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ÉTAT CATARRHAL PRODUIT PAR LES PURGATIFS

pas à ce que la membrane muqueuse de rinlestin absorbe, ■dans une certaine proportion, les substances avec lesquelles elle entre en contact.

Pour rendre ^los <5omplète encore la démonstration de Texactitude de notre théorie relative au mécanisme de l'action des purgatifs, il fallait examiner cette action dans des conditions tout à fait semblables à celles dans lesquelles se produit la purgalion chez l'homme. Il était donc nécessaire de répéter les expériences précédentes, en introduisant les substances purgatives, par la partie supérieure des voies digesfives, dans Testomac des animaux servant à ces études. Nous avons donc, chez des chiens, injecté dans l'estomac, à Taide de la sonde œsophagienne, des purgatifs divers : de rhaile de ricin (ftO grammes); du sulfate de magnésie (30 grammes) ; du sulfate de soude (30 grammes); Tun et Fautre de ces sels en dissolution dans Teau; de la teinture de jalap. Enfin nùm avons fait avaler à un cbien de la viaiîde cuite saupoudrée de 2 grammes de calomdl.

Dans toutes ces expériences, il y a eu purgation, mais purgalion beaucoup plus lente que lorsque la substance était introduite' directement dans Tintestin. Les «eltes diarrhéiques, même sons Tinfluence de la teinture de jalap, n'ont eu lieu, le plus souvent, qu'au bout de douze ou quinze heures, et, quelquefois, Teflct a été encore plus tardif. Il est clair que la différence de rapidité entre Faction des porgatife ingérés par Teesophage, et celle de ces mômes substances injectées directement dans la cavité de l'intestin grôle, tient à oe que ees substances, lorsqu'elles sont dans Te^tomac, ire passent que peu à peu ^t ^torïtemient, au travers du pytore, «daBs riutestin grôle. n «t probable que pendant leur s^our dans la cavité

gasirique, une partie de celles de ces substances qui sont absorbables passe dans le sang et est éliminée par TuriDe.

En tout cas, il est certain que, dans ces conditions, chez rhomme aussi,, il y a absorption assez active des sels purgatifs ingérés et passage de ces sels dans l'urine. Ce fait a été déjà bien constaté par d'autres expérimentateurs ; mab j'ai voulu m'en assurer par moi-même, et j'ai, pour cela, examiné l'urine de malades purgés à l'aide du sulfate de magnésie. Or, en recueillant l'urine des vingt-quatre heures, chez des malades qui avaient pris AO ou 50 grammes de sulfate de magnésie, on pouvait facilement reconnaître la présence d'une forte proportion de magnésie dans cette urine, à l'aide du phosphate de soude ammoniacal ; et l'urine contenait encore plus de magnésie qu'à Tétat normal le lendemain et le surlendemain de la pui^tiou.

Nous avons examiné l'intestin de quelques chiens, ayant subi une injection stomacale, par la sonde a^sopbagieone, de l'une ou de l'autre des substances pui^tives que nous avons énumérées. L'animal était sacrifié au mooieol où venaient de se produire d'abondantes évacuations alvioes. Le liquide évacué était souvent assez transparent et muqueux. On trouvait, en examinant l'intestin d'un bouta l'autre, que la membrane muqueuse intestinale et le mucus blanchâtre assez épais, qui la recouvrait, offraient tons les caractères que je signalais tout à l'heure, lorsque je voo^ indiquais les résultats des expériences faites par injectioo directe des substances purgatives dans l'intestin grêle.

Je vous répète donc encore que tous les pui^ti& produisent leur action en provoquant un catarrhe intestinal. et non en donnant lieu à de simples effets osmotiques. £t ^ vous vous étonnez de voir un catarrhe intestinal donner beu à une sécrétion si abondante de liquide, je rappellerai ua

ÉTAT CATAURHAL PRODUIT PAU » j:S PURGATIFS. 50i)

fait que vous connaissez tous, fait qui montre bien que Tirritation catarrhaie d'une membrane muqueuse peut provoquer une sécrétion (ou exsudation) d'une quantité considérable de liquide. Je fais allusion, en ce moment, au coryza. Vous savez que dans le coryza aigu on peut observer un écoulement très-abondant de liquide, et ce liquide est bien différent du produit ordinaire de sécrétion de la membrane muqueuse de Schneider. Celte membrane, dans Tétat normal, ou bien sécrète une quantité si faible de mucus qu'il n'y a aucune excrétion, ou bien sécrète un mucus très*visqueux, peu abondant en général. Or, vous savez que le liquide sécrété pendant la période aiguë du coryza est très-abondant, très-transparent et trèsfluide, bien qu'un peu muqueux, et qu'il contient un plus grand nombre de leucocytes que dans l'état normal. Or, si vous comparez l'étendue des fosses nasales, ou de la membrane muqueuse qui les tapisse, à l'étendue de la membrane muqueuse des intestins, vous pourrez comprendre facilement qu'un catarrhe aigu, passager, de la membrane muqueuse intestinale, puisse provoquer la sécrétion d'une quantité (rès-considérable de liquides, et de liquides assez différents de ceux qui sont sécrétés par la membrane muqueuse dans l'état normal (1),

Y a-t-il exagération aussi de la sécrétion du suc pan-

(1) Il faut multiplier les expériences^ lorsqu'on veut se faire une Idée sur le mode d'action des purgatirs, et il faut tenir compte surtout des faits dans lesquels on A pu administrer les substances purgatives aux animaux, sans les lier Bur une table et sans les maintenir ainsi attachés pendant un certain temps. On sait, en effet, que les chiens, comme je l'ai dit dans la précédente Icçon^ peuvent être pris de diarrhée, sous la seule influence de Témotion. Et quand une diarrhée de ce genre se produit, on peut trouver la membrane muqueuse et le contenu de l'intestin dans un état très-analogue à celui que l'on conslale a la suite de Taction d'une substance purgative.

créalique et de la bile dans le cas de purgalioa ? Pour ce qui coïK^erne le suc paocréalique^ je ne coanais aucun indice qui puisse permettre de présumer qu'il esl akus versé dans Tintestin eu plus grande quantité que dans les conditions physiologiques. Toutefois, je dois dire que, chez un chien qui avait été purgé au moyen de calomei (2 grammes), qu'il avait avalé avec de la viande cuite, \e pancréas, examiné au moment où les évacuations diarrbéiques avaient lieu, présentait une très-lbrte congestioa. Nous avons examiné aussi ce qui a rapport à la sécrélioa biliaire. Tantôt on n'a trouvé que très-peu de bile daos l'intestin, tantôt on en a vu une plus grande quautiti^. Dans le cas .que nous venons de rappeler et dans leqaé un chien avait été purgé par du calomei, Tintestin contenait une plus grande proportion de bile que dans la plupart d^ autres expériences.

La théorie que je vous expose, relativement au mécanisme de l'action des purgatifs^ me parait donner, plus que les autres, une explication satisfaisante de l'utilité ioconlestable de la.purgation dans les cas d'embarras gastrique et gastro-intestinal. Dans ce cas, on admet aujourdhui, comme vous le savez, lexistence d'une irritation catarrhak subaiguë de la membrane muqueuse du canal digestif. Or, si la théorie que je soutiens est exacte, les pui^alifN ont pour effet de substituera une irritation catarrhale spontanée, une irritation catarrhale artificielle assez vive- C'est, en somme, un cas particulier de la médication substitutive. El comment les autres théories pourraient-elles rendre compte des effets heureux des purgatifs administres dans ces conditions morbides?

Si les purgatifs agissent, comme je l'admets, en d**terminant un catarrhe intestinal, avec sécrétion et exsu-

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