‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 57 sur 107 · EFFETS VASCULAIRES" DES LÉSIONS DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

EFFETS VASCULAIRES" DES LÉSIONS DE LA MOELLE

deuxièoae et troisième vertèbres cervicales : on constata de plus une paralysie du membre supérieur droit et de la faiblesse du membre inférieur du même côté. Ce malade eutra au Val-de-Grâce pour une attaque de rhumatisme, survenue deux mois après Taccident, et accompagnée d'affection cardiaque. Pendant son séjour à l'hôpital, on constata que la main droite de ce malade présentait une température supérieure, de 5 à 12 degrés centigrades, à celle de la main {gauche. Les deux membres inférieurs offraient une température à peu près identique. A Tautopsie, on ne trouva, comme lésion delà moelle épinière, que l'existence d'un Ciiillot sanguin dans le faisceau antérieur du côté droit, au niveau de la troisième vertèbre cervicale ; le tissu qui Tentoumit était ramolli.

Pour expliquer comment, dans ce cas, la température était modifiée dans le membre supérieur droit et ne Tétait pas dans le membre inférieur du môme côté, M. Brown- Séquard admet que les nerfs vaso-moteurs du membre supérieur sont situés, au niveau de la région cervicale de la moelle épinière, plus superficiellement que ceux du membre inférieur. Il en serait pour ces nerfs comme pour les fibres conductrices servant au mouvement volontaire; car a'lles-ci,pQurM.Brown-Séquard, seraient.aussi,au même niveau, disposées de môme : c'est-à-dire que les fibres répondant au membre supérieur seraient plus superficielles que celles qui sont en relation avec le membre inférieur du môme côté.

J'ignore si M. Brown-Séquard a abandonné cette hypothèse. En tout cas, elle ne nous paraît pas fournir une explication satisfaisante des faits à Toccasion desquels elle a été formulée. Les lésions incomplètes de la région cervicale de la moelle épinière agissent, il est vrai, d'une façon plus

228 SIXIÈME LËÇOTC.

intense sur les membres supérieurs que sur les membres inférieurs : mais il en est ainsi, quel que soit le siège de ces lésions, qu'elles occupent la surface de la moelle, ou un point quelconque de sa profondeur. Cela tient à ce que, comme le démontrent les vivisections, dans les cas d'hémisection médullaire à la région cervicale, la transmission des incitations encéphaliques ne peut pas se faire à celles des racines antérieures du côté lésé, qui sont les plus voisines du siège de la lésion ; tandis qu'elle peut se faire, d'une façon plus ou moins imparfaite, par la moitié intacte de la moelle, aux diverses régions de la substance grise éloignées du siège de la lésion, et de là aux racines antérieures des nerfs moteurs des deux membres postérieurs ou inférieurs. Et il est certain d'après cela, que, par l'intermédiaire des commissures médullaires, l'influence vaso-motrice du bulbe rachidien, après une lésion de la partie supérieure d'une des moitiés de la région cervicale de la moelle, peut encore s'exercer, d'une façon appréciable, sur le membre postérieur du côté correspondant.

M. Rendu, interne des hôpitaux, dans un travail sur ce sujet (1), rapporte deux observations fort intéressaDte^. Un charretier, jeté à terre par son cheval, eut la tfle fléchie en avant sur le cou, et violemment appuyée conta' k* sternum. Il fut porté à l'hôpital quelques heures après l'accident, et le soir, on put constater une paralysie des quatre membres, avec rétrécissement excessif des pupilles, vascularisation considérable de la face, du cou, et augmentation de température. « Ce qui frappait surtout, dit M. Rendu, » c'était la congestion intense du visage du malade. Toute » la face et le cou étaient d'une teinte violacée] descapii-

(l) l)et trrmhlei fonctionnels du grand sympalUique oUervét dnus /^/ />"'•'« delà mof//ecervica/e(Arch. géii. de méd., 1869» it, p. 286).

Page 1