur un des faisceaux postérieurs, à la région dorsale, il se produit un échauffement du membre postérieur correspondant à ce faisceau piqué, échauffement parfois comparable à celui que Ton obtient par une hémiscction de la moelle. 11 n'y a cependant pas eu de section des fibres vaso-motrices do ce membre, ou il n'y a, tout au plus, qu'un petit nombre do ces fibres qui aient été sectionnées. L'élévation de température, qui se manifeste dans le membre postérieur du côté opéré, parait donc être, dans ce cas, le résultat d'une excitation des fibres vaso-dilatatrices, et non de la paralysie des fibre> vaso-constrictives.

En résumé, les lésions partielles de la moelle peuvent donc déterminer des constrictions ou des dilatations vasculaires dans les parties en relation par leurs nerfs avei' la région médullaire lésée, et chacune de ces modifications peut provenir, soit d'une paralysie des fibres nerveuses vaso-constrictives, soit d'une excitation directe ou réflexe de ces fibres, ou des fibres vaso-dilatatrices. On s'explique ainsi la variabilité des effets vasculaires produits par ces lésions partielles, qu'elles soient de cause expérimentale ou qu'elles soient de cause pathologique.

Influence des lésions de la moelle sur les vaso-moteurs ; expériences sur les animaux, observations cliniques chez]rhomme. — Actions vaso-motrices réflexes.

L'opinion de M. Schifif, d'après laquelle les nerfs vasomoteurs subiraient un entre-croisement partiel dans la moelle épinière, n'a pas été admise par la généralité des physiologistes. De Bezold, qui avait cherché à contrôler les assertions de M. Schiff à l'aide de nombreuses expériences, n'est pas arrivé aux mêmes conclusions que cet auteur. Pour lui, si la partie supérieure du membre postérieur, du côté correspondant à une bémisection de la moelle, se refroidit un peu, cela tiendrait à la paralysie des masses musculaires situées sous la peau. Aussi n'admet*il pas que les nerfs vaso-moteurs s'entre-croisent dans la moelle épinière ; il croit qu'ils restent dans la moitié de la moelle d'où ils naissent, et remontent ainsi jusqu'au bulbe rachidien, où ils se termineraient sans décussation (1).

Les expériences que j'ai faites ne me permettent pas non plus d'adopter la manière de voir de M. SchifF. Quoi qu'en dise ce physiologiste, et bien que de Bezold ait, sur ce point, conBrmé les résultats de M. Schiff, je ne crois pas

(1) De Bezold, Des effets croisés de la moelle épinière, (Zeitschrift fur wisscnsch. Zoologie, 1858, t. IX, p. 307. — Anal, in Gaz. hebdom. de méd. et dechir., 1858, p. 823.}

qu'il y ait un abaissement constant de température dans la partie supérieure du membre postérieur, du côté correspondant à rhémisection. Je n'ai rien observé de semblable dans les cas où j ai examiné avec soin la température des diverses régions des membres postéiieurs, chez des chiens, après avoir coupé une des moitiés de la moelle, à la région dorsale (p. 201).

Chez des grenouilles rousses, on voit, sans préparation, quelques-uns des vaisseaux cutanés de la cuisse, surtout à la partie inférieure et interne de ce segment du membre postérieur, et il est facile, par conséquent, de constater directement l'effet des lésions médullaires sur le calibre de ces canaux. Or, on reconnaît aisément, lorsqu'on a pratiqué une hémisection de la moelle sur des* animaux de cette espèce, que les vaisseaux cutanés sont plus développés sur la cuisse du côté de l'hémisection que sur la cuisse du côté opposé.

Quant à la diminution de température qui se montrerait, d'après M. Brown-Séquard et d'après M. Schiff, dans Textrémité du membre postérieur du côté opposé, chez les mammifères, elle est pareillement loin d'être constante : car, dans les expériences que j'ai faites récemment sur des chiens, pour m'assurer de la réalité de ce refroidissement, je ne l'ai pas observé. J'ai plutôt vu, au début du moins, une élévation de température de ce côté, beaucoup moins forte en général que du côté où la moelle est sectionnée. Si la nioelle est coupée de telle sorte qu'il y ait hémorrhagie méningée, on peut voir se produire um* contracture plus ou moins intense des muscles du membre non paralysé, et alors il s'y manifeste une augmentation de température plus forte que dans les cas ordinaires: mais même en laissant de côté ces faits, je répète que j'ai vu.

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