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CHAPITRE XX ARCHITECTURE

Après la VI" dynastie on constate en Haute-Egypte un véritable vide monumental. C'est à peine si dans les nécropoles provinciales on trouve quelques documents sur l'état du pays dans la période intermédiaire. Ce n'est qu'à la XI^ dynastie que les princes de Thèbes, vainqueurs de leurs rivaux héracléopolitains, font sortir l'Egypte de l'anarchie et restaurent l'Empire à leur profit. La Xn^ dynastie est une des périodes les plus brillantes de la civilisation égyptienne.

Architecture civile. — A peu près invariablement, on peut répéter qu'il ne reste, de chaque époque, que peu de traces des maisons et des palais, bâtis en matériaux peu résistants. A Kahoun, près de l'entrée du Faïyoum, Pétrie a trouvé les restes d'une petite ville de Sésostris II. Dans la nécropole de Rifeh, le même explorateur a découvert une série nombreuse de ce qu'il appelle des maisons d'âmes, en terre cuite, qui se rattachent à une série de documents connus antérieurement par quelques spécimens seulement. Ce sont des modèles de maisons destinés à être disposés sur les tombeaux. Les types en sont très variés. D'une façon générale l'habitation est composée comme suit : une cour à murs bas; au centre de la cour se trouve un bassin; vers le fond s'élève la demeure proprement dite, précédée parfois d'un portique. A l'intérieur il y a une ou plusieurs chambres, parfois à colonnes. Un escalier extérieur monte sur la plate-forme,où se trouve souvent une sorte de léger portique. Le toit offre des ouvertures destinées à laisser pénétrer le vent frais à l'intérieur de l'habitation. C'est par exception qu'on trouve un étage avec chambres. En somme, ces modèles reproduisent une architecture qui n'est pas très éloignée de celle qui se pratique encore actuellement en Egypte.

Architecture militaire. — Sésostris III pousse la frontière méridionale de l'Egypte jusqu'au delà de la deuxième cataracte

du Nil et il fortifie le district-frontière par une série de constructions militaires. On a reconnu les forteresses de Semné et Koummé, plus cinq autres fortins moins importants. Ces constructions sont érigées sur des rochers dominant le fleuve et les routes du désert qui y aboutissent. Elles sont formées d'un haut mur d'enceinte qui épouse le contour du rocher, avec ouvrages avancés, renforcés par des séries de petits bastions et défendus par un fossé en pierre. Dans les murs de briques crues on constate la présence de lits de nattes et de poutres de bois engagées. Un escalier qui descend vers le fleuve est quelquefois protégé par un bastion ou par un couloir voûté. Les portes d'entrée montrent une complication de plan facilitant la défense. A l'intérieur des grands murs on a découvert de grosses constructions avec murs épais utilisées comme magasins ; une maison bien bâtie servait probablement d'habitation au commandant et d'autres plus grossières à la garnison. Enfin, un temple a parfois été aménagé dans la muraille.

Temples des dieux. — Les temples du Moyen Empire ont été, à peu près tous, détruits par les hycsos, ces envahisseurs étrangers qui, venus d'Asie, mirent fin au premier Empire thébain ; d'autres furent soit ruinés par le temps, soit démolis pour faire place à des constructions plus grandes. Le zèle des rois du Moyen Empire à bâtir des temples aux dieux est prouvé par des restes de monuments dans le pays entier, aussi bien dans la Basse- Egypte et dans le Faïyoum que dans la Haute-Egypte. On peut citer, par exemple, des restes de constructions au temple d'Amon de Karnak, entre autres de beaux piliers carrés décorés de fins bas-reliefs, de Sésostris I^'' (Art, pi. 44). On connaît aussi une chapelle de Sankhara à Thèbes. On a relevé des blocs avec inscriptions et bas-reliefs au temple de Ptah à Memphis, à celui d'Hathor à Dendera, d'Atoum à Héliopolis, d'Osiris à Abydos, de Min à Koptos, d'Harchaf à Hérakléopolis.On connaît de beaux bas-reliefs provenant du temple de Sebek à Crocodilopolis dans le Faïyoum. Enfin on a signalé des restes de constructions dans le Delta à Tanis, Nébéché, Bubastis, Léontopolis, etc. C'est également du Moyen Empire que date une grande partie du temple de Sarabitel-Kadem, au Sinaï.

Temples funéraires. — Les fouilles de l'Egypt Exploration

Fund, à Deir-cl-Bahari, ont révélé l'existence, à côté du grand temple de la XVIII'^ dynastie, d'un temple funéraire de la XI". L'édifice a été trouvé, malheureusement, dans un état de destruction profond, et bien des points que soulève son examen restent sans solution. Dans l'ensemble, on voit qu'il avait été établi sur une terrasse naturelle de la montagne, mais régularisée par des constructions. Une rampe conduit du niveau du cirque de la montagne à la terrasse. A la face antérieure de celle-ci un portique a, été aménagé. Sur la terrasse même on remarque d'abord une grande base carrée qui était vraisemblablement le socle d'une pyramide. A l'entour de la pyramide se développe une salle supportée par de nombreux piliers. A l'extérieur de cette vaste salle carrée, dont la pyramide occupait le centre, se développent également des portiques, sur le devant et sur les côtés. Derrière cette première partie du temple on en trouve une seconde, qui a été construite sur un emplacement rectangulaire creusé au flanc de la montagne. De l'étude attentive des restes du monument, il semble bien résulter qu'il est l'œuvre non pas d'un roi, mais de deux, le Mentou-Hetep, dont le nom d'Horus était Nep-Hepet-Re, et le Mentou-Hetep, dont le nom d'Horus était Xeb-Kherou-Re. Il y a quelques années on avait découvert un long couloir souterrain qui aboutissait à une chambre inachevée, dans laquelle s-^ trouvait une statue et des restes de mobilier funéraire (l'un Mentou-Hetep. Il se fait que cette chambre est en relation avec la pyramide dont il vient d'être question et il est très vraisemblable que la chambre funéraire et la pyramide constituaient la sépulture d'un seul et même roi. C'est à ce roi également qu'on attribuera les tombes de princesses, trouvées à divers endroits sur la plate-formedu côté nord et du côté ouest. Les inscriptions des sarcophages ont montré qu'il faut rattacher au même ensemble les six petites chapelles situées à l'ouest de la pyramide, avec leur porte s'ouvrant vers l'est. Quand on regarde le plan général de la partie antérieure du temple, on n'hésite pas à croire que les chapelles ont été construites avant le moment où l'on décida d'enfermer la pyramide dans la grande salle à piliers. En effet, elles sont enclavées dans le mur extérieur de cette salle. Une chapelle est presque entièrement perdue dans un angle, deux autres ont leur entrée à peu près fermée par des piliers, une autre encore, respectée dans le remaniement, a fait

reporter au nord de l'axe principal la porte qui donne accès de la salle à piliers dans la partie postérieure du temple. Nous avons déjà mentionné ces chapelles de princesses à propos de l'architecture figurée : c'est là que les murs de pierre copient les formes d'assemblages de poutres et que la peinture imite soigneusem.ent la texture du bois. Sur le côté de ces édicules nous avons rencontré de beaux exemples d'imitations de claires-voies, formées d'assemblages multicolores.

Dans la seconde partie du temple nous trouvons, en quelque sorte un nouvel édifice complet. En effet, quand on franchit la porte de sortie de la grande salle autour de la pyramide, on rencontre d'abord une cour à portique, puis une grande salle hypostyle, au fond un réduit, dénommé k cella «, avec un autel puis, creusé dans la montagne, un sanctuaire qui devait contenir une statue. Au milieu de la cour s'ouvre une rampe, qui, par un long couloir souterrain, mène à ce qu'on serait tenté d'appeler la chambre funéraire ; mais ici on n'a trouvé qu'un remarquable naos en albâtre pour une statue. Comme on n'a rencontré également qu'une statue dans la chambre funéraire qui se trouve sous la pyramide, il faut donc admettre que le double temple de Deircl-Bahari n'était que le cénotaphe de deux rois, dont les véritables sépultures se trouvaient autre part, suivant la coutume de dédoublement des tombeaux. Avant d'abandonner cet édifice on fera bien d'examiner le dispositif particulier du couloir en forme de voûte conduisant au caveau, dans la seconde partie du temple. Comme en cet endroit la roche était particulièrement friable, on avait étançonné le plafond avec une série de blocs de pierre déterminant un. cintre.

Aux pyramides des rois de la XII^ dynastie on a relevé des traces plus ou moins importantes des temples funéraires. Mais en général, ou bien les explorations n'ont pas été poussées à fond, ou bien le résultat n'a pas encore été publié d'une manière complète. Un croquis de la pyramide et du temple d'Amenenihat I^"" à Licht, publié par Borchardt, permet de faire quelques remarques intéressantes. Le signe pour pyramide, dès l'Ancien Empire, montre toujours le monument posé sur une base. Cependant on n'a rien signalé de semblable jusqu'à présent pour l'Ancien Empire. Au monument d'Amenemhat I^r, la pj'ramide est posée

sur un socle de quelques mètres de hauteur. Le temple qui avait un vestibule dans la vallée et un couloir ascendant, s'appuyait au socle de la pyramide : il comprenait une première salle longue, une cour à piliers et ensuite des appartements intimes. Il ne serait pas différent des temples de l'Ancien Empire si l'on n'avait surélevé d'un étage toute la partie en quelque sorte externe de l'édifice, ce qui développe comme deux bras qui s'appuieraient à la pyramide elle-même. Cette disposition a pour résultat de déterminer à la partie antérieure du temple la silhouette d'un véritable pylône, comme nous en trouverons seulement au Nouvel Empire.

Au temple de Sésostris I^'', à Licht, on a retrouvé dans un angle d'une cour à piliers une grande table d'offrandes en granit, décorée sur le pourtour de processions de Nils (Art, pi. 129). Des fragments de tables semblables avaient été trouvés déjà dans les temples de la V^ dynastie, mais ici la pièce est complète. Dans le couloir ascendant du même édifice il y avait, de place en place, des niches qui contenaient chacune une statue du roi, en forme d'Osiris et qui sont les plus anciens piliers osiriaqucs connus, bien que, nous l'avons remarqué précédemment, on ait cru pouvoir déduire de certains indices qu'il y avait déjà des piliers de ce type dans le temple de la pyramide de Khéphren. Comme le temple s'appuyait, suivant l'habitude, sur la face est de la pyramide, le couloir allait de l'est à l'ouest. Au mur nord les niches contiennent des colosses coiffés de la couronne du nord ou de la Basse-Egypte ; au mur sud, des colosses coiffés de la couronne du sud ou de la Haute Egypte. Les murs extérieurs étaient décorés de place en place d'un ornement composé du nom d'Horus du roi, devant lequel s'avance un porteur d'offrandes ou Nil. Dans cet ornement, qui rappelle la stèle du roi Serpent, on voit au sommet le dieu faucon Horus, coiffé de la double couronne de la Haute et de la Basse-Egypte. Il est posé sur un carré, à l'intérieur duquel se lisent deux des noms de Sésostris I'^''. A la base du carré, symbole d'édifice, on a représenté la façade dont le style nous est déjà connu.

Il est probable que l'on doive rattacher à la série des temples funéraires l'édifice de Sésostris III, à Abydos, dont nous allons parler dans un instant.

Tombes royales. — Les piemiers princes de Thèbes, de la XI^ dynastie, se sont fait enterrer dans de petites pyramides en briques, dont Mariette avait relevé quelques restes. La construction comporte deux parties : un socle et sur celui-ci une petite pyramide ; les deux parties sont creuses. Dans le socle il y a une sorte de caveau voûté servant de chambre funéraire. Dans la pyramide une salle, en forme de ruche, servait de chapelle.

Nous avons vu tout à l'heure que les rois Mentou-Hetep de Deir-el-Bahari s'étaient fait construire des tombes ou cénotaphes à couloir et à chambres souterraines. Dans un des deux cas il y avait encore une pyramide au-dessus de la charnière ; dans l'autre on pourrait dire que la montagne elle-même tenait lieu de pyramide.

Les grands rois de la XII^ dynastie se sont fait faire de grandes pyramides : Amenemhat I^"" et Sésostris I^"" à Licht ; Amenemhat II à Dahchour ; Sésostris II à Illahoun. Sésostris III a deux tombeaux, l'un à Dahchour et l'autre à Abydos ; enfin Amenemhat III a deux pyramides, une à Dahchour et l'autre à Haouara. Ces souverains ont reculé devant l'exemple effrayant de leurs prédécesseurs de l'Ancien Empire et ils ont remplacé la pierre par un noyau en briques crues revêtu de calcaire. A la pyramide de Sésostris II il y avait à l'intérieur de grands murs de calcaire, en étoile, pour cons(jlider la masse. Depuis Sésostris II et Sésostris III l'entrée du caveau cesse d'être régulièrement au nord. Le plan intérieur des appartements est fort confus. Il y a, par exemple, à la pyramide de Sésostris II, à Illahoun, deux puits d'accès, un faux puits, des chambres successives et des couloirs qui tournent dans toutes les directions, sans qu'il soit toujours aisé de voir quel peut bien avoir été le vrai motif de ces complications. Le même roi avait, comme je viens de le dire, un second tombeau à Abydos. Ici ce sont de longs couloirs, creusés dans la montagne en déviant fortement comme si, en déplaçant l'axe, on avait tâtonné à la reherche d'une roche plus résistante. Il faut l'attacher semble-t-il à cette sépulture souterraine les restes d'un temple, trouvés à quelque distance, sans qu'il y ait eu apparemment aucune communication entre eux. En réalité nous sommes déjà en présence du type de sépulture royale qui sera en usage au Nouvel Empire dès la

XVIIP dynastie. Les grands rois de cette époque auront une tunibe à couloirs et chambres creusés dans la montagne, ainsi qu'un temple funéraire à proximité de la vallée. Ainsi donc Sésostris II a deux sépultures : l'une du type de la pyramide, l'autre du type de l'hypogée, avec temple séparé. On se souviendra probablement que nous avons constaté précédemment que le roi Neterka-Zeser, de la fin de la III^ dynastie, avait aussi deux tombeaux, l'un du type du mastaba à Beit-Kallaf, l'autre qui tend au type pyramidal, à Saqqara. Chaque fois, nous assistons au passage d'un type architectural à l'autre et le roi, qui s'est fait construire deux tombeaux, en a voulu un de chaque espèce.

A proximité des pyramides royales et, le plus souvent, dans l'enceinte de celle-ci, il y avait de petites pyramides et des caveaux qui servaient de sépulture aux princesses et aux reines.

Tombes privées. — Le mastaba n'est pas abandonné dans les nécropoles entourant les pyramides, mais on le voit remplacé cependant petit à petit par les minuscules pyramides en briques.

Les princes féodaux, grands seigneurs des diverses provinces de Haute-Egypte, se sont fait creuser de vastes hypogées à proximité de leur capitale. Les plus importants sont ceux de Beni- Hasan, El-Berché, Siout et Assouan. Certaines tombes de Berché et de Bcni-Hasan datent déjà de la fin de la XI«^ dynastie; celles de Chnoum-Hetcp II, à Beni-Hasan, et de Tehouti-Hetep, à El-Berché, sont de l'époque de Sésostris II et Sésostris III. La disposition ordinaire de ces tombeaux est la suivante : la montagne rocheuse est taillée en une façade, tantôt simple, tantôt précédée d'un portique. A l'intérieur on trouve une ou plusieurs salles, dont le plafond est parfois supporté par des piliers ou des colonnes. Au fond est creusée la niche à statue. Quelque part, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur des chambres, est l'orifice du puits qui conduit à la chambre funéraire.

Rappelons d'abord le beau et simple portique de Chnoum- Hetep II avec ses piliers polygonaux à faces planes, dénommés parfois protodoriques (Art, pi. 31). Nous avons vu que les faces du piher polygonal peuvent être creusées à cannelures, par exemple au portique de Chnoum-Hetep IV. Au tombeau d'Amenemhat une grande salle est divisée en trois nefs par quatre piUers poly-

gonaux à cannelures, posés sur de larges bases rondes ; ils supportent deux poutres sculptées dans le rocher, mais imitant la disposition de l'architecture du bois (Art, pi. 127). Le plafond est voûté et nous avons ici manifestement la traduction dans la pierre d'une architecture en briques où les supports et les poutres maîtresses étaient en bois. Au fond s'ouvre la niche à statue. Dans le tombeau de Beni-Hasan n° 18, le plafond est supporté par plusieurs rangées de colonnes lotiformes (Art, pi. 128). La tombe étant inachevée, la base des colonnes est encore brute. Les colonnes florales sont censées soutenir tout un réseau de poutres constituant une charpente qui, au lieu d'être plane, détermine une toiture à deux versants. Nous avons eu l'occasion précédemment d'analyser la colonne lotiforme complète du tombeau de Khety et il n'y a pas à y revenir davantage, pas plus d'ailleurs qu'à la belle colonne dactyliforme du tombeau de Tehouti-Hetep, à El-Berché. Au tombeau de Sirenpet IL contemporain d'Amenemhat II, à Assouan, nous relevons l'influence des constructions royales. On entre tout d'abord dans une grande salle à piliers carrés, au fond de laquelle s'élève un escalier de neuf marches, conduisant à un long corridor, dans les murs duquel s'ouvrent des niches, qui contiennent chacune une grande figure du défunt. Cette disposition rappelle celle du temple de la pyramide de Sésostris I^' à Licht, mais les statues osiriaques de Sirenpet sont évidemment sans couronne royale. Au fond du tombeau se trouvent enfin plusieurs chambres, dont l'une sert de niche à statue.

Obélisques. — A part quelques obélisques de dimensions minuscules trouvés dans des tombeaux d'Ancien Empire et sans parler des grands obélisques solaires des temples de la Ve dynastie, le plus ancien monument de ce type remonte à la XIP dynastie. L'obélisque de granit de Sésostris I'^''^ gn même temps qu'il est la plus ancienne aiguille de pierre égyptienne, est à peu près le seul reste appai'ent d'im des plus grands monuments de l'Antiquité, le temple du soleil d'Héliopolis. Le pyramidion était autrefois recouvert de métal. Sur chacune des faces il n'y a d'autre décor qu'une inscription, en grands hiéroglyphes, donnant la titulature royale et indiquant que l'obélisque ^a été érigé à l'occasion de la première célébration par Sésostris I^'' de la fête de Heb-sed.

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A Bcgîg, dans le Faïyoum, se trouvent les restes d'un curieux pilier rectangulaire, en granit rouge, arrondi au sommet, de li mètres de hauteur et orné de scènes et d'inscriptions au nom du même roi Sésostris I'^''.

Colosses. — Egalement au Faïyoum, à Biahmou, on voit encore « deux grandes constructions en pierre de taille, qui ont l'aspect de pyramides détruites. Elles ont servi de socle à deux colosse en grès, du roi Amencmhat III. Le savant Père Vansleb d'Erfurt vit encore, l'an 1672, la partie inférieure de l'un d'eux ; Lcpsius et Pétrie en ont aussi trouvé des fragments. Chaque statue a du avoir, selon le calcul de Pétrie, une hauteur de 12 mètres. Pendant l'inondation, ces substructions étaient autrefois baignées par les eaux du lac Moeris : ce sont très probablement les deux pyramides mentionnées par Hérodote, qui se trouvaient dans le lac Moeris et dont chacune portait une statue assise d'homme, plus grande que nature ». (Steindorff, Baedeker, p. 190).

Lac Moeris et Labyrinthe. — Il ne sera pas inutile de dire ici quelques mots de ces deux travaux fabuleux, dont les auteurs grecs ont parlé avec tant d'admiration : le fameux lac Moeris, destiné à régler l'inondation du Nil et le Labyrinthe. « Ce sont là des légendes où la vérité ne tient qu'une place très mince, écrit Maspero. Le réservoir fameux... n'a jamais existé... Le Labyrinthe lui-même n'était pas ce palais merveilleux que nous décrit Hérodote ; c'est la ville qu'Amenemhat III fonda comme dépendance de sa pyramide et dont les ruines sont visibles près du village moderne d'Hawara ». {Histoire ancienne, Paris 1904, pages 131- 132). A lire la description du Labyrinthe par Strabon, après avoir étudié les temples des pyramides, on voit clairement qu'il s'agit du temple funéraire d' Amencmhat III et des édifices qui l'entouraient et servant probablement d'habitation aux prêtres. Voici en effet ce qu'il dit : « Près des écluses se trouve le Labyrinthe, construction qui peut rivaliser avec les pyramides, et à côté le tombeau du roi qui a construit le Labyrinthe. Quand on a pénétré dans le canal en bateau et qu'on a fait encore trois à quatre kilomètres, on arrive à une plaine en forme de plateau, où se trouvent un village et im grand palais qui se compose d'autant

de palais isolés qu'il y a eu de nomes autrefois. Car il y a tout autant de cours entourées de portiques, toujours contiguës l'une à l'autre, toutes d'une enfilade, et leurs murs de derrière forment une seule muraille, de sorte qu'on dirait que toutes les cours se trouvent devant une longue muraille. Les entrées des cours sont en face de cette muraille. Mais devant les entrées il y a quantité de longues galeries couvertes, qui s'entre-croisent et forment ainsi une route si inextricable, qu'aucun étranger ne saurait ni entrer dans les colonnades ni en sortir sans un guide. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que la toiture de chaque bâtiment ne se compose que d'une pierre et que, de même, chaque groupe de galeries couvertes a pour plafond une seule dalle énorme. Ni bois ni autres matériaux de construction n'ont été employés dans tout l'ensemble. Si l'on monte sur le toit, qui n'est pas très élevé puisque le tout n'a qu'un étage, on peut embrasser du regard la plaine de pierre formée par ces dalles gigantesques. Au contraire, si l'on en sort (c'est-à-dire des galeries couvertes), on peut les voir toutes d'une enfilade, chacune reposant sur 27 colonnes monolithes. Mais les murs aussi sont construits de blocs considérables. A l'extrémité de toute cette construction, longue d'environ 200 mètres, se trouve le tombeau, une pyramide à quatre faces, dont les côtés et la hauteur mesurent bien 400 pieds. Celui qui y est inhumé se nomme Imandés. Or les cours hypostyles ont dû être établies justement dans ce nombre, parce que d'après une ancienne coutume les notables de chaque nome, y compris les prêtres et les prêtresses, s'y rassemblaient pour sacrifier et rendre justice dans des cas d'une importance particulière. Chaque nome se rendait alors dans la cour qui lui était destinée ». On aura reconnu aisément dans les processions des notables de chaque nome, y compris les prêtres et les prêtresses, une explication plus ou moins mal comprise des reliefs de Nils et de porteurs d'offrandes.

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