‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 96 sur 107 · ACTION DES NERFS SPLANCUNIQUES SUR LES REINS · texte numérisé non relu

ACTION DES NERFS SPLANCUNIQUES SUR LES REINS

manifestations de douleur, et les modifications qui ont lieu dans le rein sont plus faciles à étudier. Au bout de quelques instants après le début de Télectrisation (courants induits interrompus), le rein pâlit peu à peu ; puis la pâleur se prononce progressivement de plus en plus et elle devient de la plus grande évidence* Si Ton cesse rélectrisalion, le rein conserve pendant quelques moments sa coloration pâle, chamois, puis on voit reparaître la teinte rouge à la surface du rein, comme une poussée d'injection venue des profondeurs de Torgane. La rougeur se montre d'abord par plaques irrégulières, plus ou moins larges, qui se réunissent bientôt en une teinte de congestion uniforme.

On peut répéter Texpérience plusieurs fois de suite, en attendant, pour chaque reprise de faradisation, que la congestion vaso-paralytique ait atteint toute son intensité, et chaque fois les mômes effets de pâleur du tissu rénal se re^ produiront. On peut rendre ces effets encore plus frappants, eu décortiquant le rein (exp. I).

En môme temps que le rein pâlit, on voit le calibre de la veine diminuer notablement, et le |sang qui y est contenu, vu par transparence, prend une teinte beaucoup plus sombre qu'auparavant. Lorsque le rein s'injecte de nouveau, après qu'on a cessé la faradisation, la veine s'élargit, se gonfle, et le sang qu'elle contient redevient rouge clair. Quand on examine, lors de la nécropsie, les reins d'un chien ainsi opéré, si la mort a lieu trois ou quatre heures après la section du nerf splanchnique gauche, l'incision du rein gauche donne lieu à un écoulement sanguin bien plus abondant que l'incision du rein droit.

Lorsque le nerf splanchnique gauche est coupé, si l'on a introduit et fixé un tube dans chacun des uretères, on voit ^uela quantité d'urine qui provient du rein gauche est plus

considérable que celle qui provient du rein droit. En outre, l'urine sécrétée par le rein gauche (et celle-là seulemeol) peut devenir fortement albumineuse (exp. III}« L'examen microscopique n'y fait alors constater ni cylindres hyalins, ni épithélium des tubules rénaux, ni globules sanguins. Je n'y ai trouvé que des granulations graisseuses, lesquelles sont au nombre des substances contenues, à l'état normal, dans l'urine du chien : elles ont probablement pour point de départ les tubules de la substance corticale, dont un certain nombre présente constamment, chez cet animal, un étatgranulo-graisseux.

Je n'ai pas besoin d'ajouter que ces faits expérimentaux s'observent tout aussi bien lorsque l'expérience est faite sur les nerfs du rein droit, que lorsqu'elle est pratiquée sur ceux du rein gauche. Seulement nous avons fait la plupart de nos expériences sur le nerf splanchnique gauche, parce que l'opération est plus facile de ce côté que de l'autre.

J'ai cherché si l'électrisation des nerfs pneumogastrique aurait, chez le chien, une influence sur l'état de la circulation dans les 'reins et sur la sécrétion urinaire. Sur un chien curarisé, on a introduit un tube dans l'uretère du côté gauche, puis on a faradisé successivement l'un et l'autre pneumogastriques : il ne s'est produit aucune modification de l'écoulement de l'urine par le tube, et la coloration du rein gauche n'a pas changé. Je vous ai dit (|ue M. CI. Bernard avait déjà constaté ces résultats négatifs, dans $e> expériences relatives à l'action des nerfs pneumogastrique^ sur les reins du chien. On a aussi voulu voir si Tékctrisation du bout central d'un des nerfs sciatiques déterminerait, par action réflexe, quelque effet sur les reins et sur leur travail fonctionnel. Il n'y a eu aucune modification de la oirculntîon rénale, ni de la sécrétion uriraire.

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