LEÇON D'INTRODUCTION. XIX
peut luire varier beaucoup la distance de l'objet sans que le foyer go déplace sensiblement; on a même calculé qu'un objet pouvait se déplacer de l'infini jusqu'à une distance assez rapprochée de nous, sans que le loyer quittât l'épaisseur de la rétine. Toutefois, si eet objel se rapprochait notablement de la lentille oculaire, le loyer sérail reporté en arrière de la surface rétinienne, si l'appareil de l'accommodation n'agissait pas pour l'amener sur la rétine le loyer des rayons lumineux. C'est alors qu'intervient le pouvoir merveilleux dont je vous ai parlé: l'œil s'accommode à la vision des objets rapprochés, el cela s'effectue sous l'influence de la contraction d'un muscle, nié à lorl par quelques anatomistes, mais dont l'existence est incontestable, le muscle ciliairc, dont j'aurai plus lard l'occasion de vous entretenir* Il se produit aussi pendant l'accommodation de {'œil un rétrécissement notable de la pupille, et une convergence des axes optiques.
A ces trois actes physiologiques: augmentation danslcs courbures du cristallin, rétrécissement de la pupille, convergence des axes optiques, répondent des actes morbides dont nous serons souvent appelés à constater l'existence. Ainsi nous devrons nous assurer si le trouble de l'accommodation porte sur l'un de ces trois actes physiologiques ou sur leur ensemble. En effet, le muscle ciliairc peut cesser de se contracter sans que la pupille soit agrandie d'une façon anomale, et cependant les images des objets extérieurs ne se feront plus sur la rétine, mais au delà de cette membrane; la pupille peut cire seulement dilatée par une paralysie des libres radiées de l'iris, et de là résultera l'affection qu'on désigne sous le nom de mydriase; enfui, la convergence des axes optiques peut ne plus s'effectuer par insuffisance d'action d'un des muscles droits internes, cl
celte espèce de paralysie musculaire, en obligeant les objets extérieurs à ne plus faire image sur les points identiques des deux rétines, amènera une certaine forme de diplopie dont on peut facilement préciser la nature par l'emploi rationnel des verres prismatiques. Il n'est donc aucun de ces actes morbides qui ne puisse être soigneusement déterminé quand on apportera à son examen l'analyse physico-physiologique. Je vous ferai connaître les expériences à l'aide desquelles Helmhollz et Cramer ont nettement établi les changements qui se passent dans l'œil pendant qu'il s'accommode à la vision d'objets rapprochés, et je vous donnerai les moyens de constater ces troubles de l'accommodation qui, il y a peu d'années encore, étaient rangés parmi les amauroses graves et traités comme tels. La connaissance de ces recherches vous fera éviter ces erreurs dont se rendent coupables ceux qui ne veulent pas employer ces méthodes d'observation sans lesquelles il n'y a pas de diagnostic exact.
Dans les conditions de la vision normale, les images de beaucoup d'objets extérieurs peuvent se faire à la fois sur une grande étendue de la surface rétinienne. Ainsi, pendant que je fixe mon œil sur le point de réunion des deux lignes tracées sur le tableau, j'aperçois en même temps le haut et le bas du tableau, puis quelques-uns des objets situés à droite et à gauche de lui. On désigne sous le nom de champ visuel tout l'espace dans lequel la vue est possible sans que l'axe optique change de direction. Eh bien ! il importe au médecin consulté pour un affaiblissement de la vue, de bien connaître l'étendue du champ visuel, car chez quelques individus ce champ visuel se rétrécit tellement qu'il ne leur permet pas de se conduire seuls dans les rues, quoiqu'ils puissent encore distinguer de petits caractères