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Citons enfin une statue de Sliapenapit II, lille île l*iankhy, d'un assez bon travail, mais qui manque eependant de lermeté. C'est d'un art eorreet qui suit avec ap])lieation de bons modèles, mais (jui n'a plus de vie propre.
Nous avons termine ainsi l'examen des statues de personnages se rattachant directement à la famille royale. Il nous reste à considérer maintenant des statues privées dontLcgrain a découvert à Karnak de nombreux spécimens. Ce sont les représentants de familles sacerdotales thébaines, dont il a pu débrouiller, à travers plusieurs siècles, les généalogies compliquées. Le type général est malheureusement peu intéressant : ces statues ont presque invariablement la forme de blocs cubiques. On pourrait dire que l'époque de la XX!!*" à la XXVP dynastie est l'âge d'or de ce « raté » de l'art égyptien. Si l'on compare une de ces statues, par exemple celle de Djotkhonsouefankh, fils de Bakenkhonsou, contemporain d'Osorkon P"" de la XXII'' dynastie, avec la statue du vizir Ouser du Louvre, de l'époque de Thoutmès TII, on ne remarquera guère de différence à première vue. De part et d'autre les formes générales sont identiciucs, bien que la plus récente paraisse plus élancée. Sur la statue d'Oviser, il n'y avait des inscriptions que sur la face antérieuic. Sur celle de Djotkhonsouefankh les inscriptions, auxquelles s'ajoutent des reliefs leligieux, ont couvert toutes les faces. Les deux visages sont conçus dans le même esprit, avec le masque l'ond, l'expression placide et béate que semble relever un léger sourire. C'est bien la conception artistique qui régnait au commencement de la XVIII^ dynastie telle qu'on la saisit nettement, par exemple sur les colosses osiriaques de Thoutmès l^^ à Karnak. Ce type servira encore de modèle à quelques statues, mais le plus grand nombre va s'en écarter tout à fait.
Quand cm feuillette les nombreuses planches du catalogue du Musée du Caire consacrées aux statues de cette époque, on ne peut s'empêcher de ressentir une impression de monotonie, et il serait difficile qu'il en fût autrement étant donné que le même thème se répète indéfiniment. Une manière de donner de l'intérêt à cette étude cfmsistc à grouper les œuvi-es par familles. Si l'on arrive alors à des résultats curieux, on regrette bientôt que les textes ne
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iioii.s apportent de telles j)réeisions que pour des œuvres d'art qui, par elles-mêmes, méritent si peu de laveur.
Voici un i)rcmier exemple pris dans la famille Xii)noutirou- Ncseramon. On peut établir le tableau généalogique suivant :
N'eserainon VII
Nil)iiouUroii II Osorkon II xxii^ flyn.
Neserainou VI i^' proiiliète Namroud
Hor VHI = Shebeiisopit. Pedubast I
I xxni^dyii.
fille = Xakh(efinouli
Hor Osorkon Si Isit
Ce petit tableau montre comment on a ])u rattacher les généalogies des prêtres à celles des rois et établir la succession de la XXIP et de la XX!!!!^ dynastie. Or, on possède des statues de plusieurs de ces personnages, par exemple Nibnoutirou II, puis de son petit-fils Hor. Celui-ci nous a laissé deux statues, une en granit., l'autre en albâtre, dont les têtes sont quasi-identiques. La statue de sa femme Shebensopit, petite-fille du roi Osorkon II, est une œuvre sèche et peu expressive. La robe est couverte en divers endroits, selon la mode de l'époque, de figures de divinités et d'inscriptions. Leur gendre Nakhtefmouti est figuré agenouillé, tenant devant lui une stèle. A en juger pai l'expression de figure, la décadence aurait été grande dans l'espace d'une génération. Autant Hor a l'expression calme et sereine, autant son gendre a l'air revêche et inintelligent. On a peine ;\ croire qu'il s'agit de l'arrière petit-fils d'un roi et du petit-fils d'un premier prophète. Un Hor, fils de Neseramon, qui se- -rattache à la même famille mais dont la place n'est pas précisée, nous montre une curieuse innovation. Au-dessus du bloc culiique apparaît une tête entièrement rasée, ce qui n'est pas de nature à rendre l'aspect de l'ensemble plus agréable. La grande perruque é\aséc rattachait mieux la tête à la masse du corps.
Legrain a débrouillé également l'histoire de la famille d'un Nakhtefmouti qui n'est pas le même que celui dont il vient d'être question. Nakhtefmouti était contemporain de Osorkon II et
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d'Horsiesi. Il était quatrième prêtre d'Ainon et oeein)ait par conséquent une position élevée dans la hiérarchie sacerdotale. Nous verrons tout à l'heure, en effet, qu'un prince de Thèbcs, chef du sacerdoce dans toute l'Egypte, remplissait les mêmes fonctions. Nous pouvons citer quatre statues de notre personnage : les deux pi'emières — et ceci est vraiment surprenant — ne datent pas de la XXII"' dynastie, mais bien du Moyen Empire : elles ont été simplement usurpées par Xakhtefmouti, qui s'est contenté de faire graver sur le vêtement et sur le siège des inscriptions à son nom. On est toujours étonné de constater qu'un personnage qui ne semble pas avoir dû éprouver de la difficulté à se faire faire des monuments, surtout destinés à être placés dans le temple auquel il appartenait, ait recouru à ce procédé de l'utilisation de statues de remploi. Si les exemples de l'Ancien Empire n'étaient pas suffisamment démonstratifs, celui-ci le paraîtra peut-être pour démontrer, sans contestation possible, que la ressemblance n'était pas le point le plus important pour ceux qui se faisaient consacrer des statues funéraires. En effet, Nakhtefmouti ne s'est pas contenté des statues du Moyen Empire, mais il en a fait faire par les sculpteurs du temps. L'une le représente à genoux, tenant une stèle ; l'autre, ramassé en boule, offrant une statue de Ptah. Les deux têtes sont bien dans le style de l'époque. La seconde statue apporte une variante véritablement peu l'éussie. On se rappelle CCS statues du Nouvel Empire, montrant des personnages debout, présentant des statues de divinités. On a voulu garder ce thème mais sans s'écarter de la forme qui était à la mode. Pour cela, les bras qui, d'habitude, sont cachés dans la masse, avec les mains dépassant au-dessus, ont été détachés d'une manière ridicule, apportant encore un nouvel élément de laideur à l'ensemble. On se demande aussi à quoi répond la masse rectiligne qui réunit la tête du dieu au cou du prêtre.
Horkheb, le beau-frère de Xakhtefmouti, a aussi usurpé une statue, mais il l'a prise de l'époque de la XIX*^ dynastie. La coiffure seule suffit à nous en avertir : c'est la perruque à longues mèches qui se répandent sur la nuque, mais complétée sur le devant par deux séries de petites boucles qui descendent en triangle sur les clavicules. La statue du fils de Xakhtefmouti, Horsiési, et de son petit-fils Djotkhonsoucfank, sont à peu de chose près
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identiques et pourraient bien être sorties des mêmes mains. L'accumulation des textes sur la masse atteint ici des proportions considérables. Une comte généalogie permet de joindre les deux familles de Nibnoutirou et de Xakhtet'mouti et montre comment ce dernier était contemporain de Osorkon II.
Horkhel) ;= Sœur Nakhtefinouti
Horsiési roi Taglatb Prophète Nimrod
Djotkhonsouefauk =; Sliapeusopit Shebeusopit ;= Hor
fils de Neseramon
Un troisième exemple important nous est fourni par la famille de Montouemhat, sous le règne de Tirkaha de la XX\''' dynastie. Mentouemhat était prince de Thcbes et seulement quatrième prophète d'Amon. Il était néanmoins le chef des prophètes de tous les dieux du sud et du nord, c'est-à-dire qu'il jouissait de la primauté sacerdotale sur l'Egypte tout entière, bien qu'il ne fût pas le grand prêtre d'Amon. C'est là un effet de la politique des rois de cette époque, qui avaient réussi à annihiler la puissance tempoielle des premiers prophètes d'Amcjn. Mentouemhat restaura les temples et les statues de Thèbes, détruits en 667 par Assourbanipal. Un important texte historique nous apprend qu'il remplissait encore ses fonctions sous le règne de Psanunétique I^'', •fondateur de la XXVI'' dynastie. La cachette de Karnak a donné des statues de personnages appartenant à cinq générations, depuis Horsiési, arrière-gi'and-pcrc de Mentouemhat, contemporain de la XXII *" dynastie, jusqu'à ses fils, contemporains de la XXVP. On voudrait être sûr que les statues des ancêtres ont été exécutées chacune à l'époque où ils vivaient, mais il n'est pas exclu le moins du monde qu'elles datent de la grande prospérité de Mentouemhat. Quoi qu'il en soit, les deux premières, de Horsiési et de Khamhor, ont des expressions de figures certainement peu plaisantes et marquant l'abandon du type inspiré de la XYIII** dynastie. Le père de Mentouemhat est représenté, en même temps que son fils, sur un petit monument, dont seule la