KFFETS DES PURGATIFS INJECTÉS DANS LES VEINES
dation trune abondante quantité de liquide, cet effet ne peut avoir lieu rapidetnent que grâce à une dilatation des vaisH seattx de la meml»*aae maqueme, dilatation qui se produit eu même tempsque Tirritation des éléments épitbéliaax gtandulairesetinter-glandulaires. Cette dilatation vasculaire s'effectue bien évidemment par suhe d'une excitation réflexe des nerfs vaso-dilatateur» de l'intestin . L'effet des substances purgatives implique donc l'intervention des nerfs vasomoteurs.
Pour que l'action des substances purgatives se produise, il est de toute nécessité que ces substances entrent en contact avec la membrane muqueuse de l'intestin. Lorsqu'elles, sont introduites par une autre voie que le canal digestif, elles ne pourraient déterminer le catarrhe intestinal purgatif qu'à la condition d'être amenées dans l'intestin par la circulation. Or, ce n'est pas ainsi que les choses se passent, au moins dans la grande majorité des cas.
On admettait, il y a plusieurs années, je ne sais sur la foi de quelles expériences, que les sels purgatifs, introduits dans les voies circulatoires, soit directement, soit par absorption dans le tissu cellulaire sous-cutané, peuvent donner lieu à des effets tout aussi prononcés que lorsqu'ils sont introduits dans les voies digestives. Ainsi M. Cl. Bernard (1) examinant la théorie de Poiseuille, relative à Taction des sels purgatifs, c'est-à-dire la théorie de la purgation par osmose, et cherchant à montrer le peu de valeur de celte théorie, nous dit que « le sulfate de soude, introduit directement dans les veines, purge aussi bien et même mieux que dans l'intestin». Et, plus loin, il se
(1) Cl. Bernard, Leçcms sur les substances toxiques et médicamenteuses, \^hl , p. 85.
demande « pourquoi le sulfate de magnésie, placé sous la peau, purge par l'intestin, et non là où il est appliqué » .
Mais, en réalité, ces résultats sont pour le moins tout à fait exceptionnels. M. Rabuteau (1), après avoir rappelé les passages des leçons de M. Cl. Bernard, que nous venons de citer, mentionne un travail d'Aubert (2), dans lequel cet expérimentateur assure que les purgatifs, lorsqu'ils sont injectés dans le sang, ne purgent pas toujours. M. Rabuteau a fait aussi des expériences sur ce sujet, et il a obtenu des résultats très-nets. Une injection de 7 grammes de sulfate de soude en solution dans &0 grammes d*eau, faite de la périphérie vers le cœur, dans une des veines crurales d'une chienne de moyenne taille, à jeun depuis vingt et une heures, n'a produit aucun effet purgatif. Dans une autre expérience, lA grammes de sulfate de soude, en solution dans kO grammes d'eau, ont été injectés dans une des veines crurales d'un chien de belle taille. L'effet purgatif a été nul encore. M. Rabuteau ajoute qu'il y a eu même production de constipation et abolition assez durable de la soif. Comme il admet que les sels purgatifs, introduits daus le canal digestif , purgent en déterminant une exosmosedts liquides qui circulent dans l'intestin ou qui en imbibent les parois, il suppose que, dans les condilionsdont il vient d'être question, il se fait un courant osmotique en sens inverse du précédent, c'est-à-dire de l'intérieur du canal digestif vers le sang en circulation dans la membrane muqueuse intestinale. Ainsi s'expliqueraient, suivant lui, et la constipation et
(1) RabuteaUy Recherches sur V élimination d tes propn'èiés osmoiifmn H dynamiques du sulfate de sodium ^ du sulfate et du chhrure de lithium. (Me* moires de la Société de biologie, 1868, p. 21 et suât.)
(2).Aubert(Zcitschriftf. rat. Med., 1852, II, 225. — QtaUoB cmpniateeâ M. Rabuteau).
EFFETS DES PUaCATIFS INJECTÉS DANS LES VEINES. 513
la disparition de la soif. Les expériences de M. Rabuteau ne me paraissent pas prêter un appui bien solide à cette manière de voir, car elles ne prouvent pas nettement qu'il y ait eu constipation plus prononcée et soif moindre que dans l'état normal. Mais les résultats que M. Rabuteau a fait connaître, relativement à l'action nulle du sulfate de soude injecté dans les veines, sont très-probanls.
Des résultats conformes à ceux que nous venons d'indiquer ont été obtenus par M. Armand Moreau et par MM. Jolyet et CahoUrs (1). Ces derniers expérimentateurs ont injecté, dans la veine crurale d'un chien, du poids de 10 kilogrammes» 12 grammes de sulfate de soude en dissolution dans &0 grammes d'eau. Il y a eu quelques trou*bles respiratoires à la suite de l'opération ; l'animal paraissait rétabli le lendemain. Cependant le quatrième jour on observa une hémorrhagie assez abondante par la plaie de la cuisse. Dans une autre expérience, faite de la même façon avec du sulfate de magnésie, mais à une dose bien plus faible puisque Ton n'avait injecté que 30 centimètres cubes d'une solution au cinquième de ce sel, en deux fois, à quelques instants d'intervalle, il y eut des phénomènes graves d'intoxication, et le lendemain Tanimal rendit deux selles liquides bilieuses. Les expérimentateurs ne considèrent pas d'ailleurs ces évacuations alvines diarrhéiques tardives comme dues à une action purgative du sel injecté; mais iU ne disent pas sur quoi ils fondent cette manière de voir. Ils insistent surtout sur la toxicité du sulfate de magnésie injecté dans les veines, comparée à l'innocuité du sulfate
(1) F. Jolyet et Cahou», Surrnction physiologique des sulfates de potasse^ de sowle et de magnésie en injection dans le sang (Archive» de physiologie, 1869, p. 113 etsuiv.).
vui-pux. 38
blli QUAT0tt21ÈME LEÇON.
de soude introduit de la même façon dans l'économie.
Nous avons fait aussi des expériences, dans mon labontoire, pour contrôler celles des précédents exp^imentileurs. Je me borne à analyser une seule de oes expériences. Nous avons injecté dans une des veines crurales, chez m chien de forte taille, 20 gammes de sulfate de soude m solution dans ^MK) grammes d'eau, en deux fois, à quelques minutes d'intervalle. Le chien, détaché et cdMené pendant deux heures et demie, n'a présenté aucun phénomène morbide reconnaissable. Le lendemain , ranimai n'avait eu encore aucune évacuation alvine quelconque. 11 meurt brusquement ce jour-là dans le cours d'une autre expérience. On examine son canal digestif, et l'on trouve des matières à demi dures dans le gros intestin ; ii n'y a aucun indice permettant de croire à rexisteoœ A^m catarrhe de la membrane muqueuse intestinale.
Ainsi^ ii est bien certain que les purgatifs saliss, introduits dans l'appareil circulatoire par injection intra-veineuse, ne déterminent pas la diarrhée purgative q4Û a lieu, lorsque ces sels pénètrent directement dans le canal gastrointestinal (1). 11 n'en est pas autrement, lorsque les purg^ib sont injectés dans le tissu oellulaîre sous-cutané. Nous avoas
(1) Je dois dire qae dm» les expéneaces d«nt ii eift id faofUoft, sommes contentés de noter si l*animal évacaut, oui ou non, des masjtfta diarrhéiques. Nous n'avons pas une seule fois examiné directement, en $) fiant ranimai trois ou quatre heures après l'injection des substances si son intestin était en état de catarrhe. £t il est possible, à ia rigueor, ^w des liquides intestinaux^ sécrétés eu médiocre quantité sous Tinfluence de Viiv«c^ tion intra-Yeineose de ces substances, aient été entièrement Tcsorfoês m pm plus tard. Nous devons donc faire quelques réserves, relativement à la sif^aification des résultats que nous venons d'indiquer; d'autant pins que d^aatics expérimentateurs ont observé la production de «elles diarrhéiques, à la suite ée riigection intra-veineuse d*une solution aqueuse de sulfate de magnésie J^ lyet et Cahours, loc, cit.).