TERMINAISON DKS NERFS SÉCRÉTEURS
rieur de chaque cellule, et on les voit se continuer dans le protoplasma cellulaire sous forme de filaments très-fins, offrant de petits renflements punctiformes, distribués sur leur trajet.
Ce mode de terminaison serait analogue, au fond, à celui que M, Pfliiger croit avoir constaté dans d'autres glandes. Si aucun doute ne pouvait être conservé à l'égard de cette disposition, l'existence de nerfs sécréteurs serait, par suite, tout aussi incontestable que celle des nerfs musculo-moteurs de la vie animale. Mais il faut bien savoir que différents auteurs ont cherché à contrôler la description donnée par M. Pfliîger, et n'ont pas réussi à voir le mode de terminaison qu'il a indiqué et figuré. Parmi ces auteurs, je citerai MM. S. Mayer (1), W. Krause (î2), A. Ewald (â), G. Asp (û). Aucun de ces auteurs n'a pu d'ailleurs découvrir le véritable mode de terminaison des fibres nerveuses. M. W. Krause a vu, dans les glandes sali vaires du hérisson, quelques fibres nerveuses se perdre dans des capsules terminales.
Il y a donc encore des difficultés à surmonter, pour réussir à démêler, d'une façon bien nette» le mode de terminaison des fibres nerveuses destinées à activer le travail sécrétoire dans les glandes salivaires ; et il en est de même pour toutes les autres glandes. Mais, a priori, on peut présumer qu'il doit y avoir des connexions aussi intimes,
(1) s. Mayer, Einige Bemerkungen ûber die Nerven der Speicheldrùsen (Anal, m Ceatralblatt, 1870, p. 373).
(2) W. Krause, Ueber die Endigungen der Drûsennerven (CeniTBÏbiàiif 1870,
(3) A. Ewald, Beitrâge zur Histologie und Physiologie der Speicheldrùsen
(Idem)*
(4) G. Asp, Dm mode de terminaison des nerfs dont les glandes salivaires (Anal, in Retue des se. méd., 1873, t. II, p. 522).
entre les cellules glandulaires et les nerfs sécréteurs, qu'entre les faisceaux musculaires primitifs et les nerb musculo-moteurs. L'énergie et la rapidité de Taction des nerfs sécréteurs ne peuvent guère s'expliquer autrement.
En tout cas, même lorsque nous saurons comment «« terminent les nerfs sécréteurs dans les glandes, tous les problèmes ne seront pas résolus. Il en restera au moins un, le plus obscur de tous, dont la solution scientifique sera sans doute bien longtemps encore au-dessus de nos efforts : je veux parler de celui qui concerne le mécanisme de l'action de l'excitation nerveuse sur le travail physiologique de l'élément sécréteur.
Quoi qu'il en soit, il est incontestable que les nerfs vasomoteurs jouent un rôle très-important dans la sécrétion des glandes. Sous l'influence de ces nerfs, l'aiSux du sang est augmenté ou diminué dan? la glande, et, de cette façon, la sécrétion peut facilement devenir plus abondante, lorsque Torgane sécréteur est mis en activité .
Une expérience de M. Cl. Bernard montre bien l'influence de la quantité de sang en circulation dans les glandes sur leur fonctionnement.il introduit dans la veine jugulaire d'un chien, vers le cœur, la canule d'une seringue à injection ; puis il aspire une grande quantité de sang. Un tube a été préalablement fixé dans le caotl de Wharton, d'un côté, et l'on a préparé le nerf lingual correspondant sans le couper ; or, si l'on instille quelque^ gouttes de vinaigre dans la cavité buccale de Tanimal, il ne s'écoule pas de salive ; il peut en être de même sous l'influence de la faradisation du nerf lingual. On fait ren* trer dans la veine jugulaire et dans la circulation générale tout le sang contenu dans la seringue,et Ton peut alors
provoquer un écoulement abondant de salive, soit par l'instillation de vinaigre dans la cavité buccale, soit par la faradisation du nerf lingual.
Mais, — il faut insister sur ce point, — cet afflux sanguin ne suffirait pas pour déterminer une sécrétion plus abondante, si les nerfs sécréteurs n'entraient pas concurremment en activité. Et ce qui le démontre bien, c'est l'expérience de M. Heidenhain, relative à l'action du sulfate d'atropine sur la glande sous-maxillaire. Nous avons vu , en effet, que chez un chien atropinisé, la faradisation de la corde du tympan ne provoque plus la sécrétion de cette glande, bien qu'elle détermine encore les phénomènes vaso-dilatateurs ordinaires.
De môme, l'excitation des nerfs vaso-constricteurs ne peut produire son effet logique, que si ces nerfs ue contiennent pas des fibres nerveuses pouvant activer la sécrétion salivaire. Ainsi, lorsqu'on faradise les filets nerveux provenant du sympathique et qui se rendent à la glande sous«maxillaire, on détermine bien une constriction des vaisseaux de la glande, mais on stimule en même temps des éléments excito-sécréteurs, de telle sorte que Ton provoque, en réalité, l'apparition de quelques gouttes de salive. Cette salive est d'abord épaisse, trouble, très-visqueuse ; parfois même la première goutte est comme gommeuse : les gouttes suivantes sont plus fluides. Mais cette sécrétion ne tarde pas à s'arrêter, et l'on ne parvient pas à la faire durer, quelque fort que soit le courant employé.
J'ai examiné plusieurs fois, à l'aide du microscope, la salive épaisse, blanchâtre, recueillie dans ces conditions, surtout celle qui forme les premières gouttes. Je dois dire que, lorsque l'écoulement de salive par la canule introduite dans le canal de Wharton a cessé de se faire depuis un cer-
k^S DOUZiillE LEÇON.
tain temps, les premières gouttes qui s'échappent, même lorsqu'on électrise la corde du tympan, ont toujours ce caractère d*ètre épaisses, très-visqueuses et plus ou moins opalescentes. Elles offrent aussi les mêmes caractères chimiques et microscopiques que lorsqu'on les obtient par la faradisation du cordon cervical du sympathique, ou des filets qui proviennent du ganglion cervical supérieur et se distribuent à la glande.
Bien que cela soit un peu en dehors de mon sujet, je crois devoir vous dire quelques mots des caractères microscopiques que j'ai constatés. La salive opalescente doit cette teinte à des granulations nombreuses, et surtout à une quantité considérable de corps constitués par une substance presque complètement transparente, cependant d'aspect très-légèrement trouble, corps ayant des formes trèsvariées. Beaucoup d'entre eux ressemblent à des cellules ayant subi une dégénération spéciale ; d'autres, manifestement formés de la même substance^ ont la forme de moules de tubes : ils sont souvent ramifiés. Ce sont bien certainement des moules des canaux salivaires : ceux qui ne sont pas ramifiés ont une certaine analogie d'apparence avec certains cylindres hyalins de l'urine. Ces différents corps contiennent des granulations d'aspect comme graisseux. De plus, dans beaucoup d'entre eux, on trouve un ou plusieurs corpuscules allongés sous forme de bâtonnets irréguliers, plus ou moins courbés sur eux-mêmes, de dimensions variées, transparents, avec des bords un peu réfringents. Peut-être ces bâtonnets sont-ils des noyaux cellulaires altérés. La fuchsine colore les corps en forme de cellules et ceux qui représentent des moules de canalicules salivaires; elle ne teint pas, ou presque pas, les corpuscules dont je viens de parier. L'addition d'une gouttelette d*acide