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CRISTALLISÉS

§ 1. — Historique.

Nous avons étudié en détail le problème de Taimantation par influence des corps isotropes; nous avons maintenant à revenir au cas général de ce même problème, à l'étude de Taimantation par influence des corps non isotropes quelconques, et en particulier des corps cristallisés.

Poisson avait indiqué les caractères qui distinguent l'induction magnétique des corps cristallisés de l'induction magnétique des corps isotropes vingt-trois ans avant qu'un expérimentateur songeât à vérifier ses prévisions.

Nous avons vu (Livre VIII, Chap. I, § 1) comment Poisson était parvenu à mettre en équation le problème de l'aimantation par influence des corps parfaitement doux en admettant l'existence de particules magnétiques et en supposant en outre que, pour les corps isotropes, ces particules avaient la forme sphérique. Mais, pour les corps cristallisés, ces particules peuvent avoir une forme difliérente de celle de la sphère, et il en résultera des eflets difl^érents. Le passage où Poisson prévoit ces eflets et indique la voie qui permettra de les découvrir mérite d'être cité.

ago LIVRE X. — AIMANTATION DBS CRISTAUX.

« Le rapport entre la somme des élém.ents magnétiques el le volume entier dans chaque corps aimanté, dit Poisson (*), n'est pas la seule donnée relative à ce corps, indépendamment de sa forme on de ses dimensions, d'où puisse dépendre l'intensité des actions magnétiques; la forme des éléments pourra aussi influer sur cette intensité, et cette influence aura cela de particulier qu'elle ne sera pas la même en des sens difi*érents. Supposons, par exemple, que les éléments magnétiques sont des ellipsoïdes dont les axes ont la même direction dans toute l'étendue d'un même corps et que ce corps est une sphère aimantée par influence dans laquelle la force coercitive est nulle; les attractions ou les répulsions qu'elle exercera au dehors seront difl*érenles dans le sens des axes de ses éléments et dans tout autre sens; en sorte que, si l'on fait tourner cette sphère sur elle-même, son action sur un même point changera en général en grandeur et en direction; mais, si les éléments magnétiques sont des sphères de diamètres égaux ou inégaux, ou bien s'ils s'écartent de la forme sphérique, mais qu'ils soient disposés sans aucune régularité dans l'intérieur d'un corps aimanté par influence, leurs formes n'influeront plus sur les résultats qui dépendront seulement de la somme de leurs volumes, comparée au volume entier de ce corps, et qui seront alors les mêmes en tout sens. Ce dernier cas est celui du fer forgé, et sans doute aussi des autres corps non cristallisés dans lesquels on a observé le magnétisme; mais il serait curieux de chercher si le premier cas n'a pas lieu lorsque les substances sont cristallisées. On pourrait s'en assurer par l'expérience, soit en approchant un cristal d'une aiguille aimantée librement suspendue, soit en faisant osciller de petites aiguilles taillées dans des cristaux en toute sorte de sens et soumises à l'action d'un très fort aimant. »

Le problème de l'induction magnétique d'un corps cristallisé se traitera donc de la même manière, d'après Poisson, que le problème de l'induction magnétique d'un corps amorphe ; mais, tandis que, pour ce dernier, on pouvait attribuer la forme sphérique aux éléments magnétiques, pour le premier, on devra laisser quel-

(*) Poisson, Mémoire sur la théorie du magnétisme {Mémoires de l'Académie des Sciences, années i8ai et 182a, t. V).

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