‹ Leçons sur l'exploration de l'oeilChapitre 14 sur 24 · F0LL1N · texte numérisé non relu

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3A LEÇONS sur l'exploration de l'œil.

au loyer de lumière noire visage, notre œil 0, et, pour parler d'une façon plus précise, puisque l'œil observé et l'œil observateur doivent être sur le même axe, nous substituons au foyer de lumière notre pupille, qui est noire, nullement lumineuse, incapable enfin de projeter dans l'œil A une quantité de lumière suffisante pour l'éclairer même faiblement. Il est ainsi facile de comprendre que la pupille paraisse noire.

Fig. y.

Quoique le fond de l'œil soit noir, je vous ait dit, dans la leçon précédente, que la pupille n'était pas également noire chez tous les individus; cela peut tenir à certaines différences dans l'éclat de la surface profonde de l'œil, mais cela tient souvent à une certaine pénétration de la lumière du dehors à travers la sclérotique plus ou moins amincie et la choroïde dépourvue de pigment. A l'appui de cette opinion, examinez avec soin l'œil des albinos. Chez eux, le fond de l'œil offre une teinte rose, brillante, que vous ne rencontrerez pas sur d'autres yeux ; mais il ne faut pas croire que cela soit dû à ce que la lumière qui pénètre par la pupille est projetée en plus grande quantité vers l'observateur ; non : si le fond de l'œil est plus éclairé chez l'albinos, c'est que la lumière a pénétré à travers l'iris et la sclérotique, ce qui ne se produit pas dans l'œil normal. Pour vous assurer de ce fait, placez devant l'œil de l'albinos un écran destiné à arrêter la lumière qui pénètre à travers la sclérotique et l'iris, puis pratiquez à cet écran une ouverture égale à celle de la pupille normale, le fond de l'œil deviendra alors aussi obscur que s'il était richement chargé de pigment,

En résumé, quand nous regardons dans l'œil d'un malade, notre œil, notre pupille n'envoient à sa rétine qu'une très faible quantité de lumière, et la partie de cette lumière qui est exté-

riorée de la surface rétinienne observée est tout à fait insuffisante pour nous donner même une idée confuse de l'état de la rétine ; le fond de l'œil nous paraît donc noir.

Cependant, en se plaçant dans certaines conditions d'examen, on voit briller le fond de l'œil ; je vous ai cité à cet égard des faits isolés comme celui de Behr, et même une expérience, celle de Brùcke, qui fait miroiter l'œil, comme miroitent les yeux des animaux. Il est facile de produire et d'expliquer ce miroitement artificiel de l'œil. Il suffit, et la chose, aujourd'hui trouvée, paraît d'une simplicité extrême, de déplacer le foyer lumineux qui envoie de la lumière dans l'œil observé, de façon que l'œil du chirurgien puisse se mettre aisément sur le trajet d'un faisceau lumineux qui revient de la rétine qu'il examine. L'expérience suivante, due à Ilelmholtz, rendra la chose facile à saisir; j'appelle toute votre attention sur elle, car cette expérience fondamentale comprend la découverte de l'ophthalmoscope tout entière. Supposons (fig. 10) que F soit un foyer de lumière, M un verre

Fig. 10. — Expérience de M. Helmholtz pour l'éclairage de l'œil.

transparent à surfaces parallèles placé entre l'œil de l'observé B et celui de l'observateur A, dans une certaine inclinaison.

Les rayons lumineux sortis de F, et tombant sur la lame de verre M, se divisent en deux parties : l'une traverse la lame de verre, tandis que l'autre est réfléchie vers la cornée de l'œil B; arrivé en ce point, ce dernier faisceau lumineux subit la série de réfractions dont je vous ai parlé, et vient faire foyer sur la parlie antérieure de la rétine, en e. Ce foyer devient un nouveau centre lumineux d'où émanent des rayons qui suivent en sens inverse le trajet qu'ils ont déjà parcouru et sortent de l'œil. Ils tombent de nouveau sur la plaque M et s'y divisent en deux faisceaux secondaires, dont l'un est réfléchi par la lame vers la source lumineuse F, tandis que l'autre, traversant cette lame en subissant une réfraction insignifiante à cause de son peu d'épaisseur, vient faire foyer en F'. Si l'œil de l'observateur A se place dans la direction de ce faisceau de lumière revenant de B, il recevra une partie de ces rayons lumineux et aura une nolion de l'éclairage du fond de l'œil. Mais en général cette notion est confuse, et cela est du, comme je vous l'expliquerai plus tard, à ce que la plupart des yeux ne sont pas disposés pour recevoir des rayons convergents, mais bien des rayons parallèles ou des rayons divergents : or, là les rayons restent convergents; en pénétrant dans l'œil de l'observateur, ils deviennent plus convergenls encore et font leur foyer en avant de sa rétine. Celle rétine ne reçoit alors qu'un cercle de diffusion, au lieu d'avoir une sensation nette du point e. M. Helmholtz, qui a conçu cette belle expérience, n'a pas tardé à comprendre que pour donner à l'œil de l'observateur une nolion nette du point e, c'est-à-dire pour ramener sur la rétine de cet observateur une image exacte de ce point e, il fallait changer la direction des rayons convergenls et les rendre parallèles ou divergents : c'est ce qu'il obtint en plaçant devant l'œil observateur une lentille divergente L.

Maintenant, au lieu d'un point lumineux, placez en F un corps lumineux, la flamme d'une lampe par exemple, et ce que je viens de dire pour un point lumineux étant applicable à une surface lumineuse, l'observateur, lorsque l'expérience sera bien disposée, apercevra l'image de cette flamme sur la rétine observée, et d'une façon très nette, si l'accommodation de l'œil observateur se fait

convenablement pour la distance à laquelle il se trouve de l'image extériorée de la flamme (1).

Telles sont, messieurs, les données théoriques, que je vous engage à répéter expérimentalement, et sur lesquelles repose l'éclairage méthodique du fond de l'œil. La justesse de ces principes ayant été établie ainsi par le raisonnement et l'expérience, M. Helmholtz fit construire un instrument qui a désormais pris place dans la science sous le nom à"ophthalmoscope.

L'ophthalmoscope de M. Helmholtz n'est plus employé aujourd'hui dans la pratique médicale, mais je désire toutefois vous en dire quelques mots, car il faut que vous sachiez comment ont commencé ces instruments. Cet ophthalmoscope consiste en un pelit cube métallique noirci à son intérieur, dont l'une des extrémités, obliquement coupée, supporte sous un angle de 58 degrés trois plaques rectangulaires de verre transparent à surfaces parallèles, et dont l'autre, munie d'un diaphragme, est disposée pour recevoir des verres concaves. Cet appareil est pourvu d'un manche et facile à tenir à la main. Il faut, pour éclairer l'œil avec cet instrument, diriger les plaques de verre transparent du côté du foyer lumineux placé près du malade et au niveau de son œil; les rayons lumineux qui viennent frapper ces verres seront réfléchis dans l'intérieur de l'œil, et de là ils reviendront, comme je vous l'ai dit, suivant le même trajet. Ils traverseront alors les lames de verre transparent pour arriver dans la direction de l'œil qui regarde à l'extrémité ouverte de l'appareil, et pour la raison que je vous ai indiquée déjà, on place de ce côté une lentille biconcave, qui rend distincts les détails de la portion de la surface rétinienne éclairée par l'image lumineuse de la flamme.

Avec.cetinslrument vous apercevrez donc distinctement l'image de la flamme à la surface de la rétine, et si vous promenez cette image tour à tour sur les différents points de cette surface, vous pourrez les observer successivement. Mais ce mode d'éclairage, qui est assez limité, ne suffît pas aux besoins de la pratique chirurgicale;

(1) Nous engageons le lecteur à prendre d'abord connaissance de la leçon consacrée à la réfraction et à l'accommodation de l'œil, pour bien saisir toute la théorie de cette expérience et des suivantes.

38 LEÇONS sur l'exploration de l'œil.

on ne peut obtenir ainsi qu'un éclairage insuffisant, et il fallait trouver un autre procédé pour éclairer la rétine sur une étendue plus grande que celle de l'image rétinienne d'une flamme. Ce moyen consiste simplement à projeter sur la surface de la rétine un cercle de diffusion dont la grandeur, variable suivant le mode d'examen, permet d'éclairer un champ rétinien plus ou moins étendu.

Je vous ai parlé, messieurs, d'une expérience par laquelle M. Brùcke parvenait à éclairer largement le fond de l'œil, mais je vous ai dit que cet habile anatomiste ne s'était pas bien rendu compte de ce qui se passait alors. Il fallait que M. Helmholtz vînt encore soumettre à une analyse scientifique l'observation tout empirique de M. Brùcke, pour en*tirer un nouveau principe d'exploration ophthalmoscopique, que j'appellerai principe de l'éclairage par les cercles de diffusion, pour le distinguer du principe de V éclairage par la projection d'images lumineuses. Revenons donc à l'expérience de M. Brùcke, analysons-la avec soin, et examinons en détail comment les choses s'y passent. Vous savez qu'on place à une petite distance devant l'œil observé un corps lumineux, la flamme d'une bougie, par exemple, et qu'on regarde sa pupille au-dessus d'un écran placé derrière cette flamme. On engage en même temps l'observé à projeter son regard à une distance assez éloignée. Une représentation schématique de cette expérience en rendra l'explication plus facile (fig. 11). Soient F un

Fig. 11. — Théorie de l'expérience de M. Brùcke sur le miroitement de l'œil.

point lumineux, B l'œil observé accommodé pour la distance BF du point lumineux, et c l'image de ce point sur la rétine de l'œil B. Les rayons lumineux réfléchis de l'œil B se réuniront en F, comme nous l'avons établi tout à l'heure, de sorte que l'œil observateur A,

quoique placé tout près de F, verra en noir la pupille de l'œil observé B. Mais si, comme l'a indiqué M. Briïcke, nous engageons le malade à regarder fixement un objet situé au delà du point lumineux, ou bien, si en conservant toujours le même état d'accommodation de l'œil B pour la distance BF, nous reportons le point lumineux de F en F', alors les rayons lumineux ne feront plus foyer sur la rétine, mais se réuniront en d, en arrière de cette membrane, sur laquelle ils formeront un cercle de diffusion, ab. Gomme l'œil est accommodé pour la distance BF, c'est-à-dire que son état de réfraction est tel que les rayons lumineux partis d'un point de la rétine se réunissent à cette distance, il en résulte que chacun des points du cercle de diffusion ab renvoyant des rayons lumineux au dehors, ceux-ci iront former à la distance BF une image a'b' de la partie de la rétine éclairée par le cercle de diffusion ab. Par conséquent, l'œil de l'observateur placé en A, en arrière et un peu au-dessus du foyer lumineux F', recevra une partie de la lumière réfléchie de ab, et tant qu'il sera placé entre les points a' et b', le fond de l'œil B lui paraîtra éclairé.

Cette expérience de M. Brùcke, dont je vous avais déjà parlé plusieurs fois, mais dans l'analyse de laquelle je n'étais pas entré complètement, montre comment la surface de la rétine peut être éclairée par un cercle de diffusion. Cependant les images ainsi extériorées des parties de la rétine comprises dans le cercle de diffusion ne donnent qu'une notion fort incomplète des détails utiles à connaître pour le médecin. En effet, ces images, qui se font à une assez grande distance de l'œil, sont larges, confuses, et comme, de plus, elles doivent être vues à la distance de la vision distincte de l'observateur, celui-ci est obligé de se placer assez loin du malade pour les apercevoir. Toutes ces conditions nuisant à la netteté du phénomène, il fallait arriver à obtenir une image réduite, plus lumineuse, et plus rapprochée de l'œil du malade, de façon que le chirurgien ne fût pas obligé de s'en éloigner autant. C'est ce qu'a fait M. Helmholtz, et dans un second travail publié dans les Archives de Vierordt (1), il nous

(1) Ueber eine neue einfucJtste Form des Augenspiegels (Sur une nouvelle forme très srmi>lf d'nphthahnoscope) Vierordt' s (Archiv., 1852, II, 827).

40 LEÇONS SUR L'EXPLORATION DE l'(EIL.

a donné le moyen de voir avec une netteté parfaite l'état des membranes profondes de l'œil.

Ce moyen consiste tout simplement à placer une lentille biconvexe à court foyer devant l'œil observé. Cette lentille oblige les rayons lumineux émanés du cercle de diffusion de la rétine à converger vers un point connu à l'avance, puisqu'il est le foyer connu de la lentille, et il se forme ainsi à une petite distance de l'œil une image nette, vivement colorée, qui peut être examinée à la distance de la vision distincte de l'observateur, sans que l'observateur et l'observé soient trop éloignés l'un de l'autre.

Voici, messieurs, la marche à suivre pour répéter cette nouvelle expérience. L'observateur et l'observé se placent dans une chambre obscure, près d'une table, l'un devant l'autre, de façon que leurs visages soient distants d'un pied environ, et qu'un coin de table se trouve interposé entre eux. Si l'observateur doit regarder avec son œil droit, il s'arrange de telle sorte que la table soit à son côté gauche, et vice versa. Il place juste devant lui, sur le coin de la table, une bougie dont la flamme est sur le même niveau que son œil et celui de l'observé ; il pose ensuite un écran sombre entre la flamme et son œil, puis il regarde près du bord de l'écran et le plus près possible de la partie la plus claire de la flamme, vers l'œil observé, qui doit être fixé sur un point de la profondeur de la chambre, situé par conséquent derrière l'observateur. Celui-ci aperçoit alors la pupille qui brille, et d'autant mieux, qu'il est plus près du bord de la flamme. Aussitôt qu'il est arrivé à ce résultat, il place une petite lentille biconvexe d'un pouce et demi à deux pouces de foyer, et d'un demi-pouce de diamètre, juste devant l'œil observé; et après quelques tâtonnements, il ne tarde pas à donner à celle-ci une position telle que le champ lumineux en occupe toute la surface. C'est alors qu'il commence à apercevoir les vaisseaux rétiniens, dont l'image se trouve au foyer de lalentille, car l'œil de l'observé étant accommodé pour des objets éloignés, et par conséquent pour des rayons sensiblement parallèles, les rayons lumineux qui traversent l'œil en venant du cercle de diffusion, seront presque parallèles en tombant sur lalentille et se réuniront à son foyer principal. L'image rétinienne sera donc

DEUXIÈME LEÇON. Al

située à un pouce et demi ou à deux pouces de la lentille, entre elle et l'observateur. La ligure ci-jointe vous fera bien comprendre la disposition de cette expérience ; elle nous représente une coupe verticale de toutes les parties. Supposons que F soit la flamme, A l'œil de l'observateur, B celui de l'observé, Sun écran séparant

Fig. 12. — Expérience de M. Brûcke modifiée par M. FJelmhoItz.

la flamme de l'œil de l'observateur, et L une lentille biconvexe de longueur focale LG. Les rayons qui émergent d'un point de la flamme F, en passant à travers la lentille L, sont rendus convergents ; grâce à ce premier degré de convergence, ils sont réunis par l'appareil dioptrique de l'œil, accommodé pour Téloignement, c'est-à-dire pour des rayons parallèles, plus ou moins en avant de la rétine, en 0, et ils arrivent sur la rétine B, en formant un cercle de diffusion ab. Les rayons émanant de ce cercle de diffusion sortent alors de l'œil à peu près parallèles, puisque l'œil est dans un état de réfraction tel que des rayons parallèles feraient foyer sur la rétine. Mais ces rayons parallèles, émergents de l'œil B, sont rassemblés par la lentille L pour former à son plan focal une image db' renversée et agrandie de ab, et si l'œil A de l'observateur accommode son œil pour la distance AG, il peut voir en db' une image nette et renversée d'une partie de la rétine éclairée.

Mais il ne faut pas se dissimuler les difficultés d'une pareille expérience, et le diagnostic ophthalmoscopique n'aurait sans doute pas fait de grands progrès, si l'on avait été réduit à ce mode d'examen des parties profondes de l'œil. Il fallait donc construire un miroir oculaire qui permît de produire facilement,

avec rapidité et surtout avec un éclairage suffisant, des cercles de diffusion sur la rétine. C'est par l'emploi des miroirs concaves, plans ou convexes, que cet heureux résultat a été obtenu, et les figures ci-jointes vont vous le faire comprendre facilement.

Supposons qu'au lieu de placer devant l'observé une bougie et un écran, nous mettions (fig. 13) devant notre œil A un miroir concave M d'une certaine longueur focale, et près de l'œil observé B une flamme F, séparée de cet œil par un écran S; les rayons lumineux partis de F, et qui tomberont sur le miroir concave M, seront réfléchis vers l'œil observé, et traversante lentille L, seront rendus encore plus convergents ; par conséquent ils se réuniront en un point quelconque o en avant de la rétine, sur laquelle ils formeront un cercle de diffusion ab. L'image de la partie de la rétine éclairée par le cercle de diffusion se fera, comme je vous le disais il y a un instant, au plan focal de la lentille L du côté du miroir concave; et si maintenant nous avons à la partie

Fig. 13. — Eclairage par les miroirs concaves.

centrale du miroir M une ouverture située au-devant de notre œil, placé en À, nous pourrons voir cette image de la rétine. Rien n'est changé à l'expérience de M. Brùcke, modifiée par M. Helmholtz; c'est le même principe, seulement l'observateur ne regarde plus l'image rétinienne presque à travers la flamme, et c'est de la lumière convergente qui se dirige vers l'œil de l'observé, avant même d'avoir traversé la lentille.

Il y a bien d'autres combinaisons de miroirs pour obtenir une cercle de diffusion sur la rétine : ainsi vous pouvez combiner une

lentille biconvexe avec un miroir convexe ou un miroir plan, et vous arriverez à projeter aussi sur la rétine un cercle de difiu-

d'une plus ou moins grande étendue. Jetez les yeux su: deux figures ci-joint^ comprendrez facilement la ch

Dans la figure 14, nous avons un miroir convexe M : -mployé seul, il perdrait trop de lumière par suite de la trop grande divergence des rayons lumineux émanés de F, et n'envoyant à l'œil B que des rayons très divergents, ceux-ci se réuniraient à une petite distance en arrière de la rétine, puisque l'œil de l'observé est disposé pour les rayons parallèles. Mais si l'on place entre le miroir et la lumière une lentille biconvexe à une distance du miroir moindre que sa distance focale, les faiscea1 cbis arrivent à l'œil en convergeant, et après leur convergence

Fig. ii. — Eclairage par les miroirs convexes associes à une lentille l>

aux environs du centre optique o> ils forment m le diffu-

sion ad d'une certaine étendue à la surface de la rétine.

Pans la figure 15, vous voyez un miroir plan M à une

lentille convexe L. Comme dans le cas du miroir convexe, le miroir plan seul laisserait perdre un grand nombre de rayons lumin

eux qui traverseraient la pupille ne formeraient qu'un petit cercle de diffusion sur la rétine ; tandis qu'en associant à ce mi' une lentille convexe placée à une distance du miroir moindre que sa distance focale, on évite la porte de rayons lumineux, el Ton

hh LEÇONS sur l'exploration de l'œil.

rend ceux qui traversent la pupille de l'œil D assez convergents pour produire sur la rétine un cercle de diffusion ab.

Fie. 15. — Éclairage par les miroirs plans associés à une lentille biconvexe*.

Résumons maintenant en peu de mots tous les termes de ce difficile problème. Quand on projette dans l'œil, par les moyens que nous venons d'indiquer, une certaine quantité de rayons lumineux qui vont éclairer la surface rétinienne, deux cas peuvent se présenter : dans l'un, l'image de la flamme vient se faire sur la rétine comme sur un écran, et vous l'apercevez renversée; dans l'autre, et cette condition est préférable, le foyer se fait en arrière ou en avant de la rétine, et une plus ou moins grande largeur de cette membrane est éclairée par un cercle de diffusion. C'est cette dernière condition qu'il faut surtout remplir; on doit chercher à éclairer la rétine par un cercle de diffusion, et cet éclairage obtenu, le problème est réduit à sa plus simple expression, car on peut alors, pour la démonstration physique, ne tenir compte ni du foyer originel de la lumière, ni même de la présence du miroir. En effet, la rétine peut alors être considérée comme une surface qui envoie de la lumière dans toutes les directions : c'est un nouveau centre lumineux placé derrière une lentille, et qui rayonne vers l'extérieur à travers les milieux réfringents de l'œil. Faisons maintenant abstraction du foyer de lumière originelle et de l'ophthalmoscope, considérons seulement le cercle de diffusion formé à la surface de la rétine, et voyons ce que les choses deviennent. C'est là, messieurs, un autre mode

de démonstration de ce problème; mais je ne crains pas de revenir sous une autre forme sur des choses déjà dites, aiin de bien faire pénétrer dans vos esprits les données théoriques de l'éclairage de l'œil par l'ophthalmoscope.

Les rayons lumineux émanant d'un point quelconque du cercle de diffusion sur la rétine iront donc faire foyer en un autre point, à la distance de la vision distincte de l'œil observé, c'est-à-dire à une distance qui variera suivant les divers degrés de myopie ou de presbytie. Ce qui est applicable à un point l'est aussi à une étendue plus ou moins grande de la rétine, et il y aura ainsi formation au dehors de l'œil d'une image réelle, renversée et agrandie (1).

Pour voir nettement cette image aérienne de la rétine éclairée, l'observateur doit se placer sur le trajet des rayons lumineux et à une dislance de cette image égale à celle de sa vision distincte. Mais l'impression que l'on reçoit ainsi est dépourvue de netteté, elle est un peu vague, et il n'est guère possible de s'en servir pour le diagnostic ophthalmoscopique. De plus, quand l'image aérienne est grande, et par conséquent éloignée de l'œil d'où elle émane, ses parties périphériques n'envoient pas de rayons lumineux à la cornée de l'observateur. Les faisceaux qui en sortent sont trop peu inclinés sur l'axe commun des deux yeux, et l'on ne peut voir qu'une très petite portion de l'image; c'est alors qu'on a dû modifier l'image primitive par des lentilles biconvexes ou biconcaves : de là deux procédés auxquels on a donné les noms de procédé par l'image renversée, et procédé par l'image droite.

Le procédé par l'image renversée (lig. 16) est celui dans lequel on modifie l'image primitive ab à l'aide d'une lentille biconvexe D : c'est l'expérience de M. Brùcke modifiée par M. Ilelmholtz. Cette lentille rapproche de l'œil du malade l'image réelle, aérienne, renversée de la réline ; en même temps elle la rapetisse, la rend plus nette et plus facile à observer.

(1) Par suite de la convergence que le miroir concave et la lentille biconvexe impriment aux rayons lumineux, ceux-ci se réuniront encore en avant de la rétine, et formeront sur celte membrane un cercle de diiïiision, quoique l'œil ne soit pas accommodé pour des rayons parallèles, et que l'observé regarde fixement un objet situé à la distance tic sa vision distincte.

Suivez sur la figure 16 la marche des rayons lumineux, et vous comprendrez bien l'action de cette lentille. Soit ab une surlace éclairée de la rétine de l'oeil observé A ; les rayons lumineux qui en sortent iraient faire leur foyer en db\ si l'on ne plaçait pas sur leur trajet une lentille convergente. Mais si l'on met à une petite distance de l'œil une lentille D, elle aura pour effet de faire converger les rayons lumineux, de telle sorte que ceux qui partent du point a, au lieu d'aller converger en a', convergeront à une distance plus rapprochée de l'œil, en a"; il en sera de même de b, //, b'\ et l'image a"b'r renversée comme a'b', mais plus petite et plus nette, sera vue directement par l'observateur B placé derrière cette image et regardant à travers le trou du miroir G.

Fig. 16. — Procédé par L'image renversée.

On peut, messieurs, employer une loupe pour grossir un peu cette image réduite et nette a"b'f, mais il faut alors disposer la lentille biconvexe agissant comme loupe, de façon que l'image a"b" tombe entre le foyer principal de la loupe et sa surface. C'est la condition fondamentale pour qu'une lentille biconvexe fasse office de loupe. Dans ce cas, l'image perçue restera renversée par rapport au fond de l'œil, et sera agrandie par rapport à l'image aérienne primitive.

Le procédé par l 'image droite (fig. 17) modifie, à l'aide de verres biconcaves, la marche des rayons lumineux sortant de l'œil. C'est un mode d'examen qu'il est utile de connaître, car on y a assez souvent recours pour étudier avec la plus grande exactitude certains détails de la surface rétinienne. Dans ce procédé, la lentille biconcave et le cristallin de l'observé font un système analogue

à la lunette de Galilée, comme vous pouvez le vuir sur la ligure ci-contre.

Fig. 17. — Procédé par l'image droite.

Soit ab une partie de la surface rétinienne éclairée par un cercle de diffusion, nous aurons, comme nous l'avons déjà dit, en a'b' une image réelle, renversée et agrandie, de cette surface. Si l'on interpose entre l'œil observé et cette image une lentille biconcave ce, dont le foyer principal tombe en dedans de a'b', dés lors les rayons lumineux, de convergents qu'ils étaient vers a'b', sont rendus divergents, et l'image a'b' ne se produit plus; mais nous obtenons au lieu d'elle une image a"b" virtuelle, redressée et agrandie. Il y a ici deux conditions à remplir pour que l'image virtuelle a"b" se forme nettement : il faut que, comme dans la lunette de Galilée, le foyer de la lentille biconcave ce se trouve toujours en dedans du point correspondait à l'image a'b', et en second lieu on doit modifier la position de la lentille biconcave, de manière que son image virtuelle a"b'' se forme à la distance de la vision distincte de l'observateur.

On peut examiner encore l'œil en se servant du cristallin comme d'une loupe. Pour cela, on se rapproche du malade, qu'on engage à regarder un objet très éloigné, afin que la surface rétinienne éclairée soit au foyer principal, puisqu'elle ne peut être en avant de celui-ci, à moins que l'œil ne présente cet état de la réfraction particulier, qu'on a désigné sous le nom d'hypermétropie, et dans lequel le foyer des rayons parallèles se fait en arrière de la rétine; mais par ce mode d'examen, on ne voit que des détails peu étendus de la surface rétinienne.

llS LEÇONS SUR L'EXPLORATION DE L'(E1L.

Ce procédé, qui consiste à se servir du cristallin comme d'une loupe, est mieux indiqué pour examiner les objets situés dans le corps vitré, car nous sommes ici tout à fait dans les conditions nécessaires pour l'examen à la loupe ; car, comme vous pouvez le voir sur la figure 48, l'objet à examiner AB placé dans le corps vitré se trouve situé entre la lentille et son foyer principal F, situé sur la rétine , si l'œil est accommodé pour la vision d'objcls éloignés. Aussi l'œil observateur placé en avant de F' verra-t-il en ab une image réelle et agrandie de AB.

Fig. 18. — Examen par l'image droite, le cristallin fonctionnant comme loupe.

Maintenant, messieurs, que je vous ai exposé les principes généraux sur lesquels repose la théorie de l'examen de l'œil par l'ophthalmoscope, il me reste à vous parler des appareils qui ont été construits pour remplir ces conditions théoriques. Il me faudrait un grand nombre de leçons pour vous décrire tous les ophlhalmoscopesquiontvule jour depuis la découverte de M. Helmholtz, et qui, hélas! sont allés où vont tant d'inventions nouvelles, tant de nouvelles pinces à ligature, de nouvelles aiguilles à cataracte, tant de porte-caustique et de spéculum, etc. Heureusement le temps me fait défaut pour cela, car si le temps ne me manquait pas, je serais saisi d'un véritable effroi à la pensée de décrire devant vous tant de choses inutiles ou enfantines, absolument défectueuses, compliquées à plaisir, et souvent faites dans le seul but

d'attacher un nom à un instrument. Comme il ne faut pas tenter des inutilités, je ne vous parlerai que d'un petit nombre d'ophthalmoscopes; et après vous avoir décrit surtout les instruments dont on fait le plus souvent usage, je vous entretiendrai des dispositions que doivent prendre l'observateur etFobservé.

11 y a, en effet, dans tout examen ophlhalmoscopique, à considérer trois choses :

1° La disposition mécanique des appareils, et, sous ce titre, j'étudierai la disposition du réflecteur de la lumière, les diverses sortes de lentilles ou de prismes destinés à modifier la marche des rayons lumineux qui doivent arriver à l'œil du médecin; enfin le mode de support des miroirs , ce qui me conduira à vous parler des ophthalmoscopes fixes, qui rendent de si grands services quand il s'agit de faire examiner un malade à un grand nombre d'élèves.

T La disposition de l'œil observe, son état de réfraction ou d'accommodation, sa sensibilité, l'état de dilatation ou de resserrement de sa pupille.

3° La disposition de l'œil de l'observateur, sa puissance réfringente ou d'accommodation, etc.

I. — Les réflecteurs les plus simples sont les miroirs concaves, qui sont, du reste, le plus généralement employés en Allemagne et en France. Je me sers ordinairement d'un miroir concave de verre (fig. 19), de 25 centimètres de foyer, étamé dans toute son étendue, à l'exception de son centre, où l'étamage a été enlevé dans un cercle de h millimètres de diamètre. Ce miroir a est porté sur un cadre qui est vissé sur un manche b. Derrière ce miroir est un cercle dans lequel on peut déposer et fixer, à l'aide de tiges mobiles, des lentilles biconvexes ou biconcaves.

J'emploie aussi un ophthalmoscope derrière lequel se trouve un disque mobile sur son centre et portant six petites lentilles, dont

Fig.19. — Ophthalmoscope mobile à miroir concave.

50 leçons sur l'exploration dl l'œil.

Uuis concaves et trois convexes, qui peuvent venir se placer successivement en arriére de la partie centrale détaillée dû miroir, et sont destinées à modifier la marche des rayons lumineux arrivant à l'œil de l'observateur.

Au lieu de miroirs de verre étamé, on a fait des miroirs métalliques; mais je donne la préférence aux premiers, qui l'emportent sur les autres par la quantité de lumière réfléchie et la conservation de leur pouvoir réfléchissant. Les miroirs de verre ont bien l'inconvénient de donner pour chaque rayon incident deux ra] réfléchis, l'un par la surface métallique, l'autre par la surface du verre; mais ce fait, qui pourrait être un grave inconvénient dans de délicates expériences d'optique, est ici sans importance.

On peut se servir, vous ai-je dit, de réflecteurs formés par un miroir plan ou convexe sur lequel on projette un faisceau de rayons lumineux concentrés par une lentille. M. Coccius a fait construire un ophthalmoscope I à miroir plan a, associé à une

lentille biconvexe e ; mais à l'aide de ce réflecteur, il est moins facile d'éclairer l'œil du malade qu'avec les miroirs concaves, car il faut faire passer par le centre de la lentille les rayons lumineux qui doivent converger miroir.

M. Zander a donné son nom à un ophlhalmoseope dans lequel le i 'docteur est formé par un miroir convexe associé à une lentille biconvexe; mais le reproche que j'adres-ais à ï'ophlhalmoscope de M. Coccius, de compliquer sans profit le manuel opéra - . s'applique encore mieux à l'instrument de M. Zander. On a aussi employé comme réflecteurs des lentilles i vexes étamées sur une de leurs fa pté en un point qui

correspond au centre de la lentille : tel est l'ophthalmoscope de M. Burow. On s'est ainsi proposé d'employer le réflecteur comme une lentille de correction. Le rayon de courbure des surfaces de la lentille, l'indic^^Kr^V^Ctwi^u verre, doivent être étudiés

Fig. le.— Ophthaluio»

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