ARCHITECTURE. GÉNÉRALITÉS
de kiosques légers avee murs (reiitrc-colounenient. Certaines de ecs images de magasins sont fort conijjliquées et offrent de sérieuses diffieultés d'interprétation. On peut citer, par exemple, vui ensemble de construetions délimitées par des murs en carré. A droite et à gauche, deux séries de chambres remplies de provisions ; au centre, un nouveau groupe de constructions disposées en carré avec pylône et portiques: mais le tout est si confus que la représentation a prêté à des re(;onstitutions diverses. Davies, qui a publié si soigneusement tontes les tombes de Tell-el-Amarna, a tenté une reconstitution qu'il est intéressant de comparer au dessin égyptien.
Architecture militaire. — C'est sous ce titre seul que l'on arrive à classer ime curieuse construction de Ramsès III, à Medinet Habou (Art, pi. (iO). En réalité, c'est la porte monumentale dans l'enceinte du grand temple. Dans les deux tours latérales, aux étages supérieurs, se trouvaient des appartements particuliers réservés au roi.
Ce monument a été l'objet d'une étude très soignée de la part de M. Hôlseher. Une grande porte, flanquée de deux corps de garde, s'appuyait à une muraille peu élevée. Le passage franchi, on voyait la haute tour s'élever hardiment en de»ix massifs, entre lesquels s'ouvrait, vers l'arrière, la porte proprement dite. Aux deux grands massifs de pierre s'appuyaient les hauts murs de brique ; c'est en brique également qu'était construite la partie interne des appartements dont il vient d'être question. Les reconstitutions présentées par M. Hôlseher sont fort intéressantes. L'architecte allemand signale dans la construction un artifice qui a' pour but de prolonger artificiellement la perspective, de manière à ce que le passage entre les tours parût beaucoup plus profond qu'il n'est en réalité. On y est parvenu, en interrompant les murailles latérales par vuie niche, au delà de laquelle le passage se rétrécit brusquement. Les deux mvu's latéraux paraissaient ainsi sur lui même alignement, l'interruption de la niche semblant beaucoup plus longue qu'elle n'est en réalité.
Dans le passage central, des socles, en saillie sur le mur, représentent des poitrines et des têtes d'étrangers vaincus : ce sont, croit-on. des consoles qui supportaient des groupes représentant
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le roi abattant ses ennemis. An temple de Medinct-Habou, sur le mur de façade du palais, le baleon était aussi orné de ehaque côté par des socles en saillie, identiques à ceux-ci et, cette t'ois, au lieu de sculptures en ronde bosse, on s'est contenté de basreliefs, disposés de telle manière que les pieds de la grande figure royale posent sur le^ têtes des ennemis écrasés.
Comme on l'a remarqué depuis longtemps, la haute porte de Medinet-Habou est le résultat d'une fantaisie royale. Le souverain a transporté sur les bords du Nil. à l'entrée de son temple funéraire, l'architecture caractéristique de-; l'orteresses chananécnnes, dont les reliefs historiques des temples donnent des représentations diver.ses. Nous en avons déj;") signalé un exemple en étudiant la composition des grandes figm-cs.
Temples. — Les temples des XVIIIe. XIX*" et XX»" dynasties sont fort nombreux. On peut les diviser, tout d'abord, en deux grandes catégories : temples des dieux et temples funéraires des rois.
Temple des dieu.r. — Ici, il est possible de distinguer plusieurs variétés: 1" Les temples du type solaire ancien, constitués comme on l'a vu d'une grande cour, dans laquelle se trouvent placés l'emblème sacré et l'autel. L'ensemble le plus important nous est uniquement connu par les représentations des tombeaux de Tellel-Amarna, que nous analyserons plus loin. Xous rencontrerons des réductions dé temples de ce type dans certaines annexes des grands temples, par exemple à Deir-cl Bahari, à Kourna et à Abousimbel. 2" On renconti-e ensuite les temples-chapelles d'un modèle simple, dont le petit monument d'Aménophis III, à Kléphantine, actuellement détruit, était l'exemple le plus clair. Son plan est peu compliqué. L'édifice, posé sur un socle, auquel on accède par un escalier, est formé en réalité d'une seule chambre avec portes aux deux extrémités, l^n portique entoiu'c le sanctuaire, un petit mur d'entre-colonnement constituant une balustrade, dans laquelle les piliers et les colonnes sont engagés. C'est déjà le principe des temples périptères des Grecs. Un monument du même genre, mais plus compliqué, se retrouve dans la partie postérieure du petit temple de Medinet-Habou; il est, de plus, suivi d'un groupe de six chambres. Des restes de constructions
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analogues ont été signalés en mukjiKs loealités, notamment à El-Kab. Il est probable que les édifices de ce genre étaient des reposoirs et bâtis en matériaux fragiles. De là, le petit nombre d'exemples qui ont survéeu.
3° La catégorie la plus importante est constituée par les grands temples complexes, dont les principaux, surtout au point de vue de leur conservation, sont Louksor et Karnak à Thèbes.
Temples des rois. — Les temples ou chapelles funéraires des rois répondent, comme destination, aux anciens temples des pyramides ; nuiis au Nouvel Empire on les a complètement séparés de la sépulture proprement dite, sauf peut-être le cénotaphe de Merenptali, à Ai)ydos. Les plus célèbres de ces temples royaux sont les monuments d'Hatshepsout à Deir-el-Bahari, de Séti !''■' à Abydos et à Kourna, de Ramsès II à Abydos et à Thèbes (Ramesseum), et de Ramsès III à Medinet-Habou. Certains temples royaux appartiennent enfin à un type en quelque sorte intermédiaire : ce sont des temples de dieux, mais le dieu qu'on y adore est le roi qui y reçoit un culte en même temps que les grandes divinités auxquelles il est associé. On peut rattacher à cette catégorie, par exemple, les temples de Ramsès II en Nubie: Abousimbel. Derr, Ouadi-es-Seboua, etc.
Lc^ temples, selon la disposition des lieux, sont, ou construits aans la plaine, ou adossés à la montagne (hémispéos), ou entièrement creusés dans celle-ci (spéos). Les leçons suivantes seront réservées à l'étude des principaux temples du Nouvel Empire.
Tombeaux royaux. — La forme de la pyramide est complètement abandonnée. .Vu Moyen Empire, Sésostris II avait déjà uii tombeau qui n'était plus une pyramide. Maintenant, les chambres funéraires des rois seront creusées plus ou mf)ins profondément à l'intérieur de la montagne. La célèbre gorge de Bibanel-Molouk renferme les sépultures des plus grands rois du Nouvel Empire. En pleine montagne déserte, brusquement un trou s'ouvre dans le rocher et conduit à tout un système de couloirs et de chambres : telle est la sépulture royale à laquelle les Grecs ont donné le nom de syringe (Art, pi. \ô7). I^a momie du roi une fois déposée dans sa dernière demeure, on murait soigneusement
l'entrée, ou bien on la fermait par des éboulis de roches et de gravier pour la dissinuder, espérait-on, à tout jamais. Les couloirs et les chambres sont creusées dans la montagne même. Le plafond des couloirs est plat ou voûté, les portes encadrées et surmontées parfois d'une corniche. Le tombeau tantôt se termine à peu de distance de l'entrée, tantôt s'enfonce profondément dans la montagne. Parfois il se développe régulièrement sur un axe ; quelquefois au contraire il s'infléchit dans plusieurs directions, cherchant, à des niveaux diflérents, à rencontrer un banc de pierre suffisamment résistant. Un élément fréquent de ces monuments est ce qu'on appelle la chambre du puits. Le couloir s'interrompt, en effet, par un puits carré, qui descend verticalement mais s'arrête à quelques mètres de profondeur. Les murs de la chambre sont ornés de bas-reliefs et d'inscriptions et l'on pourrait croire à première vue que le tombeau s'arrête là. Si l'on se fraie à coups de marteau un passage à travers le mur du fond, on retrouve un nouveau système de couloirs et de salles. Il semble bien que l'on ait affaire à un dispositif pour drainer les eaux qui pourraient s'infiltrer dans le tombeau et destiné en même temps à dérouter les violateurs de sépultures. Le sarcophage est souvent placé dans la seconde partie d'une grande salle que l'on appelait la salle d'or, présentant deux niveaux, et dont la première moitié a des piliers carrés. Tout autour, sont di.stribués des magasins en dimensions et en nombre variés, destinés au mobilier funéraire. Outre le Biban-el-Molouk, la montagne thébaine renferme une seconde vallée, que l'on appelle le Bibau-el-Harim, où l'on a trouvé des tombes de reines, de princes et de princesses. La disposition de ces monuments rappelle, mais en plus petit, les tombeaux royaux.
Tombes privées. — Suivant les circonstances, les tombes privées étaient construites dans la plaine ou creusées dans la montagne. Le plan ne diffère pas beaucoup de celui des monuments des époques plus anciennes. On y trouve une ou plusieurs chambres, quelquefois cependant des appartements plus compliqués avec chambres à piliers ou colonnes. Vers le fond, sinon tout à fait au fond, une niche abrite la statue, souvent sculptée dans la montagne même. Lin puits creusé à un endroit qui semble indifférent conduit au caveau.
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Parmi les tombes les plus importantes du Nouvel Empire on peut citer les sépultures des prêtres de Ptah de Memphis, ensuite les tombeaux dans la montagne à Tell-el-Amarna et à El-Kab, les tombes en briques dans la plaine thébaine et enfin les tombes creusées dans la montagne de Thèbes, en majorité dans la colline de Cheikh-Abd-cl-Kourna. La disposition habituelle des tombeaux de Kourna est la suivante : de la cour avec portique on passe dans une salle large, puis dans ime autre plus étroite et allongée, au fond de laquelle est la niche. C'est en réalité le plan en T dont nous avons relevé les origines dans les temples et les tombeaux de r.\ncien Empire.
Une façade de Tell-el-Amarua se présente d'une manière fort simple. Sur la surface aplanie du rocher on a taillé, en creux assez léger, une porte, dont le linteau plat paraît supporté par deux montants assez étroits. Une scène d'adoration au soleil est sculptée sur le linteau ; une prière et les noms et titres du défunt sont gravés en hiéroglyphes sur les montants. On a perdu le tore et la corniche en pierre rapportés qui coiu'onnaient la porte.
L'aspect des tombes construites en briques dans la plaine nous est connu principalement par des peintures de papyrus funéraire. On voit qu'il s'agit d'édifices manifestement dérivés du type des petites pyramides du ^loyen Empire. Le socle, encore assez bas dans ces derniers monuments, s'est développé en hauteur, tandis que la pyramide a diminué de plus en plus. L'ensemble nous apparaît, en définitive, comme une construction rectangulaire terminée par une corniche ; sur le toit est souvent posée une petite pyramide à angle aigu.
Le papyrus de Neb-Kcd donne un bon spécimen de ce qu'on pourrait appeler un tombeau schématique. Derrière la momie, devant laquelle un prêtre célèbre les rites funéraires, on voit la partie externe du tombeau, constituée par une construction rectangulaire posée sur un socle analogue à celui des maisons. La porte est représentée avec son battant ouvert ; sur le toit, tout à fait plat, se trouve l'hiéroglyphe de l'occident. Mais sous l'édicule extérieur le scribe a reproduit le tombeau souterrain : l'âme du mort, sous forme d'un oiseau à tête humaine, y descend par un puits, au fond duquel une porte conduit dans une première chambre avec table et chaise, puis dans une seconde servant de vestibule,
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enfin dans une troisième, la clianibre l'nnéraiie proprement dite. Là se trouve la momie couchée sur un socle ou peut-être lui lit l'unéraire. Une dernière cellule renferme du mobilier.
La montagne à Tell-el-Amarna était assez résistante pour que l'on ait pu y creuser des tombes spacieuses et bien déct)rées. On y rencontre de grandes salles supportées par plusieurs rangées de colonnes, toujours du type papyril'orme fascicule à chapiteaux fermés. Le toit est plat ou à double versant. Au fond est la statue. Parfois, elle est placée devant une niche assez plate, parfois elle est sculptée en ronde bosse au fond de la niche profondément creusée, à l'instar d'une petite chambre. Certains tombeaux ont une ampleur qui rappelle les salles hypostyles des temples. La dernière rangée de colonnes est quelquefois engagée dans un mur bas formant balustrade. Les poutres, copiées dans la pierre, semblent s'appuyer sur les colonnes ou reposer siu- des pilastres en saillie sur les murs latéraux. Sur le côté, on rencontre parfois des représentations de niches à décors à claire-voie. Quelque part dans le sol s'ouvre un puits qui dcNcend au caveau, à moins qu'or y accède par un escalier. Le mort mis en place, l'escalier ou le puits étaient évidenmient obstrués et cachés par une dalle, tandis que la chapelle restait accessible pour le culte funéraire.
A Thèbes, où la roche fort mauvaise s'effrite l'acilcnK-nt, on a pu très rarement faire des tombeaux aussi spacieux que ceux de Tell-el-,\marna. Le plus souvent même on n'a pas pu employer les parois rocheuses pour y mettre des l)as-reliefs. Pour en avoir, on revêtait l'excavation de blocs de calcaii'c, ou bien on la recouvrait d'un enduit lisse sur lequel étaient peintes des scènes semblables aux l)as-reliefs scidptés et coloriés. Nous étudierons plus tard ces bas-reliefs et ces peintures. Pour le moment, il suffira d'attirer l'attention sur les plafonds qui copient les décors de nattes ou de tapis (Art, pi. 77). Dans le caveau souterrain d'un Senuefer, peut-être à la suite de l'éboulement de la voûte, on a eu l'idée ingénieuse de tapisser toutes les anfractuosités de celle-ci d'un décor imitant ime vigne étalant partout ses branches et ses grappes.
Nous avons déjà mentionné des stèles de tombeaux thébains, avec imitation de décors à claire-voie sculptés ou peints, et certain tombeau nous a montré aussi l'image de la stèle simple de l'Ancien Empire, sans aueiuie altération de ses formes.
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De luême que le- jardin itait un éltiiu-nt qui paraissait indispensable aux maisons des vivants, les textes prouvent ciu'il y avait aussi des jardins luiK-raires dans la nécropole. On souhaite au mort de pou\()ir s'asseoir auprès du l)assin qu'il a erc\isé, à l'ombre des arbres qu'il a plantés.
A ce propos, il est bon dt- souligner que l'on possède povu' l'époque du Nouvel Empire de nombreuses inscriptions architecturales. Sur ce point, on pourrait utilement consulter les textes traduits dans les Aneient Reo^rds de Breasted.