EFFETS VASGULAIRBS DES LÉSIONS DE L4 MOELLE
question du centre général vaso-moteur. Pour le moment, nous pouvons nous rendre compte de l'action des lésions de la partie supérieure de la région cervicale de la moelle, en admettant que le bulbe racbidien a une puissante influence sur les centres médullaires d'origine des nerfs sympathiques. Il n'est pas difficile de comprendre, en prenant cette manière de voir comme point de départ de notre explication, que des lésions siégeant dans la région en question, doivent agir sur les fibres oculo-pupillaires et vaso-motrices du cordon cervical sympathique, comme d'ailleurs sur les nerfs vaso-moteurs du corps tout entier.
Les lésionsde la moelle cervicale, chez l'homme, paraissent produire plus souvent une paralysie qu'une excitation des fibres vaso-motrices de la face : du moins c'est ainsi que les choses se sont présentées dans la plupart des faits qui ont été publiés. Je crois devoir vous donner une courte analyse de plusieurs de ces faits : vous verrez, ainsi quejevousle disais tout à l'heure, qu'il en est qui sont tout aussi nets que des relations d'expériences sur les animaux. Tel est le fait suivant, cité par M. Brown- Séquard;
Il s'agit d'une femme, âgée de vingt-deux ans, qui, à la suite d'un coup de couteau reçu sur le cou, à gauche de la ligne médiane, au niveau de la dernière vertèbre cenicale, présentait une paralysie complète du mouvement du membre inférieur droit avec hyperesthésie, et une anesthésie complète du membre inférieur gauche où le mouvement était conservé. La température était un peu plus élevée du côté droit, au niveau du tronc ou du membre inférieur, que du côté gauche, mais la différence ne dépassait guère un degré centigrade. Le membre supérieur droit était paralysé d'une façon incomplète; le mem-
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bre supérieur gauche possédait sa force normale. La sensibilité était diminuée dans ces deux membres. L'oreille et la conjonctive du côté droit étaient injectées : la température de Toreille droite était de 35 degrés centigrades; celle de Toreille gauche, de ftâ%89 à 3/i%12 : du moins ces deux chiffres ont été obtenus dans deux examens différents. On constatait de plus les phénomènes oculopupillaires que déterminent, chez les animaux, les lésions de la région cervicale inférieure de la moelle épinière. Il y avait enfin de l'hyperesthésie de la peau de la face à droite, et une très-légère contracture des muscles faciaux de ce côté (1).
Dans un autre cas, chez un homme qui avait reçu um> blessure au cou, il se produisit dans les membres, inférieur et supérieur du côté droit, des troubles du mouvement et de la sensibilité, indiquant une lésion de la partie inft^- Heure de la moitié droite de la moelle, et, en même ternies, on constata une sécrétion lacrymale plus abondante du côti* droit que du côté gauche (2). Ce dernier phénomène ne suflSt probablement pas pour faire croire qu'il y ait eu. dans ce cas, lésion des vaso-moteurs de la tète, au niveau de leur origine médullaire.
M. Brown-Séquard rapporte aussi, dans ses lerons jiur les nerfs vaso-moteurs, lanalyse d'une observation publitit par M. L. Collin (â). Il s'agit d'un homme qui, à la suite' d'une chute sur la tète, fut atteint d'une ostéite des
(1) Brown-Séquard, Hecherches sur ia transmùtsion des imprewons det'^ '* de chatouUlement^ de douleur, de température et de contraction {icns musadatir . Obi. XI H (Journal de la physiologie de L'homme et des animaui, U VI, ÏM* p. 582).
(2) Brown-Séquard, Obs, VL (Loc. cit.)
(3) Union médicale, n* 37, 1862, p. 580. (V. Brown-Séquard, Le^ ^m • ies nerfi vaao-tfwteurs, p. 203 et suir.)