ACTION DES NERFS SPLANCHNIQUES SUR LES REINS
Ainsi donc, la section du nerf grand splanch nique, chez le chien, produit une forte congestion vaso-paralylique du rein correspondant, avec polyurie, et albuminurie. Il peut y avoir même quelquefois (expériences de M. Cl. Bernard) passage de globules sanguins dans l'urine. Mais retenez bien ^ le résultat expérimental que nous avons observé, à savoir : la production d*une albuminurie sans hématurie, sous rinfluenced'une lésion des nerfs destinés au rein : c'est là un résultat intéressant qui me paraît bien dû, quoi qu'en dise M. Knoll, à la section du nerf splanchnique, et qui montre la possibilité d'une albuminurie par troubles de Tinnervation vaso-motrice du rein, sans altérations réelles du tissu rénal.
D'autre part, Télectrisation du splanchnique détermine un arrêt de la sécrétion urinaire, avec pâleur du rein, ' constriction des vaisseaux, changement de la coloration du sang dans la veine rénale, etc.
Les nerfs splanchniques contiennent donc une partie, au moins, des nerfs vaso-constricteurs des reins. C'est probablement par l'intermédiaire de ces nerfs que se produit la diminution de la sécrétion urinaire, allant parfois jusqu^à l'anurie, dans les cas de colique néphrétique. On peut admettre, — et c'est le mécanisme indiqué par M. Brown- Séquard, — que sous l'influence d'une excitation vive, produite par des calculs sur la membrane interne des calices, du bassinet ou des uretères, une action réflexe vaso-motrice a lieu par les fibres vaso-constrictives contenues dans le nerf grand splanchnique et destinées au rein. Les vaisseaux du rein se resserrent, la circulation y devient beaucoup moins active, et la sécrétion urinaire peut, par suite, diminuer notablement, ou même se suspendre complètement.
Influence des nerfs vaso-nioteurs sur les reins et sur la sécrétion urinaire (§mt£), — Mécanisme de leur intenrention dans la prodoction de la polyuric aerveuse, de ralbuminoriey de Tanurie des hystériques, etc. — Nerls uiamoteurs du foie. — Leur influence sur la sécrétion de la bile.
Nous avons vu que les uerfs splanchniques contienDcot une grande partie, au moins, des fibres vaso-conslrictives du rein ; quant aux fibres vaso-dilatatrices, qui eiisteol Ik comme ailleurs, on connaît beaucoup moins bien leur provenance. M. Cl. Bernard, ainsi que je vous Tai dit, a remarqué qu'en coupant le nerf pneumogastrique sur ud lapin, au-dessus du diaphragme, et en électrisant son bout périphérique, on obtenait une augmentation de la sécrétion urinaire : il constatait en même temps que la veine réoale se gonflait et que le sang, qui revenait par cette veine, était plus rouge qu'à Tétai normal. Si cette expérience était suivie des mêmes effets chez tous les mammifères, on pourrait évidemment en tirer la preuve que les nerfs pneumogastriques contiennent, à l'endroit où on les excite, des fibres vaso-dilatatrices destinées au rein. Mais il n'en est pas ainsi, et, même chez le lapin, le résultat est loin d*^tre toujours tel qu'il a été indiqué par M. Cl. Bernard. J'ai faradisé sur le lapin, avec des courants de moyenne et de très-forte intensité, le nerf pneumogastrique, au niveau de la partie inférieure de l'œsophage, au-dessus du point où il se dirige vers le plexus solaire. L'animal n'étant pas cura-