I.F.S AHTS Dl'.COHATIl'S ivr IN'mTSTRIKI.S. I. ir
Celui qui \ eut avoir une idée de la splcndeiu" des pièces de mobilier ira eiicrclur ses exemples dans le caveau mortuaire de Youaa et Thouiou. le père et la mère de la reine Tii. En effet, on y a retrouvé toute une série de meubles qui ont réa])paru au jour avec une fraîcheur de conservation vraiment étonnante. Citons d'abord VU! lit d'une élégance de ligne sans égale ; les pieds, suivant la tradition (pii remonte ;i la I''*' dynastie, sont des pattes de lion. La partie sur la(]uelle on se couche est un cadre en bois renforc-(' de plaques métalliques et dans lequel est tendue une armature de cuir. La partie que nous serions tentés d'appeler la tctc du lit représente en réalité les pieds; des panneaux à reliefs, recouvci'ts de feuilles d'or, sont décorés de dieux Bès et des déesses Thoueris, destinés à apporter leur protection au dormeur. Des pièces d'angle viennent donner une solidité particulière à tout l'assemblage. Prenons ensuite un l'auteuil au dossier et aux appuis latéraux t)rnés de bas-reliefs (Art, pi. 78). C'est ici <|ue nous avons rencontré ])réeédcnmicnt les Bès dansant et jouant du tambourin (Art, ])1. 180). I>es têtes de lion que l'on s'attendrait à trouver à l'avant du siège sont remplacées par des appliques en métal figurant des bustes de princesses. Un dispositif particulier avait été imaginé pour donner une inclinaison suffisante au dossier sans compromettre la solidité des assemblages. Que l'on remarque sur les pieds les indications de nervures, stylisation des muscles que nous connaissons déjà depuis la P"^ dynastie. Sur ce meuble également on constate des pièces d'angle en l'orme d'équerres. Mais, comme Pétrie l'a remarqué, pour que ces pièces aient de l'efficacité il fallait les travailler suivant le fil du bois ; pour cela on surveillait la croissance de l'arbre et, en le pliant, on lui faisait prendre la forme désirée pour que la pièce de renfort fût assez solide, sans être toutefois trop rigide. Un autre fauteuil a encore mi grand dossier et des appuis, mais cette fois ils sont complètement ajourés (Art. pi. 181). Dans le fond nous retrouvons le dieu Bès et deux déesses Thoueris; sur le côté il y a d'abord des signes magiques posés sur l'hiéroglyphe de l'or, ensuite une antilo])e s'agenouillant et dans la partie qui remonte vers le dossier un motif floral. L'ensemble est très heureusement combiné et donne une impression d'élégance et de légèieté. La même tombe a encore fourni un char absolument complet, au sujet duquel nous aurons
à revenir tout :i l'heure. Un autre char, conservé au Musée de Florence, ne présente pas grand'chosc d'important au point de vue artistique, mais il est une preuve de l'habileté extraordinaire des Egyptiens dans la courbure des bois. On ne trouve à y comparer que les meubles modernes dits viennois.
Le hasard des découvertes a fait sortir des tombeaux toute une série de meubles, peut-être moins précieux que ceux de Youaa etThouiou,mais dont quelques-uns apportent cependant des types intéressants. Le Musée du Caire en possède une importante série. On peut y voir mie bonne chaise. ])rol)ablement d'origine thébaine, meuble bien compris comme construction et bien proportionné, que l'on pourrait copier sans devoir y apporter aucune modil'ication. La chaise de campagne, sous forme de pliant, réapparaît souvent. Le Musée du Caire montre également un exemplaire remarquable. Les traverses disposées en forme d'X se terminent vers le bas par des têtes de canards à incrustations d'ivoire. Les canai'ds semblent saisir dans leur bec les deux traverses latérales qui posent sur le sol. C'est une idée ingénieuse. Le menuisier l'a cependant poussée trop loin en terminant aussi les traverses posées horizontalement par des têtes de canards qui se retournent, et ceci est certainement moins heureux.
A côté des meubles réels il faut faire une place à de faux meubles, des meubles « en toc » qui étaient exclusivement fabriqués povu' les besoins funéraires. Faits en matériaux de mauvaise qualité ils sont d'une construction si légère qu'ils s'écraseï aient si l'on voulait s'en servir, mais ils ont néanmoins la prétention d'être d'une grande richesse. Dans le tombeau de Sennezcm, une chaise en bois peinte en blanc a, sur le dossier, une imitation d'un assemblage de pamieaux. un travail qui copie manifestement la marqueterie. Sur le siège, lui tissu recouvert d'une mince couche de stuc est orné de fleurs et de grappes de raisins, imitant une étoffe. De tels meubles nous donnent simplement une idée plus ou moins lointaine des objets réels dont ils sont le décalque à l'usage des morts.
Les Egyptiens n'ont pas connu de meuble (jui corresponde à nos armoires : ils les remplaçaient par des coffres de formes différentes, souvent au couvercle bombé. Lorsqu'ils n'étaient pas de trop grandes dimensions on les surélevait sur des pieds, souvent
LES ARTS DÉCOItATIFS l'.T INnUSTRIKLS. 1. 15!»
fort peu élevés, par excnij)!»' le oolTrct à peintures du Musée du Caire, signalé précédemment. D'autres fois les pieds élèvent le coffret à ime liauteur telle, que l'on pourrait comparer l'ensemble à nos tables à ouvrage. Dans ce cas, comme le poids se trouvait à la partie su])érieme et risquait de disloquer facilement l'asseml>lage. on le renforçait par im système de traverses. La tombe de Youaa et de Thouiou avait deux beaux coffrets au nom d'Amcnopliis III, dont k- décor est composé en majeure partie de signes hiérogiyi)iiiques exprimant des souhaits (Art, pi. 182). 11 faut voir (me planche en coulem- jxmr se rendre compte de la beauté de la décoration de ces coffrets, où l'on a imité les décors à jovu' et les incrustations de matières précieuses. Tous les coffrets égyptiens ont, à la partie su])érieure, des boutons qui servaient à assujettir le couvercle au moyen d'un lien scellé. Dans les bas-reliefs et les peintures on \(>it souvent figuier des tal)lcs, des supports de vases, dont quelques spécimens ont été trouvés en nature, mais dont aucun ne présente un intéi'êt particulier.
Nous pouv()ns passer maintenant à ime catégoiie d'objets mobiliers d'une dimension beaucoup plus petite. Ce sont des l>oîtes, coffrets de toilette ou lioîtes à jeux, dont plusieurs sont décorées d'incrustations en ivoire ou en bois d'essences différentes. Quelquefois on y insérait des plaquettes en ivoire déccn-ées d'ime gravure à la pointe. On peut citer une jolie petite table à jeux trouvée à Thèbes, avec toute la série des pions en os terminés à la partie supérieure par des têtes d'animaux. Une charmante boîte il miroir de la princesse Ilenttaoui iniite dans son contour la forme générale du disque de métal avec son manche ; le couvercle est décoré d'incrustations et de gravures d'un dessin d'in\e grande élégance. Un petit coffret en bois du tombeau de Sennezem imite, par la peintm-e, des décors à panneaux et des assemblages de ujarqueterie, tandis que le couvercle est orné de deux tableaux montrant l'un, un veau galopant, et l'autre une antilope qui se dresse devant un arbre. Ce n'est évidemment qu'un objet mortuaire, mais il nous laisse soupçonner un prototype qui devait être vraiment fort joli.
On a signalé dans diverses collections des petites boîtes en forme de cylindre ou de demi-cylindre, ornées sur leurs parois extérieures
(le renia r(iual)k's décors (hms Icscjuels on avait vonln rt-tronver une inl'lucncc de l'art mycénien. La svn'face de la boîte est ornée de panneaux carrés ou de Ijandes rectangidaires, encadrés de motifs composés de lijfncs en zigzag ou d'éléments floraux. Des pâtes de coulein-s étaient incrustées dans les fonds. Dans les panneaux on trouve souvent des dessins d'animaux, félins à, la poursuite de veaux ou d'antilopes, ainsi que des chiens. On peut citer parmi les meilleiu's exemples les spécimens du Musée de Munich (Recueil, pi. 40) et de la collection ]\Iac Gregor. Le Musée du Louvre possède une lîoîte cylindrique (jui est ornée au contraire de figures de jeunes filles jouant de la musique.
Parmi les objets de toilette relevant de l'art industriel, nous avons signalé des figurines d'honuiics et de femmes portant des vases ou des récipients à fard. Dans cette série, une place revient à la représentation du dievi Bès : laid, grimaçant et contrefait à souhait, au corps en creux servant d'étui. Il y a également de petites boîtes en forme d'oiseaux, représentés nageant, et dont les ailes qui pivotent permettent de découvrir la cavité. Ce dernier type est combiné parfois avec une figure de jiune fille qui nage et qui a saisi le canard par les pattes ou par la queue. Ces iigurines de nageuse sont souvent sculptées avec une rare perfection. Le seul reproche qu'on puisse leur faire est peut-êti'e d'avoir levé la tête vui peu trop, presque à angle droit sur la colonne vertébrale.
Tous ces sujets ont été aussi interprétés en relief, découpe et ajouré, sous forme de ce qu'on appelle des cuillers ;i fard. On revoit l'homme ou la femme tenant sur ses épaules un granil vase ; ces petits ustensiles ont d'ailleurs des formes très variées. Il est regrettable qu'on ne puisse arriver à les dater avec précision. Le tombeau de Hâtai, du conmicnccment de la XVIIP dynastie, a donné au Musée du Caire ime boîte en forme d'un honmie agenouillé tenant un vase sin- l'épaule, et aussi une cuiller en forme d'un élégant boucjuet orné d'incrustations d'ivoire et terminé à la partie supérieure ))ai' une feuille qui servait de récipient pour les parfums. C'est à. peu près le seul cas où la pi'ovenance d'objets d(.' ce geiu'e a été signalée. La ])lu])urt des pièces de nos grands musées viennent de l'exploitation des nécropoles thébaincs dui'ant la première moitié du XIX^ siècle et elles sont sans indication exacte d'origine. Le British Muséum et le Louvre ont
recueilli le plus grand nombre des jxtits objets de ec genre. Les motifs les plus Iréquents sont les bouquets, dont la partie supérieure est parfois fermée par »me plaquette moljile qui joue le rôle de couvercle. Il y a des cuillers représentant le dieu Bès, par exemple dans la collection Pétrie à Londres (Recueil, pi. 70). Le dieu est deux fois répété, tenant en main une touffe de papyrus ; la cavité supérieuie, de forme ovoïde, avec les ajoutes transversales détermine dans l'ensemble la forme du signe de vie. Dans la même collection Pétrie, une cuiller, dont le dessin général est analogue, nous montre dans le bas une jeune fille nue jouant d'un instrument de musique et qui navigue au milieu des plantes marécageuses. Il est assez curieux de constater que l'on faisait monter les tiges de lotus aussi haut que celles du papyrus. La music'ennc est dans une barque tout à fait minusc(de et qui n'a évidemment qu'une valeur indicative. En dessous, des lignes en zigzag (mt la prétention de représenter les flots et un dernier registre nous montre des poissons. Sur une cuiller du Britisli Muséum une autre jeune fille manœuvre une barque au moyen d'une gaffe. La partie supérieure est plus chargée et détermine deux cavités en forme de fleurs. Le même musée possède vme cuiller en forme de chien nageant à la poursuite d'un poisson qu'il saisit par la queue. Le Louvre peut exposer une série unique de ces petits objets de forme florale ou avec figiu-ations humaines. 11 y en a une, toute simple, qui se borne à montrer une fleur et deux boutons de lotus avec leurs tiges enroulées. Une autre donne comme support à une cavité, en forme d'une petite auge, une sorte de palmette qui doit peut-être son origine à une influence orientale. Maspero a publié dans les monuments antiques de Rayet les cinq plus belles cuillers des séries du Louvre et l'on pourrait dire probablement les plus belles du monde (Art, pi. 79). Voici comment il les a décrites : « La première a pour manche une jeune fille perdue » dans les lotus ^t qui cueille un bouton ; une botte de tiges, » de laquelle deux fleurs épanouies s'échappent, rattache le » manche au bol, dont l'ovale tourne sa rondeur au-dehors, sa » pointe à l'intérieur. Sur la seconde, la jeune fille est encadrée » de deux tiges fleuries de lotus et de papyrus, et elle marche en >> jouant d'une guitare si long manche. La cuiller suivante substitue » à la musicienne une porteuse d'offrandes, et la quatrième
» a sa musicienne debout sur une barque qui vogue entre )) les roseaux. La dernière a la i'ornic d'un esclave qui marche h » demi courbé sous un sac énorme. Rien de plus heureux que le » dessin général de la décoration : les artisans ont apporté à son » exécution autant de conscience et d'ingéniosité que les sculpteurs » en apportaient aux statues colossales. Les quatre jeunes filles » ont chacune leur physionomie et leur âge bien caractérisés. » Celle qui cueille des lotus est de condition ingénue, comme » l'indiquent sa cheveluie nattée avec soin et sa jupe plissée ; » les dames thébaines étaient vêtues de long, et celle-ci ne s'est » troussée haut qu'afin de pouvoir aller dans les roseaux sans trop » salir ses atours. Au contraire les deux musicieimes appartiennent » à la classe inférieiue ; l'une n'a qu'une ceinture autoiu- des » hanches, l'autre qu'un cotillon court, lié négligemment. La » porteuse d'offrandes a la tresse, dont on coiffait les enfants, )) pendant sur l'oreille, et sa ceinture est son seul vêtement ; » c'est une de ces adolescentes minces et effilées comme on en voit » beaucoup chez les fellahs des bords du Nil et sa nudité ne l'em- )) pêche pas d'être de famille honnête : les enfants des deux sexes » ne conmiençaient à s'habiller que vers l'Age de la puberté. » Enfin, l'esclave avec ses lèvres bouffies, son nez plat, sa mâchoire » bestiale, son front déprimé, sa tête en pain de sucre, est évidem- » ment la caricature d'un prisonnier étranger ; la mine abrutie » et consciencieuse avec laquelle il soulève son faix est fort bien » rendue, et les saillies anguleuses du corps, le type de la tête, » l'agencement des diverses parties rappellent l'aspect général » de certaines terres cuites grotesques qui proviennent de l'Asie » Mineure ». (Maspero, Essais sur l'Art égyptien, pp. 241 et s.). Parmi les objets de toilette on peut encore citei quelques peignes en bois ornés de figures d'animaux ou de décors flofaux, quelques épingles de coiffures surmontées de figurines. Enfin, nous ne pouvons quitter l'étude du bois sans rapjjeler la perfection dont témoigne l'exé^-ution d'un certain nombre de cercueils de momies, dont nous :Avons eu l'occasion de signaler les masques à propos de la sculpture.
Vannerie. — S'il faut en croire les bas-reliefs et les peintures, les nattes et les paniers de toutes formes devaient être d'un usage
fréquent, bien que les olijets en nature soient aetuellenient très rares. Cependant le Musée du taire possède le siège d'une chaise entièrement laite en vannerie, tout à fait analogue comme technique à nos meubles en rotin. Sur les faces externes un panneau central est formé d'une série de tiges verticales. L'espace à droite et à gauche est occupé par des tiges entre-croisées, ce qui est la reproduction des asseml)lages en bois. Mais pour donner plus de soutien à l'ensemble il a fallu disposer d'un côté à l'autre, par le centre, un grand nombre de tiges qui s'enchevêtrent d'une manière fort compliquée. On possède quelques coffrets en vannerie, les uns de petites dimensions, les autres de la grandeur d'une malle. La tombe de Vouaa et Thouiou a donné aussi un grand coffre à perruque.
Tissage. — Dès les plus anciennes époques les Egyptiens s'entendaient à tisser des étoffes d'une grande finesse, et les musées en possèdent des exemplaires étonnants. Au Nouvel Empire les documents datés sont très nombreux, grâce aux spécimens retirés des momies royales déroulées. On y a trouvé des étoffes de toutes espèces, depuis les plus grossières jusqu'aux mousselines d'une extrême ténuité. Le plus souvent elles sont d'une seule couleur ; exceptionnellement il y a une bordure de quelques centimètres, à motifs simples. Les vêtements que l'on a retrouvés sont généralement unis, mais cependant dans un important tombeau thébain conservé au Musée de Turin, et qui n'est pas publié, il y a des robes à motifs multicolores. Des fragments découverts dans le tombeau de Thoutmès IV et dont l'un porte le nom d'Aménophis IL nous révèlent l'existence de tapisseries. Le fond du tissu est semé de campanes de papyrus et de la soidisant fleur de lis, représentant par conséquent la Haute et la Basse- Egypte. Une inscription donne le cartouche royal flanqué de deux serpents et sur le bord se trouve une frise de lotus. La chaîne de cette tapisserie a 60 fils au pouce ; la trame est plus épaisse ; le travail a été exécuté sur un métier vertical qui donne un aspect identique sur les deux faces ; les couleurs employées sont le rouge, le bleu, le vert, le jaune, le brun ou noir et le gris. Des tapisseries de l'espèce étaient probablement employées comme tentures et les motifs peints sur les murs ne font que nous en
donner un décalque fidèle. Dans la représentation d'une maison thébaine que nous avons examinée précédemment, il semble bien qu'une tenture de l'espèce soit suspendue au portique. On a reconnu un procédé partievdicr, connu sous le nom de tissage aux cartons, dans les ceintures que p()rtent les rois. Plusieurs statues de Thoutmès ITI au Musée du Caire en montrent divers types allant des lignes en zigzag à la combinaison des losanges. Une importante pièce du Musée de Liverpool, dite écliarpe de Ramsès III, mais dont la date n'est pas assurée, serait aussi un bel exemple du ]n-oduit de ce tissage spécial.
Cuir. — Dans plusieurs tombeaux du Nouvel Empire on a trouvé du cuir décoré ; on en faisait des boîtes, des carquois, des sortes de brassards, et ils dénotent une habileté très grande dans le travail du repoussage. La surface des objets était ornée de décors à motifs floraux ou à scènes d'animaux. Les fragments retrouvés sont suffisants pour ne pas hésiter à reconnaître l'imitation de la technique des cuirs repoussés dans le revêtement de la caisse de char de Youaa et Thouiou. Celle-ci. en réalité, est faite en étoffe recouverte de stuc, puisqu'il s'agissait vraisemblablement d'un char destiné à la tombe. C'est également le travail du cuir qui a suggéré le somptueux décor de la caisse du char funéraire de Thoutmès IV, avec les grands tableaux historiques mentionnés précédemment.
Dans la célèbre cachette des momies royales de Deir-el-Bahari, Emile Brugsch a ramassé, roulée en un paquet, une tente funéraire en cuir multicolore ." La tente forme un dais, dont le plafond présente un rectangle de 2'n80 de longueur sur 2 ""40 de largeur. Sa hauteur est de 2™16. La matière employée paraît être de la peau de chèvre d'une qualité très molle et flexible, qui a gardé sa souplesse jusqu'à nos jours. La partie supérieure ainsi que les frises des côtés latéraux et du devant, portant des dessins, sont composées de pièces de peau de différentes grandeurs et dp différentes formes, tandis que les carrés verts et rouges, assemblés er damiers, sont formés de morceaux assez réguliers. Tous les dessins, à l'exception des carrés, ont été découpés dans des bandes de cuir de différentes couleurs et superposés après. Le tout a été cousu assez soigneusement. Quant aux couleurs mêmes, elles ont gardé
leur fraîcheur à un haut <legré. Quant aux ornements, quoinue exécutés sans aucun soin clans leiu- détail, ils ont certainement été composés par la main d'un maître et ils forment im ensemi)le fort élégant dont les lignes sont extrêmement gracieuses ». (Brugsch, La tente i'unéraire de la princesse Isimkheb, p. 5).