‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 95 sur 107 · EXPÉRIENCE SUR L* ACTION DES NERFS RÉNAUX · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE SUR L* ACTION DES NERFS RÉNAUX

truire, ou se ramollir, après la section des nerfs rénaux. Quant à M. Brovvn-Séquard, il n'aurait observé qu'une légère congestion du rein, à la suite de la section des nerfs (1).

J'ai fait aussi, un certain nombre de fois, cette expe* rience, en coupant avec le plus grand soin tous les Qlets nerveux que j'ai pu apercevoir, soft entre l'artère et la veine, soit autour de ces vaisseaux. Dans aucun cas, il n'y a eu de sphacèle ni de ramollissement morbide dix rein. Je crois donc, d'après l'ensemble des faits, que les cas où Ton a observé des lésions de ce genre, dans Torgane dont les nerfs avaient été sectionnés, doivent être expliqués comme je l'ai dit tout à l'heure, à propos des expériences de Millier et Peipers. Ce sont vraisemblablement des lésions accessoires, et surtout des violences exercées pendant l'opération sur les vaisseaux rénaux, qui doivent être in-* criminées. Il se produit sans doute, consécutivement, des coagulations intra-vasculaires qui troublent ou empêchent la circulation rénale.

Voici le résumé d'une de mes expériences sur ce sujet :

Exp. VI. — Chien mâtiné, de moyenne taille. Sur ce chien^ après avoir mis le rein ^ucbe à découvert, en pratiquant une incision longitudinale sur la partie latérale gauche de la face inférieure de Tabdomen, j'ai arraché avec des pinces tous les filets nerveux que j'ai.pu apercevoir, soit entre l'artère et la veine rénale, soit en avant, soit en arrière, soit sur les côtés de ces vaisseaux. Il m'a paru que tous les filets nerveux situés dans cette région avalent été bien rompus. L'animal était étbérisé, mais l'anesthésie n'était pas complète. Il n'y a eu aucune manifestation de sensibilité lorsqu'on rompait les nerfs rénaux. Après que ces nerfis ont été divisés, on a constaté que le sang de la veine rénale est plus sombre et le rein plus pâle qu'auparavant. (Est-ce l'effet de l'excitation produite directement sur les vaisseaux , au niveau du lieu de l'opération , par le contact répété des instruments?) La plaie de l'abdomen est recousue avec soin.

(i) Bert, Brown-Séquard, Ranvier (Comptes rendus de la Société de biologie, 1870, p. 83).

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Lo lendemain , hoquets fréquents , qui disparaissent lorsque ranioial a mangée

Le surlendemain, l'animal parait bien portant. Deux jours après, il y a an amaigrissement notable, bien que l'animal continue à manger. L'urlue est très-limpide, d'un jaune clair; elle exhale une forte odeur, non fétide tautefois. Pas d'albumine, pat de sucre. Créa on quantité considérable; rurior traitée par l'acide nitrique se prend en masse (nitrate d'urée).

L'animai est empoisonné par de là digitàUné neuf Joun après r6pér«ti«fi : il était alors en y oie do complète gvérison» La plaie abdominale commenct à se cicatriser. Pas de péritonite; un peu d'adhérence cependant du grand «rpiploôn à la paroi abdominale. Le tissu cellulaire qui entoure les Taïasetnx ré- HÉUX paraît trèH^gèrement épaisaii Le rein gauche est un peu pins petit ^w le droit; sa capsule est un peu plus vascularisée; mais, sauf ces modificatio» peu apparentes cli somme, il n'y a dans le rein aucune altération recooniis* feàble : il il'y a ni chafigemeut de couleur, ni changement de cdoaScUiice, ai affaissctoenl d'une région quelconque de l'organe* On divise les deux reias, chacun en deux moitiés^ du bord convexe vers le hile : on constate, sur le« Coupes, que la substance rénale est péut-êtfe un peu plus pâle dans le nbk droit que dans te rein gàttthe* On examine l'urine retirée de ta v«aiea|rètla mort; il n'y a ni albumine, ni sucre. Ou y trouve de la matière chr^Mig^ne biliaire^ verdissant par l'acide azotique; il y a beaucoup d'urée : pas de globule» sallguitas»

M. CL Bernard (1) a fait sur les nerfs rénaux des expériences dont voici les résultats principaux :

Sur un lapin, la section des nerfs rénaux du côté gauche ne fut pas suivie d'un changement de coloration du sang de la veine rénale correspondante» Le sang y resta rouge. U galvanisation de ces nerfs ne changea guère non plus b teinte du sang veineux ; mais il y eut suspension de Técoutement d'urine pendant tout le temps que dura la galvaoh sation (un tube était placé dans Turetère). La section des nerfs rénaux avait rendu le tissu du rein rutilant, et œ tissu était animé de battements. Lorsque l'animal faisait des efforts^ Turine coulait plus abondamment que dans Tétat de repos.

Dans une autre expérience, faite sur un chien, la section

(1) a. Bernard, leçons sur les liquides de rorganisme, t. II, p. iS2 et ««It,

ACTIO.V DES NERPS SPL\?rcHHlQUES SUR LES REINS. 531

des nerfs rénaux avait eu pour conséquence récouleracol d'une nrine sanguinolente par TuretëFe du côté correspondant.

Les expériences que j'ai faitesconfirment en partie celles de M. Cl. Bernard. Après ta section des nerfs rénaux, sot des chiens, j'ai vu le tissu du rein correspondant devenir I^os nnige que celui du rein du côté opposé. Lorsque j'électrksais ces nerfs, le tissu du rein pâlissait d'une façon considérable; mais en même temps Tartère et la veine rénales subissaient une diminution de calibre de plus ch moitié. II était assez difficile^ dan^Ies conditions où j'opérais, de déterminer si cette réduction de diamètre était due à une constrictioQ des petits vaisseaux du rein, ou à one action plus^ou moins directe des courants électriques sur l'artère et la veine rénales, à cause de leur proximité des nerfs sur lesquels portaient les excitateurs.

M. Gl. Bernard (1) a publié aussi des résultats expérimentaux^ reiatife à l'influence des splanchniques sur tes reins.

Sur un chien, dans Turetère gauche duquel un tube anait été placé, il avait coupé le grand nerf splanch nique do c6té correspondant, et il constata que l'urine, qui ne c€wlait pas auparavant, commença à sortir du tube; mais elle présentait nue couleur sanguinolente. La galvanisation du bout périphérique du nerf splanchnique (c'està-dire du bout en commumeation avec le plexus solaire) déterminait une vive douleur; l'animal faisait des efforts et l'urine cessait de couler. Cet arrêt de l'écoulement urinaire était bien dû à l'électrisation du nerf, et non aux efforts que faisait l'animal, car en provoquant des efforts,

(1) a. Bernard, foc. cit., p. 168 et suit.

sans galvaniser le nerf, non-seulenienl il n'y avait pas d'arrêt de Técoulemeut d'urine, nnais encore cet écoulement augmentait.

Sur un lapin, M- Cl. Bernard ouvrit l'abdomen et introduisit un tube dans l'uretère gauche. Le rein et la veine étaient rouges; il n'y avait pas d'écoulement d'urine. La section du grand splancbnique gauche fit diminuer la veine rénale de diamètre, et, en même temps, le sang y devint noir. La même opération, faite sur le grand splanchniqoe du côté droit, fut suivie de la même modification de la veine et du sang veineux du côté correspondant.

Je vous citerai enfin quelques expériences de M. CI. Bernard, sur les relations physiologiques qui peuvent exister entre les nerfs pneumogastriques et les reins. Chez les chiens, la galvanisation de ces nerfs n'a paru avoir aucune action, ni sur la circulation des reins, ni sur la sécrélion unnaire. Chez des lapins, les résultats furent différents. U galvanisation des nerfs pneumogastriques, faite à peu près au niveau du cardia, eut pour conséquence immédiate W changement de couleur du sang de la veine rénale. Ce sang était devenu noir, à la suite de la section du nerf grand splancbnique ; il reprenait une teinte rouge lorsqu'on galvanisait le nerf pneumogastrique du côté correspondanL et, en même temps, la veine se gonflait notablement (1 }.

Dans les expériences que j'ai faites sur les nerfs poeiH mogastriques du lapin, je n'ai pas réussi à voir ces efieis que je viens de vous indiquer d'après M. Cl. Bernard.

n n'en est pas de même pour les ner& splanchoiqiK» Non-seulement j'ai observé des effets analogues à ceux qu signale M. Cl. Bernard, mais je crois que les résultats qu

(1) eu Bernard, ioc. ctt.f p. 171.

ACTION DES NERFS SPLANGH NIQUES SUa LES RBÏNS. 53S

j'ai obtenus offrent un caractère tout à fait satisfaisant de netteté et de constance. Avant de vous les exposer, je dois vous dire quelques mots d'expériences faites dans ces dernières années, en Allemagne, sur le même sujet.

M. Eckhard(l), dans une livraison récente de ses Con^ tributions à ranatomie et à la physiologie ^ rappelle qu'il a fait remarquer, depuis longtemps, que l'hydrurie unilatérale, provoquée par la section d'un nerf splanchnique, paraît avoir les caractères d'un résultat de paralysie. Cette hydrurie diffère de celle qui est provoquée, en même temps qu'une glycosurie plus ou moins prononcée, par la piqûre 'du plancher du quatrième ventricule. Dans ce dernier cas, il s'agit vraisemblablement, au contraire, d'après M. Eckhard, d'un effet d'irritation rénale, et cet effet, loin de durer sans diminution notable, comme le précédent, est passager et disparaît au bout de quelques heures ou de quelques jours.

M. Knoll (2) a constaté aussi qu'après la section d'un des nerfs splanch niques, la quantité d'urine sécrétée par le rein correspondant augmente notablement. Mais le poids spécifique de l'urine recueillie dans ces conditions ne diminue pas d'une façon proportionnelle à l'accroissement de la quantité du« liquide sécrété. La diminution de la densité de l'urine est relativement faible. L'analyse de l'urine démontre qu'en réalité, la somme des matériaux solides de l'urine, et en particulier de l'urée, augmente dans le fluide qui provient, dans un temps donné, du rein correspondant au nerf splanchnique coupé : cette augmentation est d'au-* tant plus forte que la quantité d'urine est plus grande.

(i) Eckbard ^BeitrSgc zar Analomie und Physiologie, 1873, p. 22). (2) Knoll (Ecfcbard's Beilrâgc, VI, Heft I, p. 41).

53 A QUATOEZIÉIIE LEÇON.

M. Kooll a y\x cette .urine cooteoir de ralboinine ; parfeb elle devient alcaline. Mais il n'attribue pas ralbumkuvie à la section des nerfs splanchniques, car eUe s*est produite quelquefois dans le cours de 1 opératioa, a?aiil qu^oo eAt pratiqué cette sectioD .

J'ai fait, sur des lapins et des chiens, de& expénefloes relatives à riiifluence des n^fs splancluiiques sur la ciran lation des reins et la sécrétion effect4iée par ces oqi^aaes. Je puis même vous montrer les résultats d'une expérience de ce genre sur un lapin. Quelques instants avant la laoûB, }à coupé sur ce lapin le nerf grand splanchnîque ^iclie, à 2 centimètres au-dessus de la capsule surréaale. ljLp]m abdominale a été fermée par quelques points de siilirre. ùa vient d'enlever ces points de suture, vous pourrez foir, après la fin de la leçon, en vous approchant de la ièUe, qoe le rein gauche est plus rouge (coloraiion un peu carminée) que le rein droit (couleur chamois) : le aiig de U veine rénale gauche est manifestemâot [dus rouga ^ue celui de la veine rénale droite.

Chez le chien, Texpérience donne des résultats tout aussi neis. Lorsqu'oQ a coupé le neif splanchnique gauche, k 2 'ceatiiuètres environ au-dessus et en dehors de la capsule surnénale, il se produit une congestion trèsHévîde«te ia rein coiTespondant, et la différence eutre les deux reios de^^ient bien plus marquée au bout de quelques .uûnutes. Le rein gauoheest plus rouge <{ue le rein di*ûit ; il est gonflé, réniient, et comme comprimé dans sa capsule. La capsuk elle-uième est plus injectée de sang que dans l'état ooraiaL Si Ton électrisele bout périphériquedu nerf, ou détermine, comme nous l'avons dit, des cris de douleur et une agitation comme convulsive, si l'animal n'est pas <:urarise. Si l'animal est curarisé, il n'y a naturellement aucune de ces

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