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CHAPITRE III LA HAUTE-EGYPTE PRIMITIVE

La leçon précédente a permis d'entrevoir quelques-uns des sommets les plus élevés auxquels l'art égyptien atteignit au cours de son histoire. Il faut maintenant, au contraire, que nous nous reportions aux documents les plus modestes, les plus rudimentaires révélés par les sépultures archaïques.

Il y a environ vingt ans que Pétrie a trouvé les premiers tombeaux d'un type spécial, qui intrigua pendant un temps les archéologues. Ils se présentaient sous l'aspect d'une fosse plus ou moins régiilière, creusée au désert, et dans laquelle le corps était placé dans une position différente de tout ce que l'archéologie funéraire ég\'ptiennc connaissait jusqu'alors. A côté du cadavre étaient disposés des objets mobiliers plus ou moins abondants, dont les types ne se rattachaient à aucune des séries connues. On hésita quelque temps dans l'attribution de ces sépultures à une époque précise de l'histoire égyptienne ; puis, les documents se multipliant, on reconnut qu'on avait à faire aux plus anciens tombeaux des habitants de la vallée du Nil.

En voici quelques types. Dans l'un, le cadavre contracté, les genoux repliés vers la poitrine, les mains ramenées vers la figure, avait été enveloppé dans une natte et placé dans une cavité plus ou moins ovale. Dans un autre la fosse est rectangulaire : le mort est couché comme d'ordinaire sur le côté gauche, dans la position qui vient d'être décrite et, autour de lui, se trouvent disposés des vases de types divers, destinés à contenir des aliments funéraires. Parfois le corps, préalablement décharné, a été placé dans une cuve en terre cuite, dans laquelle se trouvent également les objets constituant le mobilier. Le cercueil en poterie ou ciste n'occupe parfois qu'une partie de la fosse, le mobilier étant alors disposé partie dans la ciste, partie au-dehors. La fosse, qui prend ailleurs des dimensions plus considérables, est divisée en plusieurs

compartiments : le plus grand est alors la chambre funéraire propi'enient dite, les autres constituent le magasin du mobilier et des offrandes.

Dès que la <létcrmination de l'époque à laquelle il convenait de placer ces tombeaux fut admise généralement, on chercha à les classer en une succession chronologique. Le Professeur Pétrie, dans son livre sur Diospolis put, grâce à l'abondance des matériaux qu'il avait découverts et grâce surtout à la minutie qui avait présidé à leur exhumation, établir les bases d'ime chronologie relative des tombes primitives.

Il distingua un certain nombre de tranches, caractérisées par des chiffres de 30 à 80 et qu'il appela des « dates de succession » (Les chiffres antérieurs à 30 étaient réservés à des découvertes éventuelles de sépultures encore 'plus anciennes).

Le développement général de la civilisation révélée par cette étude montrait qu'il y avait lieu de distinguer deux périodes. Cela ressortait principalement de l'analyse des céramiques qui étaient, comme on l'a vu. particulièrement fréquentes et offraient une série suffisante de variétés distinctes. La première période est caractérisée par les poteries à fond rouge, tandis que dans la seconde période on rencontre surtout des poteries à fond clair.

Il est indispensable d'examiner ici, au moins brièvement, quels sont les différents types céramiques.

A fond rouge : la coloration est obtenue par une couverte d'hématite, qin donne à la cuisson un rouge assez vif. Il y a lieu de distinguer les vases appelés k black topped », c'est-à-dire dont la partie supérieure est noire, des vases à surface rouge pohe (red polished). La coloration noire du bord est produite par la réduction de l'hématite sous l'influence de l'oxyde de carbone, dégagé par la'combustion incomplète du bois au cours de la cuisson. Pétrie a appelé « cross lined » des vases rouges décorés de peintures en couleur blanche, caractérisées le plus souvent par des motifs s'entrecroisant en lignes droites.

A fond clair : On trouve dans cette seconde catégorie les vases appelés « wavy handled, decorated, late et rough faced ». Les premiers tirent leur nom de ce que le potier a fixé à la panse du vase, vers l'endroit où celui-ci est le plus large, une pincée d'argile

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