‹ Leçons sur l'art égyptienChapitre 41 sur 63 · STATUES DE REINES ET STATUES PRIVÉES · texte numérisé non relu

STATUES DE REINES ET STATUES PRIVÉES

a été cxécTité par deux sculpteurs attachés au temple d'Amon et qui portaient le nom de Aniennies et Djed-khonsou. Legrain a signalé la grande analogie que présentait ce groupe et surtout la figure de la t'enuiie avec le groupe de Thoutniès IV et de sa mère Tiaa. Il l'aut en rapprocher également le groupe d'Ahmes et Baketre, de la collection Sabatier, à la Glyptothcquc Xy-Carlsberg à Copenhague.

Le Musée du Caire possède deux fragments d'un très beau groupe de la ])remière moitié de la XVIII^ dynastie, par malhou-, affreusement mutilé. La tête de l'honimc, malgré ses détériorations, se recommande par la perfection du travail. I/a perruque caractéristique est identique à celle du vizir Ouser.

Le groupe de Zai et Xai, du même Musée, date au contraire du commencement de la XIX*" dynastie (Art. pi. (\9). La tête de rhonime se ressent du coin-ant artistiqvie tic la lin de la XN'III'" dynastie : c'est la même finesse, la même grâce un peu maniérée que dans les statues d'Horcmheb, par exemple. Il semble, à comparer plusieurs ligures de cette époque, que les sculpteurs soient arrives à simplifier leur travail en adoptant une formule générale dont ils s'écarteront le moins possible. Ainsi semble-t-on rencontrer un phénomène opposé à celui qui nous a frappés sous r,A.ncicn Empire. A cette époque, en effet, les différentes statues d'un même personnage étaient parfois différentes l'une de l'autre, tandis que maintcjiant ce seront les statues de différents personnages qui seront quasi identiques. Les ateliers arrivaient donc à produire par douzaines des œuvres qui se recommandent toutes par les mêmes qualités et où l'on croirait trouver, si l'on se bornait à un examen sonniiaire, le même personnage représenté à de multiples épreu\es. Comparez à la tête de Zai la jolie tête de prince du Musée de Bruxelles ou encore le Meri de Leyden. Dans le profil de la tête de Bruxelles on retrouve manifestement quelque chose de l'art d'Aménophis IV. à la façon dont le menton se projette en a\'ant.

Le tombeau de Meri, dont les statues se trmnent à Lciden, a fourni plusieurs sculptures : c'est d'abord un groupe de Meri et de sa femme Maia, assis côte à côte ; ensuite les statues séparées de Meri et de sa fenniie. Celle-ci a une chevelure très abondante ; les mèches tombent de chaque côté de la figure et descendent à

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peu près jusqu'au ventre. De plus, deux grosses mèches en boudins encadrent l'ovale du visage jusqu'à la naissance du cou. On retrouve le même détail de chevelure dans l'admirable toi'se de femme du Musée de Florence, qui, par sa beauté et sa noblesse d'expression, compte parmi les œuvres les plus remarquables de la sculpture égyptienne. Bien qu'aucune inscription ne vienne nous aider à le dater, il semble qu'il appartienne à la XIX^ ou à la XX* dynastie. C'est vers la même date probablenient que se place le groupe du piètre de Ptah Ptahmai, au Musée de Berlin (Art, pi. 168). Le prêtre est assis entre deux femmes de sa famille qui le tiennent, l'une par l'épaule, l'autre par la taille. Les personnages se tiennent à quelque distance l'un de l'autre, de façon à insérer entre eux deux petites figures encore, d'im homme et d'une femme, qui sont posés deljout contre la partie antérieure du siège. Le groupe est bon, mais l'exécution est loin d'atteindre la finesse de plusieurs des pièces que nous venons de voir. On remarqueia que le prêtre apparaît ici la tête entièrement dégagée de toute espèce de perruque ; il est absolument rasé, comme le sont les statues plus récentes. Citons encore un fragment trouvé par Mond dans le déblaiement dvi tombeau de ]\Ienna, mais dont la date n'est pas fixée d'une manière précise (Art, pi. 167). On regrettera peut-être que le sculpteur ait donné à cette délicieuse figurine de femme des yeux démesurément grands qui lui enlèvent une partie de son charme.

Nous pouvons examiner à présent quelques statues et statuettes de scribes. Au temple de Karnak, au pied d'un colosse de Ramsès IL se trouvent quatre statues représentant chaque fois, en deux exemplaires, deux grands personnages de la XVIIl*' dynastie: Paramessou et Amenhetep, fils de Hapi. Les deux statues, posées l'ime à côté de l'autre, sont absolument identiques. Nous avons rencontré déjà de nombi-eux cas de cette curieuse habitude, sans pou\oir en donner une explication absolument concluante. Si le masque de Paramessou n'offre rien de particulièrement remarquable, il n'en est pas de même pour Amenhetep, fils de Hapi, dont on connaît de nombreuses statues. Ce personnage était ministre d'Aménophis III et, manifestement, dans la statue de Karnak qui nous occupe pour le moment, on relève dans l'expression de la figure les traces de la tendance artistique de l'époque

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