‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 87 sur 107 · EXPÉRIENCES SUR L ACTION DES PURGATIFS. A · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES SUR L ACTION DES PURGATIFS. A

sont mortB, revenus sur eux>mémes^ avec bord plus ou moios réfringent. D'autre part, on trouve de très-nombreuses cellules épithéliales, des granulations mouvantes, une grande quantité de courts bâtonnets doués de mouvements.

On voit, dans cette expérieDce, que le sulfate de magnésie, introduit dans l'intestin d'un chien curarisé, pro* duit, même à faible dose, uneffet purgatif des plus nets. Cet effet a lieu sans qu'il y ait, en même temps, exagération des mouvements péristaltiques normaux. Il y a irritation évidente de l'intestin, dans tous les points qui entrent successivement en contact avec la substance purgative; et le liquide produit semble être le résultat d'un catarrhe de l'intestin.

Exp. II (15 mai 1873). — Chien de très-forte taille, attaché sur une table, le dos reposant sur cette table. A 1 heure, on ir^ecte 08>',50 de chlorhydrate de morphine, en solution aqueuse, dans le tissu cellulaire sous-cutané de Taisselle. A 1 h. 30 m., on incise la paroi de l'abdomen le long de la ligne blanche, dans une asses grande longueur. On fait sortir le duodénum de la cavité abdominale et Ton y iigecte, à l'aide d'une seringue, munie d'une canule capillaire, 30 grammes d*eau contenant 5 grammes de sulfate de magnésie en solution.

On place un tube métallique dans le bout supérieur de chaque i#etère. II ne s'écoule pas une seule goutte d'urine pendant toute la durée de l'eipérience (de 1 h. à 3 h.).

Le chien était visiblement engourdi, au moment où l'on a pratiqué l'injec* Unn de la solution de sulfate de magnésie dans la cavité de l'intestin.

A 2 h. 15 m., l'intestin grêle, tiré de la cavité abdominale, est modérément gonflé; mais il est extrêmement hypérémié. On ne voit presque aucun mouvement dans les différents points de l'intestin.

Le nerf splanchnique gauche est séparé des tissus environnants, et soumis à la faradisation, sans avoir été coupé préalablement : on n'observe aucun effet bien net, relativement aux mouvements de l'intestin, mais Ton produit, chaque foia qu'on électrise le bout périphérique de ce nerf, une très-vive douleur. La faradisation du bout central des nerfs pneumogastriques, au cou, détermine l'arrêt de la respiration, et, lorsqu'elle porte sur les bouts périphériques, elle arrête les mouvements du cœur en diastole.

L*animal est sacrifié, par ouverture de la cavité thoracique, à 3 h. 15 m. L'intestin grêle contient 130 grammes.de liquide épais, filant. Ce liquide, après filtration, précipite abondamment par le phosphate de soude ammoniacal.

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!i9& QUATORZIÈME I.EÇON.

La mem^irane muqueuse de .rintesUn est assez fortement congestionnée ; elk est couverte d'un enduit muqueux, blanc jaunâtre.

Le liquide recueilli dans l'iatestin est examiné au microscope. On y trouve de trè3- nombreuses claques d'épithclium intestinal; des cellules épitbébaks libres, plus ou moins altérées ; un petit nombre de leucocytes, d*innombrabl^ granulations extrômcment fines, dont le^ unes soni sans doute des granabtions chyleuses, et dont les autres sont des granulations vibrionnaires. Il y i, de ^IttS) de nombreitx vibrions très-grAles^ très^cOtfrts^ poifr la plupart. Enfin on voit aussi d'assez nombreuses gfrtnulations graiMcuies.

Los yillositcs de la membrane muqueuse intestinale sont reyennes sur elle^mômes; piusiears »oat blanchâtres. Tues au microscope, elles sont plissées t-a travers^ évidcitmicot en état de eouteactîon, et l'on TOiC Aettemcttt les ftbceaai musculaires qu'elles contiennent. J'ai cherché à enlever avec des ciaeaui «ie petites lamelle^ du tissu de la membrane muqueuse, au-dessous des villositcs, poilir eïimiitier si l'ott trouverait dans ce tiss» des leucocytes ettravasés. h n'ai rien vu d« bien uet sous tt raf f ort

On voit que Ton a observé sur ce chien, sous l'influeûce d'une injection de soiutiofi aqueuse de sulfate de magnésie dans rinlestin grôle, les mômes effets que sur ranima! pnicédenU L'action purgative de cette solution s es4 produite, sans que Ton ait constaté des motrvemeoto notabte de rintestin grêle.

Il est permis de supposer que tous les sels purgatifs neutres auraient sur Tinlestin la môme action que le sulfate do magnésie; c'est pour cela que je a ai pas répélê ces expériences, en employant le sulfate de soude, on un autre sel purgatif du môme genre. II m'a paru plus iotéressant de comparera l'action du suif ate de magnésie^ ceiir d'une substance pouvant être considérée comme un l}f)e d'une autre classe de purgatifs, je veux parler des purgauf> drastiques. J'ai donc fait des expériences sur des cbicr?. dans les mômes conditions expérimentales, au moyen de U teinture de jalap«

Exp.lli (16 mai 1873). — ^ Chienne do forte taille, vigeureme, 2 h. 45 m., puis soumise à la respiration artificielle A 2 h. 28 m.

A 2 h. a8 m«, on incise la paroi abdominale et l'en introduit dam liaCi^ci»

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grèle, à Taide d'une serinée à canule capiUaire, use Mlution hydnhalcoolique de résine de jalap, ainsi composée :

Résine de jalap Os'^40

Alcool à 36<^ 12 cent, cubes.

Eau distillée 13 —

A 3 il. 15 m., on ouvre la cavité abdominale plus largement, en prolongeant en avant et en arrière l'incision faite au début, au niveau du bord externe du muscle droit abdominal, du côté droit. On constate que cette première incision a donné lieu à un écoulement considérable de sang dons Hmerieur de la cavilé abdominale. L'intestin, rais à découvert» offre des mouvements péristaltiques très-nets.

On isole le nerf grand splancbnique du côté gauche, on l'étrcint fortement à l'aide d'une ligature serrée, et l'on constate au mémo moment que la rate so contracte.

Peu de temps après, il y a une évacuation alvine diarrhéique, fétide, trèsuoir&tre, non sanguinolente,

A 3 h. 30 m.^ on injecte dans l'estomac^ en plusieurs fois^ 500 grammes d'eau, en ponctionnant directement la paroi stomacale à l'aide d'une canule de seringue à injection.

A h heures, les uretères isolés et coupés vers leur extrémité vésicale sont amenés au dehors par une boutonnière ftiite de chaque côié à la partie latéropostérieure de l'abdomen. Dans chaque aretère^ on introduit une canule. On ferme ensuite, à l'aide do pinces ii pression continue, l'incision faite à la paroi abdominale.

A 4 h. 25 m., on a pu recueilbr quelques gouttes d'urine claire par la canule placée dans l'uretère gauche. On trouve dans cette unne de très-rares cellules épithéliales un peu granuleuses et quelques granulations graisseuses libres. Elle ne contient ni globules rouges du sang, ni leucocytes; elle renferme une très-grande quantité d albumine.

Il ne s'est pas écoulé une seule goutte d'urine par l'uretère droit.

A 4 h. 50 m.^ on ouvre de nouveau la cavité abdominale. A ce moment, il se liroduit une seconde selle diarrhéique^ trè»-brune comme la première, mais ne contenant pas de sang.

L'urine continue à couler lentement, goutte a goutte, par Turetère gauche, tandis que l'uretère droit n'en fournit pas une seule goutte.

Le rein gnuche est plus volumineux que le rein droit. Le tissa dn rdn gnuchc parait, au travers de la capsule rénale, plus rouge que celui du rein droit. La capsule flbreusc du rein du coté gauche est de même plus injectée ctii£ celle du côté droit. Il semble que le roin gauche soit plus serré dans sa capsule que le rein droit.

Quelques légers mouvements spontanés se montrent dans le train postérieur et \ei flancs de l'animal.

A 5 heures, troisièm* selle diarrbéique, semblable aux précédentes et infecte comme elles. L'intestin n'a que de faibles mouvements péristaltiques.

On cesse alors la respiration artificielle, et Tanimal meurt. On examine riitestin. L'intestin grêle est hypér(^,mié dans toute sa longueur; la congestioo eit surtout marquée dans l'iléon. De nombreux ténias sont demeurés très-idlKrents par leur tête à la membrane muqueuse intestinale, malgré un lavage ï grande eau, sous un robinet dont le jet est assez fort. La membrane muqueuse delà partie de l'iléon, voisine du cœcum, présente des suiTusions sanguines: elle est ou parait un peu œdémateuse. La membrane muqueuse du gros intestin est rouge dans toute son étendue, et comme boursoufQée.

Rien à noter dans Testomac, que les piqûres faites pour injecter de 1>id dans sa cavité. Cette eau s'y retrouve en grande partie, un peu colorée parles quelques gouttes de sang qui se sont écoulées par les piqûres de la paroi stomacale.

On coupe les deux reins, de leur bord conveie vers le hile. Les surfaces de section du rein gauche donnent une notable quantité de sang; on ne voitriei de semblable sur les surfaces de section du rein droit.

Dans cette expérience nous ne voulons relever, pour le moment, que deux points. En premier lieu, on doil remar* quer les évacuations alvinesqui ont eu lieu sans rioterveotion de l'action des parois abdominales. Les contractions de l'intestin peuvent seules être mises en cause, puisque la paroi abdominale était ouverte au moment où ces évacuations se .sont produites. Ces contractions peuvent donc suffire pour expulser les matières fécales au travers de l'anus.

D'autre part, nous voyons que l'intestin, sous l'influence du contact de la substance purgative (teinture de jalap' avec la membrane muqueuse intestinale, aofTeildes mou* vements périslalliques très-nets. 11 y a là, entre les effets des purgatifs salins et ceux des purgatifs drastiques, uœ différence que j'ai à peine besoin de vous faire remarquer.

Nous avons fait récemment encore deux expéricnci^ avec la teinture de jalap, mais en modifiant un peu le procédé.

£ip. IV (28 mai 1873). — Sur un chien non curariié^ on ouvre rabdoiafii en faisant du côte droit une petite incision longitudinale vert le bord ciUi*

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du muscle droit. On attire hors de la cavité abdominale la partie supérieure deTintestin grêle; puis, lorsqu'on a atteint le duodénum» on y fait, avec une seringue munie d'une canule capillaire, une ii^ection de teinture de jalap préparée comme dans Texpérience précédente. On injecte la même quantité que dans cette expérience. Une fois l'iigection faite, on fait rentrer l'intestin dans la cavité abdominale, et la plaie de la paroi de l'abdomen est recousue avec soin. L'expérience est faite à 1 h. 45 m.

Vers 2 heures, l'animal vomit des matières verdâtres, à demi liquides. A 5 heures, on coupe les points de suture qui ont maintenu leslèvres de l'incision abdominale accolées l'une à l'autre ; on ag^randit un peu l'ouverture. 11 y a quelques mouvements péristaltiques dans la dernière partie de Tiléon. Les autres parties de l'intestin sont immobiles; elles paraissent gonflées. Le duodénum et la partie supérieure du jéjunum offrent de la congestion extérieurement.

L'animal est sacrifié par section du bulbe racbidien. A l'ouverture de l'intestin grêle, on trouve la membrane muqueuse du tiers supérieur comme épaissie ; elle est rougeâtre par places. Dans la partie inférieure de l'iléon, on trouve 20 centimètres cubes environ d'un* liquide jaune verdàtre, très-muqueux. Rien dans le gros intestin. L'estomac contient environ 150 grammes de liquide légèrement jaunâtre, non muqueux.

En somme, il semble qu'il n'y ait pas eu d'effets pur- ^tifs bien intenses chez ce chien. Il est probable qu'une bonne partie du liquide injecté dans le duodénum aura été poussée dans l'estomac par des contractions antipéristaltiques de l'intestin ; et une certaine quantité de ce liquide aura été vomie.

Exp. V (30 mai 1873). — Chien de petite taille, non curarisé. On tire hors de l'abdomen, par une petite incision de la paroi, une anse de l'intestin grêle, puis on atteint le duodénum. On fait dans cette partie de l'intestin, une iigection du liquide suivant :

Résine de jalap 08t,60

Alcool 12 centim. cubes.

EaudistiUée 13 —

On réduit l'intestin et Ton ferme la plaie abdominale par des points de suture. L'expérience est faite à 1 h. 45 m. L'animal est laissé dans le laboratoire en demi-libertc. A 5 h. 15 m., il n'y avait eu ni TomissemenU, ni diarrhée.

On ouvre de nouveau rabdomen à 5 b. 15 m. On ne voit pas le moindre mouvement péristaltique de l'intestin^ qui est cylindrique et parait un peu distendu ; il est un peu congestionné à l'extérieur.

Section du bulbe racbidien à 5 h. 30 m.

On ouvre l'intestin J epuîs le pylore jasqu'au rectum. Il ne contieot que pen de liquide; ' a memorane muqueuse est recouTerte d'une eaucbe assez épûsse de mucus blanchâtre. A mesure qu'on examine des points pins proches de h talmle U^o-rœcale, le liquide devient jeune Terdâtre^ il est plus liqmde, ftr« y Toit de petites traînées sanguinolantes. Dans le gros intestin, le liquide ot un peu plus abondant; il est jaune verdàtre

La membrane muqueuse de Tintestin grêle est fortement bypérémiée; b congestion est surtout marquée dans le tiers inférieur de cet intesliB, et Vos voit des stries sanguinolentes dans le fond des replis de la membrane. Pas «le lésions de l'estomac.

Oq voit que, dans ce cas, quoiqu'il n'y ait pas eu de vomissements, il n'y a cependant pas eu de seîles diarrhéiques, bien que l'animal ait vécu trois heures et demie, après avoir subi Tinjection de teinture de jalap. Cependant Ton a trouvé des traces très-signrficatives d'irritatioD vrre delà membrane muqueuse intestinale, 11 senàblerail résulter de la comparaison de ces deux dernières expériences avec celle (Exp. III) dans laquelle la teinture de jalap a été injectée chez un chien curarisé, que la curarisation favorise ou hâte l'effet de ce purgatif drastique. Mais il est clair que, pour que cette déduction pût être considérée comme légitime, il faudrait que la différence dont il s'agit eût été constatée un plus grand nombre de fois.

Dans l'expérience que nous venons de relater en dernier lieu, nous trouvons signalée une particularité intéressante . c'est l'absence de mouvements péristaltiques de l'iulestiQ. Ces mouvements ne sont-ils pas constants dans le cas d'.* purgation par la teinture de jalap? Ou bien la teinture, dao> ce cas, n'avait-elle pas encore assez agi sur la meaibrant muqueuse pour provoquer ces mouvements ? Il nous fandrait aussi un plus graud nombre de faits pour nous mettre à môme de décider quelle est celle de ces deux interprétations qui est exacte.

Je crois, toutefois, pouvoir dire que c'est la secMide

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