‹ Leçons sur l'électricité et le magnétismeChapitre 96 sur 243 · J -— SOUS REMEL T · texte numérisé non relu

J -— SOUS REMEL T

Le soufre présente de grandes irrégularités, soit à l'état solide suivant son mode de cristallisation, soit à l’état liquide suivant les différentes transformations qu'il a subies antérieurement; sa résistivité à 120° est d'environ ro!° ohms.

Les sels à l'état solide se comportent de la même manière; leur résistance est beaucoup plus grande qu'à l’état liquide, mais les résultats obtenus ne présentent aucune particularité à signaler. |

Le verre sec peut être considéré comme isolant aux températures ordinaires, mais il n’en est plus de même aux températures élevées. Cavendish (!) avait déjà reconnu qu'à 300° le verre devient conducteur. Le décroissement de la résistance est très rapide et il suffit d’une différence de 6 à 9° pour doubler la conductibilité. La résistance du cristal, d'après M. Foussereau, est beaucoup plus grande que celles du verre ordinaire et du verre de Bohême, car les résistivités de ces trois corps à 5o° sont respectivement 3410.10!?, 2,4.10!? et 0,3.10!? ohms.

Il est présumable que le verre chauffé se comporte comme les électrolytes et que le passage d'un courant y est accompagné de phénomènes chimiques. M. Warburg (?) a trouvé ainsi que la conductbilité du verre chauffé vers 300° diminue peu à peu, à cause de la production d'une couche isolante de silice à l’électrode positive.

Les expériences relatives à la gutlla-percha sont très difficiles parce que le passage du courant est accompagné d'une absorption électrique. D'après MM. Bright et Clark (*), la conductance entre les températures de 0° et de 24° peut être représentée par la formule

CAC 0,88790!.

Les phénomènes de conduction dans les diélectriques tiennent souvent aux traces d'humidité qui existent à leur surface, et on doit tenir compte de leur pouvoir inducteur spécifique. Pour cette étude, M. J. Curie (‘) se sert de lames

minces dont les deux faces sont rendues conductrices, par exemple en les argentant, et mesure les charges au moyen du quartz piézo-électrique.

Si l'on met l'une des armatures en communication avec une pile, l’autre armature prend d'abord une charge instantanée et 1l s'établit ensuite un courant d'intensité décroissante qui tend vers une limite définie.

Le courant de charge est à chaque instant proportionnel à la force électromotrice, ainsi qu à l'étendue des armatures et en raison inverse de l'épaisseur du diélectrique, c'est-àdire à la capacité du condensateur formé par la lame.

Quand l'isolement est assez parfait pour que le courant de charge s'éteigne complètement, le courant de décharge suit les mêmes lois que le premier. Afin de préciser les expériences, M. Curie appelle conductibilité e au temps t le rapport du courant de charge à la force électromotrice.

Les conductibilités (ou les courants, qui leur sont proportionnels) paraissent obéir à la relation hyperbolique

(En = 27 À LA

dans laquelle a et n sont des constantes, car si on traduit les phénomènes graphiquement, en prenant pour coordonnées log c et logt, on obtient souvent des courbes rectilignes qui satisfont à l'équation

log c = log a Er logé.

Tel est en particulier, le cas du quartz. La conductivité suivant l'axe, qui est d’abord notable, diminue rapidement, puis d’une manière plus lente, sans qu'on atleigne une valeur constante, même après plusieurs jours, eb diffère d'un échantillon à l’autre. Une des expériences a donné, par exemple, en unités électrostatiques,

10 secondes. 1 minute. 10 minutes. 1 heure. 1 jour. 3 Jours.

La température a une très grande influence, car la conductivité varie de 1 à 2.10 quand on passe de 20° à 500”.

Suivant une direction perpendiculaire à l'axe, la conduclivité est presque nulle, au moins 2500 fois plus faible que dans le premier cas, et les effets observés peuvent tenir à une imperfection de la taille.

L'humidité paraît jouer un rôle dans ce phénomène, car un quartz, après avoir été chauffé jusqu'au blanc, n'avait plus aucune trace de conductibilité.

Pour le spath, les propriétés sont de même ordre dans les deux directions principales. La conductivité suit une loi différente : elle est d'abord visiblement constante et ne commence à baisser qu'au bout d'un temps assez long ; on peut la représententpar (caen Pit

Enfin, le verre présente encore un autre caractère : c'est la conductivité finale qui devient sensiblement constante.

Les corps étudiés par M. Curie se partagent ainsi en trois groupes distincts. On en aura une idée par le tableau suivant des conductivités aux températures ordinaires :

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