‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 55 sur 107 · EFFETS VASCULAIRES DES LÉSIONS DE LA MO£LLE · texte numérisé non relu

EFFETS VASCULAIRES DES LÉSIONS DE LA MO£LLE

Yoque par des lésions expérimentales de la moelle épinière chez les animaux, se manifestent aussi chez Tbomme, sous riofluence de lésions traumatiques de ce centre nerveux. Or, l'observation clinique a confirmé ce qu'on devait soupçonner a priori, c'est-à-dire la complète identité des effets vaso-moteurs chez l'homme et chez les animaux, dans les cas de lésions de la moelle épinière.

Ce sont les lésions de la moelle épinière cervicale, produites chez rhomme par des causes traumatiques, ou par suite de compression, ou dans toute autre circonstance, qui sont surtout instructives à cet égard. Il en est qui donnent lieu à un ensemble de phénomènes morbides, absolument semblable à celui qu'on observe chez les animaux, lorsqu'on a pratiqué une section de la moelle dans cette région. De même que nous l'avons vu pour les lésions du cordon cervical du grand sympathique, les cas dans lesquels on a constaté Texislence isolée soit de quelques-uns des troubles produits par la paralysie des fibres dites oculo-* pupillaires, soit môme de la totalité de ces troubles, sont plus nombreux que ceux dans lesquels on a observé, en outre, des effets morbides portant sur les nerfs vaso-mo-* leurs. L'explication de ce fait peut, sans doute, dans certains cas, être trouvée dans le siège de la lésion, puisque les fibres vaso-motrices du cordon cervical ne naissent pas dans le même point de la moelle que les fibres oculo-pupiU laires de ce cordon. Je vous rappelle, en effet, que d'après les recherches de M« Cl. Bernard ^ les fibres vaso-motrices du cordon sympathique cervical naissent au niveau de Tori* gine de la troisième et même de la quatrième paire ner-^ veuse dorsale, tandis que les fibres nerveuses, destinées à l'iris et aux muscles à fibres lisses de l'orbite, naissent au niveau des deux premières paires des nerfs dorsaux. Mais

cette explication ne peut que rareineut être invoquée, car, dans la plupart des cas, il s'agit de lésions qui siègent dans la région cervicale de la moelle épinière, c'est-à-dire dans une région dont Tinfluence, à Tétai normal comme à Tétat morbide, peut s'exercer sur les deux ordres de fibres dont il s'agit.

Les lésioiis de la partie cervicale de la moelle, qui peuvent déterminer des troubles vaso-moteurs dans les diverses régions de la face, ne sont pas uniquement celles qui atteignent la portion de la moelle que M. Budge et Aug. Waller ont désignée sous le nom de région cilio-spinale, ou centre cilio-spinal, et qui s'étendrait de la sixième vertèbre cervicale à la deuxième vertèbre dorsale, ou, pour y comprendre le lieu d'origine des fibres vaso-motrices, jusqu'à la quatrième vertèbre dorsale. M. Schiff (1) a prouvé depuis longtemps que la limite supérieure de la région dite cilio-spinale, ne peut pas être fixée dans le point où TavaieDl placée ces physiologistes. Il a montré, et tous les expé* rimentateurs ont pu constater après lui, que les lésions de la partie supérieure de la région cervicale, et celles du bulbe rachidieii lui-même, peuvent déterminer des phénomènes morbides de ce genre. Ces résultats s'expliqueraient, d'après M. Salkowski, par ce fait que l'origine réelle des fibres oculo-pupillaires et des fibres vaso-motrices du cor* don cervical du sympathique aurait lieu dans la partie loul à fait supérieure de la moelle cervicale, dans le bulbe rachidien même, c'est-à-dire au-dessus de la rt^ion qui correspond à l'atlas (2) . Nous aurons à examiuer la valeur de cette opinion, lorsque nous nous occuperons de la

(1) Scliiffi Untenuchungen ubcr die Pbysiolo^e des Nerventysieoif^ IS^^t p. 199.

(2) aution de MM. Eulenburg et P. GuUmaim, Op. ciY.» p. 10.

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