ACTION DES NERFS SENSITIFS SUR LES SÉCRÉTIONS
sioo sanguine, non-seulement dans toutes les artères resserrées vers leurs extrémités, mais encore dans celles qui, comme les artères de loreille ou les artères des glandes salivairesy se dilatent, sous Tinfluence de l'excitation d'un nerf sensitif quelconque, par suite des particularités de leur texture (1). Ce serait, d'après ces auteurs, à cette augmentation de pression dans les artères de la glande sous-maxillaire, qu'il faudrait attribuer la suractivité de sécrétion que l'on observe dans ces conditions. Ils pensent trouver un argument en faveur de leur opinion dans le résultat des expériences qu'ils ont faites sur les nerfs splanchniques. Ces nerfs étant coupés, ils électrisent leurs bouts périphériques, et ils voient se produire un écoulement de salive par le canal de Wharton. Or, on sait que l'électrisalion de ces nerfs, faite ainsi, détermine une notable augmentation de la pression sanguine dans l'ensemble du système artériel, et cet effet est attribué à la contraction des petits vaisseaux intra-abdominaux. Puisque, dans ce cas, l'augmentation de la pression sanguine intra-artérielle détermine une suractivité de la sécrétion salivaire, il est légitime, suivant ce:> auteurs, de rattacher à la même cause l'écoulement salivaire qui a lieu lorsqu'on électrise un nerf sensitif quelconque.
Parlons du fait lui-même de la production d'une sécrétion active de salive, par l'excitation des nerfs sensitifs autres que le nerf lingual : . nous examinerons ensuite
(1) M. Ow^jannikow admet, comme nous l'ayons vu, que les artères des oreilles auraient une paroi moins résistante que celle des autres vaisseaux artériels, et qu'elles céderaient sous Tinfluence de Teffort du sang, lorsque la tension MDguine augmente dans l'ensemble du système artériel. 11 en serait de même, sans doute, des artères de la glande sous-maxillaire. J'ai déjà dit que cette manière de toir est inadmissible pour les artères de Toreille. Elle est tout aussi inacceptable pour les artères des glandes salivaires.
si Ton peut adopter F interprétation qu'en ont donnée MM. Owsjannikow et Tscbiriew. Vous avez été témoins d'une expérience qui con6ruie complètement rassertioD de ces auteurs. Sur un chien curarisé et soumis à la respiration artificielle, nous avons placé une canule dans le conduit de Wharton d'un côté. On a préparé le nerf lingual correspondant; puis, avant de le couper, on t électrisé l'un des nerfs sciatiques (1), et vous avez vu s'écouler aussitôt une grande quantité de salive par la canule. C'est là un résultat constant, qu'on obtient aussi en électrisant un autre nerf sensitif quelconque, ou même k peau de l'animal. Si le chien n'avait pas été curarisé, vous auriez vu, chaque fois qu'il se serait agité spontanément, un effet du même genre se produire.
Ainsi donc, il est bien vrai que l'excitation des nerfs sensitifs, quels qu'ils soient, détermine une suractivité de Ii sécrétion salivaire. Il y aurait pourtant exagération à pr^ tendre que l'excitation du nerf lingual ne provoque pas un travail sécrétoire plus énergique que celui qui se montre sous rinfluence de l'irritation des autres nerfs seDsiti&.
Mais cette mise en activité de la glande salivaire et les phénomènes vaso-dilatateurs qui se manifestent en mèuK temps, sont-ils dus à une augmentation de la pression san* guine dans les artères glandulaires? On voit que MM. O^v jannikow et Tschiriev^ ont été ramenés par leurs expériences à l'explication déjà réfutée par M. Ludwig. Le seiii argument sérieux, du moins en apparence, qu'ils aient fait valoir à l'appui de leur opinion, c'est, comme je viens de le rappeler, le résultat qu'ils ont obtenu en électrisant ie> bouts périphériques des nerfs splanchniques. Or, il est facile
(i) L^électriittion peut porter sur l'un on Tantre des deoi ntrh tciati^v». le résulte! est le même.