EFFETS DES PURGATIFS INJECTÉS SOUS LA PEAU
injecté dans le lissu cellulaire sous-cutané de la partie postéro-Iatérale gauche du tronc, chez un chien bien por-^ . tant, 10 grammes de sulfate de magnésie en dissolution dans 20 grammes d'eau. Il n'y a eu aucun effet laxatif. L'animal a été sacrifié, deux jours après, dans le cours d'une expérience d'un autre genre. L'intestin était dans l'état le plus normal ; mais on a trouvé une inBltration œdémateuse et purulente assez étendue, dans la région où l'injection sous- cutanée avait été pratiquée. La production de ces lésions inflammatoires me parait fournir un argument en faveur de la thèse que je soutiens, à savoir : que les sels purgatifs purgent en déterminant une irritation passagère, comme subinflammatoire, de la membrane muqueuse intestinale (1).
(1) Pendant l'impression de cette feuille, j'ai eu connaissance d*iue communication faite par M. Luton à la Société médicale de Reims (*), sur les effets de riqjection hypodermique des sels de magnésie. M. Luton a observé sur luimême, puis sur des malades de l'Hôtel-Dieu de Reims, qu'une injection sons- «ntanéede 10centigr.de sulfate de magnésie provoque des selles diarrhéiques. Ainsi, chez chacun des trois malades, il y a eu des selles de ce genre.
Ces résultats sont en opposition si complète avec ceux que nous avons obtenus, lorsque nous iigections plusieurs grammes de sulfate de magnésie dans le tissu cellulaire sons-cutané, que nous avons cm devoir instituer de nouvelles expériences sur des chiens, en employant la dose indiquée par M. Luton. Nous avons donc pratiqué sur un chien une injection hypodenuiqne de 10 centigrammes de sulfate de magnésie, dans 2 grammes «n 3 grammes d*ean distillée. Ce chien a rendu des matières diarrhéiques pendant la nnit qui a suivi le jour de l'injection. L'expérience a été répétée deux fois, et, 4:liAque fois, on a observé le même résultat L'expérimentation montre donc 4|ae, chex les animaux, l'iigection hypodermique d*nne faible quantité de sulfate de magnésie produit des effets laxatifs, analogues à cenx que M. Luton .a constatés chex l'homme. Pourquoi les choses se passent-elles tout antre- •ment, quand on iigecte une pin grande quantité de sulfate de magnésie dans le tissu cellulaire sous-cutané? Il est probable que cela tient surtout à ce que le sulfate de magnésie, injecté sons la peau, détermine une inflammation plus vive du tissu cellulaire, lorsqu'il y est introduit à dose assex
(*) Lnton, Injtctimi hypodtrmique de tnagrafêie, — Effet purgatif, (Balletio de la SociéU jnédieda d6lleiiiif,p. ISO. — - SManee dn 0 août 1878.)
51G QUATORZIÈME LEÇOX.
Nous avons obtenu des résuUats lout à fait analogues eo injectant dans le tissu cellulaire de la môme région, cbei un autre chien, quatre gouttes d'huile de croton mêlées à dix gouttes d'huile d'olives. L'animal n'a pas eu de diarrhée, et, après sa mort, survenue trois jours plus lanl, pendant une autre expérience, on a constaté un décollement de la peau dans une assez grande étendue, au niveau de la région où avait été faite l'injection hypodermique.
En résumé : les purgatifs introduits dans les voies digestivos agissent en irritant la membrane muqueuse de ce^ voies. Cette irritation détermine des modifications de Tépithélium intestinal, et une excitation des extrémités périphériques des nerfs intestinaux centripètes. Cette excitai ion est porté(5 jusqu'aux ganglions nerveux thoraciques inférieurs et intra-abdominaux (ganglions des plexus solaire d mésentériques, ganglions des plexus de Meissnerel d'Auerbach), puis elle se réfléchit, par les nerfs vaso-moteurs, sur les vaisseaux des parois intestinales et» par les nerf^
élevée, que lorsqu'il pénètre dans ce tissu en très-petite quantité. ¥u que Ton trouve une osseï TÎve inflammation du tissu cellulaire lorsqu'on injecte sous la peau 10 grammes de sulfate de magnésii»; a es! pr** bable que les lésions inflommatoires de ce tissu ralentissent tonnéénMrmfT TabsorpUon du sel purgatif. Lorsque Ton n*ii:û<^cte que 10 centigrammes de «• fate de magnésie dans 2 grammes. d'eau, il y a bien encore irritatioa ém is^ cellulaire, pouvant même aller jusqu'à présence de leucocytes dans ce mais cette irritation est relativement faible, et le sel purgaUf peut être assex rapidement pour déterminer des évacuations diarrhéiques.
Ces expériences nous ont inspiré l'idée d'examiner si Tinjectioa d'ua quantité de sulfate de soude dans les veines produirait pins d'effet q»e V\ tion de 10 à 20 grammes. L'introduction intra-veineuse de sulfate et sa^r a • dose, soit de 10 centigrammes dans 3 grammes d'eau, soit de I grwHiae ér 10 grammes d'eau, soit enlln de 2 grammes dans 15 grammes d'e««« a^a f provoqué des selles diarrhéiques.
Ai-je befioin de faire remarquer que les résultats obtenus par II. iMtm » rhomme, par nous sur des chiens, à l'aide d'injections de si faibles qs^rttt^^ sulfate de magnésie dans le tissu cellulaire sous-cutané, plaident tout à UJ faveur de notre mode d'explication du mécanisme de l'acUoa des paxTatst-» *