‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 98 sur 107 · ACTION DES NERFS PNEUMOGASTRIQUES SUR LES REINS. 5S · texte numérisé non relu

ACTION DES NERFS PNEUMOGASTRIQUES SUR LES REINS. 5S

risé, et son rein gauche étant mis à découvert sans avoir subi la moindre violence, je n'ai pas vu, et les personnes qui assistaient à l'expérience n'ont pas vu, plus que moi, le moindre changement se produire, soit dans le volume et la coloration du rein, soit dans le calibre de la veine rénale, soit dans la teinte du sang qu'elle contenait. Les essais ont été répétés à plusieurs reprises et le résultat a toujours été négatif.

Et cependant le nerf pneumogastrique n'avait pas été altéré par les manoeuvres de la préparation ; car la faradisation du bout périphérique dé ce nerf, qui n'avait aucune influence appréciable sur le rein, provoquait des mouvements considérables de l'intestin grêle, mouvements que l'on pouvait suspendre en faradisant le bout périphérique du nerf splanchuique gauche. On pouvait ainsi, à volonté, ranimer les mouvements intestinaux et les arrêter.

Quant aux expériences faites sur le chien, elles ne montrent aucune action des nerfs pneumogastriques sur les reÎTis. J'ai toujours constaté, en effet, — et je vous l'ai dit aussi, — que la section des nerfs pneumogastriques, ou rélectrisation de ces nerfs, n*exerce, chez cet animal, aucune influence reconnaissable sur la circulation rénale ou sur la sécrétion urinaire.

Ainsi donc, les nerfs pneumogastriques, même audessous du diaphragme, ne paraissent contenir, chez le chien, ni des fibres nerveuses vaso-motrices agissant sur la circulation rénale, ni des fibres nerveuses excito-sécrétoires ayant une influence directe sur le travail physiologique des éléments sécréteurs du rein.

Les Obres vaso-dilatatrices sont vraisemblablement contenues dans les nerfs splanchniques romme les fibres iraso-constrictives, mais elles y sont, sans doute, en moins

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grande quantité. S'il en est ainsi, on peut comprendre facilement comment Télectrisation du bout périphérique d'un nerf splanchnique coupé, bien que portant son action sur les deux ordres de fibres qui y sont contenues, détermine cependant une anémie du rein.

Ce serait pour le rein une disposition analogue à celle qui existe pour Tintestin. Les splanchniques contiennent indubitablement les fibres vaso-dilatatrices destinées à cet oi^ane, puisque c'est par eux, comme nous l'avons vu, que se produit la dilatation des vaisseaux de l'intestin, qui ré* suite de la mise en activité du nerf dépresseur de Ludw^ et Cyon. Vous savez, en effet, qu'après la section des splanchniques, on ne peut plus provoquer cette dilatation vasculaire en excitant le bout central du nerf dépresseur coupé. Bien que ces données expérimentales démonlreut, à n'en pas douter, la présence de fibres vaso-^ilatatrioes intestinales dans les splanchniques, il n'en est pas moius vrai qu'en agissant sur les splanchniques eux*mèmes, ou obtient des effets tout différents. La section de ces ueris détermine la dilatation des vaisseaux intestinaux, l'éledrisation de leur bout périphérique produit la conslriction de ces mêmes vaisseaux. Cela tient à ce que les nerfs sphochniques contiennent des fibres nerveuses vaso-dilatatrices de l'intestin, en même temps que des fibres vaso-constrictives. Or, le nombre de ces dernières l'emporte tellement sur celui des fibres vaso-dilatatrices, que, quand on agit directement sur les nerfs splanchniques, ce sont des pbê nomènes de constriction vasculaire que Ton obtient.

Il est tout naturel de penser que la section de la partie supérieure du cordon fondamental du grand sympathique dans le thorax, au-dessus du point d'où se détachent les

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splanchniques, présente une influence analogue à celle que nous avons reconnue clans ces nerfs ; car, dans cette région, ce cordon contient, en tout ou en partie, suivant le point où Ton fait la section, les fibres nerveuses destinées à former le nerf grand splancbnique. I^' expérience donne bien, d'ailleurs, ce que Tanatomie permettait de prévoir. Si l'on coupe ou si l'on électrise le cordon sympathique thoracique, au-dessus de l'endroit d'où naissent les filets nerveux qui constituent les splanchniques, on obtient les mêmes phénomènes qu'en agissant directement sur les splanchniques.

D'après M. Eckhard, on produit encore un certain effet sur les reins, en agissant, non plus sur le sympathique lui-même, mais sur l'un ou l'autre des deux ganglions thoraciques supérieurs, ou sur le ganglion cervical inférieur. On pourrait provoquer ainsi, d'après lui, en coupant ou en irritant ces ganglions, une polyurie plus ou moins abondante, soit seule, soit liée à de la glycosurie. On observerait des effets tout semblables, en coupant ou en irritant, dans le canal rachidien, les racines du dernier nerf cervical ou du premier nerf thoracique.

Vous voyez que toutes ces expériences concourent à montrer que c'est par l'intermédiaire du sympathique que les centres nerveux cérébro-spinaux agissent sur la circulation et les fonctions des reins.

Quelle est la portion de ces centres cérébro-spinaux qui exerce, d'une façon toute particulière, une influence sur les reins ? C'est une question intéressante qu'il nous faut aborder niaintenant.

Nous pouvons localiser ce pouvoir dans le bulbe rachidien, et cette notion, nous la devons aux expériences de M. Cl. Bernard.

5&2 QUINZIÈME LEgON.

M. Cl. Bernard a moutré que certaines lésions, les piqûres, par e;ceaiple, du plancher du quatrième venlricule, en quelques-uns de ses points, peuvent déteroiioer de k polyurie simple. On sait maintenant, grâce à ses recherches, que les lésions portant sur ce plancher, au milieu de l'espace qui sépare Torigine des nerfs pneumogastriques de celle des nerfs auditifs, donnent lieu , en même temps, a de la polyurie et à de la glycosurie.

Lorsque les lésions expérimentales sont faites immédiatement en arrière de l'origine des nerfs auditifs, on ob* serve la polyurie simple. Si le plancher ventriculaire est lésé en avant de Torigine des ner& acoustiques, la polyurie et la glycosurie sont moins marquées , mais il y a souvntf production d'un certain degré d'albuminurie (1).

Les résultats ne s(mt peut-être pas toujours aussi distinËb que M. Cl. Bernard l'indique ; mais il est incontestable que la polyurie sucrée ou non sucrée peut être obtenue par des lésions expérimentales du plancher du quatrièiie ventricule.

Non-seulement M. Cl. Bernard a vu se produire» sois l'influence des lésions du plancher du quatrième veolri* cule, soit de l'albuminurie, soit de la glycosurie, soit de la polyurie, et quelquefois deux de ces modifications, ou même toutes les trois à la fois; mais encore il a signalé d'autres changements très-importants de l'urine dans ces conditions. L'urine des lapins peut devenir claire et acide, tandis qu'elle est d'ordinaire trouble (2) et plus ou moins

(1) Cl. Bernard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du système veux, t. 1, p. 398.

(2) L'état trouble de l'urine, chez les lapins, est dû, comme on le sait, è la présence d'une multitude de petites granulations de carbonate de cbau. Ces granulations, qui offrent l'aspect de granulations graisseuses, ne sont pss libres, pour la plupart. Elles sont contenues dans des c^lÛMlrea, plus oa

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