‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 83 sur 107 · MÉCANISME DE LA DIARRHÉE · texte numérisé non relu

MÉCANISME DE LA DIARRHÉE

une dilalation considérable des vaisseaux de Tintestin, dilatation qui peut aller jusqu'à la stase sanguine ; cette stase a pour résultat des phénomènes analogues à rœdème ; mais, au lieu d'une infiltration dans le tissu cellulaire interstitiel, il se fait une exsudation de liquide dans le canal intestinal .

D'autre part , il est probable que, par suite de cette extirpation, les plexus ganglionnaires des parois intestinales, privés de tout frein modérateur, entrent en activité plus ou moins exagérée. Il en résulte vraisemblablement une excitation sécrétoire, qui détermine un flux abondant xles liquides sécrétés par les glandes de l'intestin. Disons même que^ tant que la membrane muqueuse intestinale n'est pas enflammée, dans ces conditions expérimentales, c'est probablement cette irritation sécrétoire qui joue le principal rôle.

Dans les circonstances ordinaires, tout à fait en dehors de rexpérimen tation, la diarrhée se produit principalement par action réflexe. Dans l'entérite, par exemple, il y a une irritation de la muqueuse qui détermine, par action réflexe, une vascularilé plus grande de l'intestin, une exagération dans sa sécrétion, et, par suite, une production d'une quantité de liquide plus grande qu'à l'étal normal. Il est certain que, dans ces cas, la dilatation vasculaire est secondaire ; ce qu'il y a de primitif, c'est l'irritation des éléments épithéliaux de la muqueuse et des glandes.

La diarrhée due à l'influence du froid est aussi le résultat d'une action réflexe, moins simple, il est vrai, que la précédente. L'impression initiale est faite sur la peau. Les plexus ganglionnaires, abdominaux et intestinaux, sont excités d'une façon spéciale, par une stimulation réflexe provenant de la moelle épinière, et l'activité sécrétoire de

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la membrane muqueuse intestinale s'exagère, en même temps que, sans doute, les vaisseaux intestinaux se dilatent. La stimulation réflexe frappe-t -elle directement sur les ganglions nerveux sympathiques en relation avec les fibres nerveuses de l'intestin ? Ou bien agit-elle d'abord sur la membrane muqueuse intestinale, en y produisant un état d'irritation , lequel deviendrait le point de d«>part d'om nouvelle série d'actes réflexes, sécrétoires et vaso-moteurs, s'effectuant par la médiation des ganglions du plexus de Meissneretd'Âuerbach, de ceux du plexus solaire, et des ganglions d'où naissent les nerfs splanchniques? Ce^ une question que nous ne faisons que poser, sans pouvoir la résoudre.

C'est encore par un mécanisme analogue qu'on doit expliquer la diarrhée si fréquente chez les enfants, au moment de la dentition.

En est-il de même dans les cas de diarrhée nerveux, ou par émotion, qui ne se produisent pas seulement chei l'homme, mais encore chez les animaux ?

Il arrive, en effet, assez souvent, lorsqu'un chien n*est pas curarisé, que le seul fait de commencer sur lui aoe opération, provoque une diarrhée presque subite; cette diarrhée peut même être considérable. L'émolion, la peur, sont des phénomènes encéphaliques, qui paraissent consister surtout en des troubles fonctionnels spéciaux de k protubérance annulaire et des pédoncules cérébraux. Dq moins, ce sont les parties essentiellement nécessaires à la production des phénomènes de l'émotion. Si Ton enlève, sur un surmulot, les hémisphères cérébraux, le cervdet. les corps striés et les couches optiques, et si Ton fait entendre à l'animal, ainsi mutilé, un bruit subit et aigu, on le verra exécuter aussitôt un violent soubresaut, comœe le

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