DE LA XXI^ A LA XXVI* DYNASTIE
partie supérieure est eonservée. Xsiptali est à la droite de son fils : tous deux portent les ornements caractéristiques de leurs charges. Au cou. un emblème hathorien, sur l'épaide. ime peau de panthère, dont les taches sont figurées par des rosettes ; à travers la poitrine, une bande sur laquelle sont inscrits le titre et le nom. Les physionomies sont moins rébarbatives que les précédentes, mais elles ne ressemblent plus du tout aux figures pleines qui étaient à la mode antérieiu'emcnt.
Nous avons de Mentouemhat toute une série de sculptures, très différentes l'une de l'autre, et qu'on peut réussir peut-être à classer dans un certain ordre de laideur physique progressive. La statuette de Berlin n'est pas très éloignée du groupe, et dans l'ensemble, il est certainement permis de reconnaître que l'on s'est inspiré de statues du ^loyen Empire, comme celles que Nakhtel'mouti avait usurpées. L'expression de figure est assez calme et plutôt souriante et nous la rencontrons également sur une statue qui nous montre Mentouemhat présentant ime image d'Osiris. Qu'est-il arrivé à notre homme ? Ses traits en vieillissant sont-ils devenus plus rudes ou l)ien faut-il tout simplement accuser l'inhabilité du sculpteur qui était chargé de le représenter à genoux, tenant devant lui une stèle ? Toujours est-il que cette dernière statue est fort différente de toutes les précédentes. On a peine à reconnaître aussi le même homme dans la belle statue qui représente Mentouemhat debout, en marche, dans l'allui-e et même dans le style des bonnes statues de la IV^ dynastie. Que l'on se rappelle par exemple les Ranefer, dont l'un avait d'ailleurs une perruque à peu près identique à celle que nous trouvons ici. Quand on étudie la figure de près, on se convainc aisément que l'on se trouve en présence d'un homme âgé, dont les traits sont fortement accentués, avec des rides profondes de chaque côté du nez, mais on a \Taiment peine à retrouver la physionomie des premières effigies de Mentouemhat. Le contraste est encore beaucoup plus grand s'il est possible, entre la tête de la statue debout et ime autre trouvée par Miss Benson au temple de Moût à Karnak (Art, pi. 83). On croirait voir un vieux sauvage, arrivé au dernier terme de l'abrutissement. Mais malgré tout, et abstraction faite de tous les auties documents, on ne peut s'empêcher d'être frappé du caractère de cette dernière tête, bien éloigné de tout ce que les
4!U LEÇONS SUR l'art ÉGYPTIEN
œuvres égyptiennes nous ont montré jusqu'à présent. Mentouemhat a ici une coiffure bizarre, qui contribue grandement à l'impression étrange de la pièce : il semble que le crâne soit entièrement rasé, il l'exception de deux fortes touffes de poils qui ont été nattées et feutrées, tout comme le font encore certaines peuplades de la région du Haut Nil.
On connaît les statues de deux des fils de Mentouemhat .Elles sont fort différentes d'aspect : la première, celle de Psherenimaout, a le corps traité à la manière de l'Ancien Empire, comme la grande statue de son père ; la tête entièrement rasée nous offre déjà lui de ces types gras qui seront à la mode à l'époque saïte. L'autre statue, celle de Nsiptali II, est un pastiche maladroit et étriqué des œuvres du Nouvel Empire. Le frère de Mentouemhat, Horsiési, est représenté par trois statues. L'une d'elles pourrait bien être usurpée, car elle rappelle assez certaines œuvres de la fin du Nouvel Empire. Une autre, où Ht)rsiési à genoux tient un naos, n'est pas mauvaise dans l'ensemble et elle correspond bien au type général de l'époque. La troisième a réussi à enlaidir le type si peu gracieux de la statue en masse.
Enfin le fils d'Horsiési, Anamonnafhcbou, a laissé une statue debout, qui nous permet de saisir clairement l'abîme profond dans lequel l'art thébain s'était enfoncé au moment où la XXVI<? dynastie va remettre franchement en vigueur les bonnes traditions de l'Ancien Empire.
C'est à la période que nous venons d'étudier que se rattache un remarquable bijou du Louvre : une triade-pendeloque en or et - en lapis-lazuli au nom d'un Osorkon.