‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 80 sur 107 · ACTION DES NERFS SBNSITIFS SUR LES SÉCRÉTIONS. &S · texte numérisé non relu

ACTION DES NERFS SBNSITIFS SUR LES SÉCRÉTIONS. &S

de voir que la sécrétion salivaire, provoquée par celte électrisatioD, peut être due à une fout autre cause que celle qu'ils allèguent. En effet, comme Ta montré M. CI. Bernard, et comme je m'ensuis convaincue plusieurs reprises, l'électrisation du bout périphérique de chaque splanchnique détermine une vive douleur. Ces nerfs sont doués d'une sensibilité récurrente des plus prononcées. Ne peut-on pas, par conséquent, supposer que l'excitation de ces nerfs agit de la même façon que rélectrisatiou du nerf sciatique, 011 d'un autre nerf sensitif, par voie réflexe^ sur la corde du tympan, c'est-à-dire sur les éléments sécréteurs et vaso-dilatateurs qu'elle contient? C'est k l'aide de cette interprétation que j'avais cru pouvoir rendre compte des résultats de MM. Owsjannikow et Tschiriew. C'est aussi celle qu'ont proposée MM. Griitzner et Chtapowsky (1).

En réfléchissant aux résultats de cette expérience, il me semble qu^ils permettent de faire quelques réserves, relativement à l'explication qu'on a donnée de l'élévation de la pression sanguine intra-arlérielle, produite par l'électrisation des bouts périphériques des nerfs splancb niques. Je viens de rappeler qu'on a considéré cette augmentation de tension comme due au resserrement que détermine, dans les petits vaisseanx intra-abdominaux, l'électrisation de ces nerfs. Je ne nie pas la coopération de ce resserrement vasculaire : mais ne doit-on pas regarder comme la principale cause, l'ébranlement douloureux engendré par l'excitation des bouts périphériques des splanch niques, et l'action vasoconstrictive généralisée, provoquée dans ces conditions,

(i) Grûtxner et Ghtapowsky, Beitrûge zur Physiologie der SpeieheUecretion (Pflûs:er'i Archif , VU, 523-530. — Anal, in ReTue des se. méd. 1873, t. U, p. 567).

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de la même façon que dans les cas où Ton électrise le nerf sciatique ou un autre nerf sensilif (1)?

J'ajouterai encore un mol, relativement à un résultat obtenu plusieurs fois par M. Cl. Bernard, en électrisant le bout périphérique du nerf raylo-hyoïdien, après section transversale de ce nerf (2). M. Cl. Bernard a vu un écoulement de salive plus ou moins abondant se produire par le canal de Wharton, au moment de cette électrisalion. Or, il est permis de se demander si cet effet n'a pas été produit par la mise en jeu de la sensibilité récurrente du nerf mylo-hyoïdien, et par une action réflexe ainsi produite sur la corde du tympan, lorsque le nerf lingual n'était pas coupé, ou sur le sympathique, après la section du lingual.

Si celte interprétation est exacte, elle doit évidemment s'appliquer aussi à un autre effet observé par M. Cl. Bernard, et produit sur les branches de l'artère faciale par

(1) J'ai fait, pour vérifier la valeur de cette hypothèse, quelques eipérieiio» (lout le résultat me paraît assez significatif. On sait que l'on peut obtenir, par l'injection intra-veincuse d'une solution de chloral hydraté, un état d*insensibilité absolue et une abolition complète des actions réflexes. Si l'bypoth^ qui attribue l'élévation de la pression, obtenue par Télectrisatioa du bout péripiiérique d'un nerf grand splanchnique, à la constriction ainsi produite dans la plupart des artérioles de l'abdomen, est fondée, ce résultat — l'élévation de lapresnoa dans toutes les artères qui naissent de l'aorte — se produira encore lorsque l'eiperience sera faite sur un chien profondément chloralisé. Si, au contraire, l'elrt en question dépend de la douleur déterminée par l'élcctrisation de ce segniflit périphérique du nerf splancbnique et d'une action réflexe Taso-coustrictivr, généralisée, provoquée de la sorte, il ne devra plus se manifester chei un ckiea chloralisé jusqu'à abolition de la sensibilité et de la réflectivité bulbo-spiaal^. Or, dans ces conditions, c'est-A-dire chez un animal profondément rélectrisation du nerfsplanchniqucne détermine plus qu'une élévation insignifiante de pression. Et je dois dire que, dans les expériences que j*ai faite», peut-être la chloralisation n'avait pas été poussée jusqu*i abolir entièresnt toute réflectivité. Ces expériences semblent donc de nature à légitimer rbjp«* thèse que nous avons émise.

(2) Cl. Bernard. Leçons sur hs iiquidet de Forganisme, 1859, t. II, p. M) et suiv.

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