‹ Leçons sur l'art égyptienChapitre 43 sur 63 · STATUES DE REINES ET STATUES PRIVÉES · texte numérisé non relu

STATUES DE REINES ET STATUES PRIVÉES

un socle de statue. C'est à peu près le thème de Kennou et Ramsèsnekhtou offrant chaoun une triade divine. Ipoiii présente de la même manière une statue de eynt)ecpliale. Le prêtre, vêtu ici de la peau de panthère, nous apporte un nouvel exemple d'un crâne absohnnent rasé et, cette tête bien modelée, montre les sculpteurs s'engageant dans une voie qui leur fera produire des chefs-d'œuvre à l'époque saite. Une statue au Musée de Leiden montre vm personnage assis siu' un siège et tenant entre les mains un groupe détachable de deux statues divines. On peut noter ici un détail amusant, rarement traduit par les sculpteurs, mais fréquent dans les peintures et les bas-reliefs. Au pied de la chaise, à l'endroit où dans les groupes de famille on trouve des figures d'enfants, on voit ici im singe apprivoisé servant à distraire son maître.

Certaines statues de femmes se rangent aussi dans la série des offrants. Une pièce dont la provenance m'est inconnue montre la dame debout. tenant à côté d'elle un pieu sacré surmonté d'une tête de déesse. Il semble bien, par l'inscription, qu'il s'agit d'une œuvre de l'épixpic dv Ramsès II.

Figurines en bois. — Les statuettes de bois devaient être en nombre considérable, à en juger par la quantité énorme de débris que Legrain a trouvés à Karnak. Les musées peuvent en montrer quelques rares exemplaires, mais ils comptent certainement parmi ce que l'art égyptien a laissé de meilleur. On, placera hors pair la dame Toui, du Musée du Louvre (Art, pi. 70) ; on regrette toutefois que le sculpteur n'ait pas détaché le bras droit tombant le long du corps. Le Louvre s'enorgueillit de posséder encore la dame Nai, et deux figures d'iiommes, dont l'une appartient à la série des statues d'offrandes. Que l'on regarde ensuite une figurine d'honnne du Musée du Caire, si dégagée d'allure, si vivante que l'on ne trouve à lui comparer que des œuvres de la sculpture japonaise. Comme on sent bien ici que le ciseau du sculpteur n'était retenu par rien et qu'il fouillait la matière au point de hii faire rendre toutes les vibrations de la chair vivante. Les plis de l'étoffe sont également indiqués avec beaucoup de bonheur, bien qu'avec un peu trop de régularité. A ce ])oint de vue, on pourrait préférer peut-être la statuette du Musée de Bruxelles où le sculpteur a fait mourir d'une manière parfaite les plis de la partie antérieure du

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pagne tendu sur la cuisse. Nous nous étonnii>ns il y a lui instant que dans la dame Toui le sculpteur n'ait pas dégagé davantage son œuvre. On pourrait croire que nous avons ici affaire à un procédé inverse de celui rpie nous avions noté aux époques anciennes. En effet, nous sommes partis de l'idée que les sculptures étaient conçues avant tout dans une matière assez souple, comme le bois ou le métal, pour pouvoir dégager hai-diment tous les membres. Ce n'est que quand on traduisait les mêmes formes dans la pierre qu'il fallait nécessairement recourir au truc des tenons et des soutiens. Mais on peut parfaitement imaginer qu'à un moment donné on a fait en bois des diminutifs de statues de pierre, sans éprouver le besoin de modifier les formes. C'est ce qui explique par exemple que dans une statuette, fort belle d'ailleurs, du Musée de Leiden entre le bras et le corps on a laissé une masse de bois dont la présence n'a aucune raison d'être (Recueil, pi. 81). Poin-quoi n'a-t-on pas dégagé le pieu que tient le personnage et laissé voir la lumière entre celui-ci et le corps ? C'est vraiment qu'on aura voulu faire en bois ime réduction servile des grandes statues de pierre.

Au terme de l'étude des statues, on pourrait ajouter comme corollaire l'examen de ces pièces d'art industriel qui sont dignes d'être rattachées à la grande sculpture : les figurines porte-vases. I.e thème général est l'esclave, homme ou femme, portant sur l'épaule ou la tête un vase à fard. Le Musée de Leiden en a trois exemplaires particulièrement intéressants. Pour l'un d'entre eux, l'artiste ne s'est pas soucié de répartir l'équilibre de chaque côté de la perpendiculaire. Une figurine d'ivoire ajoute un détail : un singe familier a bondi, en quelque sorte à l'assaut du vase, et s'accroche à l'un des bras de la porteuse. Le chef-d'œuvre de cette série est au Musée de Liverpool, représentant un vieil esclave supportant avec peine sur ses épaules décharnées le poids d'un vase énorme (Art, pi. 80). Voyez comme sa main droite relève la panse du vase de manière à soulager l'épaule, tandis que le bras gauche replié et le poing serré bandent tous les nmscles pour donner le plus de résistance possible au dos. La jambe, elle aussi, a une ligne bien étudiée ; elle assure chaque pas avant d'en risquer un suivant. On a presque le sentiment que c'est à travers ces œuvres industrielles minuscules qu'il faut aller rechercher la capacité réelle

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