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pour déterminer exactement la direction des rayons lumineux qui traversent cet oplithalmoscope, aujourd'hui à peu près complètement abandonné.
Enfin on a construit des réflecteurs à l'aide de prismes, mais il n'y a eu que peu d'ophthalmoscopes établis d'après ces données. C'est M. Ulrich (de Gœtlingue) qui songea, le premier, à utiliser la réflexion totale des prismes pour éclairer le fond de l'œil. Son oplithalmoscope, qui consiste en deux prismes adossés, vous donnera une bonne idée de ces instruments, et je vais vous dire deux mots du principe sur lequel il repose. Soit F (fig. 21) une
I K.. 21 . — Ophthalmoscope à prismes réflecteurs.
flamme envoyant des rayons lumineux sur la surface hypoténusienne d'un premier prisme P, ces rayons lumineux subiront là une réflexion totale, et viendront éclairer la rétine de l'œil observé B. Les rayons de retour arriveront sur la surface h ypoténu sienne d'un autre prisme P'. qui les dirigera du côté de l'œil de l'observateur A. Ces deux prismes sont montés dans un tube de cuivre qu'on tient à la main, et Ton modifie par une lentille biconvexe L la marche des rayons lumineux émanés de l'œil observé. Quoique la réflexion totale de la lumière par les prismes puisse être bonne pour éclairer le fond de l'œil, l'emploi des ophthalmoscopes à prismes offre plus d'inconvénients que d'avantages. Ces instruments sont d'un prix élevé* leur maniement est difficile, et par les recherches successives qu'on est obligé de faire pour explorer toute l'étendue de
52 leçons suu l'exploration de l'œil.
la rétine, en changeant le prisme de place, cet examen devient fatigant.
Je vous ai dit, messieurs, que l'action des réflecteurs est aidée par des lentilles convergentes ou divergentes. Quand on veut rétrécir l'image rétinienne extériorée, la rendre plus nette sur les bords, plus lumineuse, il suffit de placer entre le point où elle se fait et l'œil observé une lentille biconvexe à court foyer; cette lentille ramènera l'image à son foyer, et comme nous le connaissons déjà, nous saurons quel point cette image occupe dans l'espace. 11 est facile de comprendre que plus la lentille est convergente, plus l'image est petite et rapprochée delà lentille; aussi, quand vous voudrez augmenter la grandeur des images, vous devrez vous servir de lentilles à foyer plus long. Ce serait donc une grosse erreur de croire que les lentilles biconvexes ainsi placées entre l'œil observé et l'image extériorée de la rétine agissent comme une loupe, et que pour obtenir un fort grossissement, il faut une lentille à très court foyer. C'est cependant ce qu'un oculiste de profession semble croire en parlant toujours du verre grossissant qu'on place devant l'œil; dans le cas actuel, c'est verre rapetissant qu'il faudrait dire.
Vous devrez avoir à votre disposition plusieurs sortes de lentilles biconvexes et biconcaves. Je vous conseille d'employer habituellement, pour le procédé par l'image renversée, une lentille biconvexe de 3 pouces; puis, quand vous voudrez obtenir une image plus grande, vous vous servirez de lentilles de 3 pouces et demi à /i pouces de foyer.
Quant aux lentilles biconcaves dont on fait usage pour le procédé par V image droite, elles devront être plus nombreuses, mais je vous engage à garder surtout dans vos trousses d'ophthalinoscope les n"s 8, 15 et 20.
Les médecins qui ont fait des démonstrations ophtlialnioscopiques n'ont pas tardé à éprouver le besoin d'instruments qui permissent, une fois l'œil du malade convenablement placé, de montrer, en peu de temps, à un grand nombre d'élèves les lésions profondes de l'œil; de là est née l'idée des ophthalmoscopes fixes. Ces ophlhalmoscopes, posés sur un pied, sont aussi
très utiles pour les études prolongées, fines, et les dessins ophthalmoscopiques. Ils ont encore un autre but, un but scientifique que vous ne soupçonnez pas sans doute, mais qu'ont bien compris tous ceux qui ont commencé ici, depuis quelques années, des démonstrations ophthalmoscopiques. Il s'est rencontré des médecins qui ont nié la possibilité de voir les parties profondes de l'œil, et. qui ont considéré l'oplithalmoscope comme aussi mensonger que le microscope, dans lequel on voyait, disaient-ils, tout ce qu'on voulait. Je ne prendrai pas la peine de répondre à de semblables objections, mais je peux dire que les ophthalmoscopes fixes nous ont permis de lever tous les doutes des personnes qui se défiaient des résultats obtenus par ce mode d'examen, et n'avaient pas l'habitude des opbtbalmoscopes mobiles.
Il y a un certain nombre d'opbtbalmoscopes fixes. M. Cusco, M. Liebreich, M. Ruete, etc., en ont construit, et celui que je vous montre ici a été disposé par M. Nacbet fils et par moi. C'est un instrument qui m'a rendu les plus grands services pour la démonstration opbllialmoscopique, et il me paraît répondre à toutes les nécessités de cet examen. Il se compose (ûg. 22) d'un corps formé de deux tubes de cuivre A qui se meuvent l'un sur l'autre à l'aide d'une crémaillère/ et d'un piton à engrenage c; à l'une des extrémités de ce corps est placé un miroir concave a, de 25 centimètres de foyer, étamé, excepté à son centre, et mobile autour d'un de ses diamètres, de manière à pouvoir varier ses inclinaisons ; à l'autre extrémité de ce corps est placée une lentille biconvexe ù. Par suite du mouvement des deux tubes, le miroir et la leniillc peuvent être éloignés ou rapprochés l'un de l'autre. Le corps de l'instrument, garni de diaphragmes à son intérieur, peut tourner sur son axe, ce qui permet d'aller chercher la lumière dans toutes les directions. Ce corps de l'appareil est supporté par une tige gg pouvant être élevée ou abaissée à l'aide d'une crémaillère h, et ïwee par un écrou y à une table t. De la partie inférieure de cette tige verticale part une tige horizontale // qui supporte à l'autre extrémité une seconde tige verticale n/i, mobile, terminée par une plaque concave k sur laquelle l'observé pose son menton. Sur le
hli LEÇONS SUR L'EXPLORATION DE L'ŒIL.
corps de l'instrument est adaptée une tige articulée r/, mobile, terminée par une boule e, qui sert à diriger l'œil du malade. Enfin, dernièrement, j'ai fait placer entre la tige verticale qui supporte le corps de l'instrument et celui-ci une petite tige articulée en genou, de manière à pouvoir imprimer au corps de l'appareil des mouvements de haut en bas. Le chirurgien peut, à l'aide de cette petite tige articulée, plonger, pour ainsi dire, dans l'œil du malade, et examiner les lésions profondément situées sur la partie inférieure do la rétine.
Fig. 22. — OpMlialmoseopo fixe de MM. Follin et Nachel.
L'ophthalmoscope fixe de M. Liebreich diffère de celui que je viens de vous décrire ; la lentille n'est plus mobile, mais le miroir se déplace. C'est là, selon moi, une disposition qui offre quelques
inconvénients; de plus l'appareil du médecin allemand jouit d'une telle mobilité, que le plus petit mouvement du malade imprime à tout l'ensemble de l'instrument des déplacements qui nuisent à la nette perception des images.
L'ophthalmoscope de M. Cusco consiste en un miroir et une lentille pouvant s'éloigner et se rapprocher à l'aide d'une vis de rappel, et réunis par une tige, au lieu de l'être par deux tubes de cuivre, comme dans les instruments dont je viens de vous parler. C'est le moins compliqué, et partant le moins cher de tous les ophthalmoscopes fixes.
Tels sont, messieurs, les appareils qui servent en général aux démonstrations ophthalmoscopiques; mais pour des études minutieuses, pour de fines recherches, et encore dans un autre but, on s'est servi de certains accessoires : je vais donc vous dire quelques mots de l'ophthalmo-microscopie, de la micrométrie ophthalmoscopique, et de l'application de la photographie à la reproduction des lésions profondes de l'œil.
L'ophthalmo-microscope est très facile à établir; il suffit de placer derrière le trou du miroir l'extrémité objective d'un microscope à long foyer, à travers lequel on examine l'image aérienne et renversée du fond de l'œil, comme on examine un objet quelconque par transparence. M. Goccius a construit un ophthalmoscope de ce genre, et rien ne serait si simple que de disposer la même chose sur mon grand ophthalmoscope fixe. On aurait là toutes les conditions d'immobilité qu'exigent les examens microscopiques. Dans quelques cas fort rares, l'examen ophthalmo-microscopique peut rendre certains services, et permettre d'apercevoir des détails d'une finesse extrême; mais il faut dire tout de suite que l'agrandissement obtenu par l'examen des yeux à l'aide de l'image droite suffit à tous les besoins de la pratique. D'ailleurs les merveilles qu'annonçait à son début l'ophthalmo-microscopie ne se sont pas réalisées, et ce mode d'examen n'a servi qu'à conduire à des erreurs assez plaisantes dont je vous parlerai plus tard.
La micrométrie, qui s'est annoncée sous des apparences plus pratiques, n'a pas donné des résultats plus sérieux. On peut mesurer la grandeur des images rétiniennes de plusieurs ma-
nières ; mais il n'est guère permis de conclure de la grandeur de l'image à la grandeur réelle de l'objet. Parmi les procédés de micrométrie qui visent h la précision, il faut citer celui de M. Liebreich. Cet oculiste a imaginé de placer dans l'intérieur de son opbthalmoscope fixe un micromètre. Cet instrument consiste simplement en une lame de verre transparent, divisée par des traits au diamant en petits carrés d'une étendue déterminée. On peut voir alors combien l'image de la papille du nerf optique occupe de ces petits carrés, et déterminer approximativement l'étendue de cette image. Mais nous ne croyons pas à la valeur absolue de cette mensuration ; c'est en effet un problème très compliqué que de mesurer d'après son image la grandeur réelle d'une partie du fond de l'œil. Il faut, en effet, tenir compte de plusieurs conditions : la grandeur de l'image variera d'abord suivant le numéro de la lentille; puis, les propriétés réfringentes des milieux de l'œil varieront suivant la distance pour laquelle l'œil sera accommodé ; enfin, la réfraction absolue de l'œil variant suivant les individus myopes ou hypermétropes, les images du fond de l'œil produites avec les mêmes lentilles n'auront plus la même grandeur. D'autre part, comment chez des amaurotiques, où il serait utile de connaître les dimensions de la papille, déterminerez-vous la puissance réfringente, et comment saurezvous si dans l'amaurose l'œil est à l'état de repos ou d'adaptation? En résumé, messieurs, si nous croyons qu'il soit possible avec le micromètre de conclure de la grandeur de l'image à la grandeur de l'objet, du moins est-il un certain nombre de questions qu'il faudra résoudre avant d'arriver à ce résultat, et encore nous fera-t-il défaut dans les circonstances où il nous serait le plus intéressant de le connaître, c'est-à-dire dans les amauroses par suite d'altérations papillaires.
Vous savez, messieurs, que la photographie a fait invasion dans le domaine des sciences médicales, mais jusqu'alors les résultats obtenus n'ont pas été brillants. Les photographies de pièces anatomiques, de préparations microscopiques, affichent la prétention d'être exactes, mais elles sont de beaucoup inférieures à ce que nous donne le crayon de nos habiles dessinateurs. Si la repré-
senlation photographique d'objets qu'on a sous la main présente des difficultés, combien doit être plus difficile encore la photographie du fond de l'œil. Cependant M. Liebreich a annoncé à l'Institut de France qu'il avait photographié le fond de l'œil en adaptant l'extrémité objective d'une chambre obscure au trou large de 5 lignes d'un miroir métallique concave et à court foyer ; ce miroir pouvait s'éloigner et se rapprocher de la chambre obscure, et l'on disposait l'appareilde façon à recevoir l'image du fond de l'œil sur une plaque sensible. La chose paraît ainsi assez simple, et cependant les épreuves obtenues par ce moyen ont été si fugaces, si peu nombreuses, qu'on a fini par nier l'utilité de ces photographies oplithalmoscopiques qui devaient servira démontrer l'image renversée, à mesurer très exactement le fond de l'œil, enfin qui étaient destinées à remplacer tout à fait les dessins oplithalmoscopiques.
Pour terminer ce que j'ai à vous dire de l'instrumentation ophthalmoscopique, il me reste à vous parler du modq d'éclairage dont vous devrez faire usage. C'est chose très importante d'étudier la nature de la lumière qu'on emploie et ses propriétés plus ou moins irritantes pour l'œil, car vous n'ignorez pas que l'irritation de l'œil peut être la conséquence d'un examen ophthalmoscopique trop prolongé et fait avec un mauvais foyer de lumière. Ce fut même là, il y a quelques années, une grave objection contre l'emploi de l'ophtlialmoscope, mais celte objection est réduite aujourd'hui à sa juste valeur.
Lorsque vous examinerez certaines parties de l'œil, que je vous indiquerai plus tard , vous n'aurez besoin que d'un très faible éclairage, et l'observé n'accusera aucune gêne. Mais pour d'autres affections, il est nécessaire d'employer une lumière assez vive; or, qui dit lumière vive, avec nos procédés usuels d'éclairage, dit lumière pénible, irritante. Et pour vous bien faire comprendre la nature de ce principe irritant, je vous demande la permission d'entrer dans quelques détails sur la composition de la lumière.
Vous connaissez, messieurs, la célèbre expérience de Newton, par laquelle il fixa la composition de la lumière, en faisant passer
58 LEÇONS SUR L'EXPLORATION DE l'(EIL.
à travers un prisme un faisceau de rayons lumineux. Il décomposa ce faisceau de lumière blanche en rayons colorés d'inégale réfrangibilité. Après cette décomposition, les rayons rouges occupent la partie supérieure, et les rayons violets la partie inférieure de cet ensemble de rayons colorés qui constituent le spectre solaire visible. Mais outre ces rayons colorés, il existe encore dans la lumière blanche d'autres rayons, ainsi que le démontre l'expérience suivante. Si l'on prend un thermomètre, et si on le place un peu au-dessous des rayons violets du spectre, on commence à percevoir des traces de chaleur sensible. En élevant le thermomètre, la chaleur va en augmentant depuis le violet jusqu'au rouge; et là où le spectre cesse, au-dessus du rouge, le thermomètre accuse encore la présence de rayons de chaleur jusqu'à une distance du rouge presque égale à celle qui sépare le rouge du violet. Il y a donc dans le spectre, outre les rayons lumineux, un grand nombre de rayons de chaleur obscure.
Si l'on examine le spectre solaire, au point de vue de son action sur les substances chimiques impressionnables à la lumière, on reconnaît que c'est vers la partie inférieure, dans les rayons indigo, violet et plus bas encore, dans la région dite des rayons ultra-violets, que se manifeste, avec le plus d'énergie, l'action photographique.
Substituons maintenant notre œil au thermomètre, il n'éprouvera aucune fatigue dans la région des rayons bleus et verts, et la pupille sera dilatée ; mais lorsque l'œil arrivera dans la région des rayons jaunes, orangés, une certaine irritation se manifestera, et elle atteindra son maximum dans les rayons rouges, en môme temps que la pupille se resserrera. Si l'œil monte ensuite dans la région de la chaleur obscure, cette irritation disparaît et la pupille se dilate de nouveau. Toute la chaleur, comme l'a démontré M. Janssen, est absorbée par les milieux de l'œil ; ce n'est donc pas elle qui nuit lorsque nous projetons dans l'œil une certaine quantité de lumière. 11 ne pénètre du reste dans cet œil que la chaleur qui accompagne les rayons colorés, et dans une lampe modérateur ordinaire, cette chaleur des rayons colorés n'est que la douzième partie de la chaleur totale envoyée par la flamme.
Si nous descendons l'œil dans la région des rayons ultraviolets, cet organe ne tarde pas à percevoir une sensation toute particulière de cuisson, de gêne, de malaise, et si la lumière est abondamment chargée de rayons ultra-violets, l'œil devient phosphorescent, ce que nous pourrons constater en regardant l'œil dans un miroir, au milieu d'une chambre peu éclairée. C'est donc dans la partie verte du spectre et dans celles qui l'avoisinent, que nous trouvons les rayons lumineux les mieux appropriés à notre vision.
Si maintenant nous recherchons dans quelle proportion tous ces rayons se trouvent dans nos différentes lumières, nous arrivons à ce résultat : la lumière des lampes contient | J de chaleur obscure, et les rayons lumineux sont surtout rouges et orangés ; la lumière du gaz est plus riche en rayons bleus et violets, mais elle contient encore une forte proportion de rayons rouges et orangés; enfin, la lumière électrique possède une forte proportion de rayons violets et ultra-violets.
Frappés des inconvénients produits par l'emploi d'une lumière trop chargée de rayons rouges et orangés, nous nous sommes demandé, M. Janssen et moi, s'il n'était pas possible de modifier cette lumière de façon à la rendre moins pénible à l'œil de l'observé; et après avoir étudié cette question, nous sommes arrivés à la résoudre aussi complètement que possible. Voilà deux ans que j'emploie les moyens que nous avons indiqués, et je m'en suis toujours très bien trouvé, tant pour l'observateur que pour l'observé, dont la pupille ne se contracte pas aussi énergiquement que lorsqu'elle reçoit de la lumière chargée des rayons nuisibles dont je viens de vous parler. Voyons maintenant quels sont ces moyens.
Des expériences sur la composition de la lumière que je vous ai rappelées, il y a un instant, nous pouvons tirer celte conclusion assez remarquable, savoir : que c'est dans la partie verte du spectre et celles qui l'avoisinent, que nous trouvons les rayons qui paraissent le mieux appropriés aux conditions de notre vision, et qu'au fur et à mesure que les rayons lumineux s'éloignent de ceux-là, ils perdent de plus en plus cette appropriation.
Il fallait donc épurer la lumière en absorbant les rayons nuisibles au moyen de verres convenables. Or, comme les lampes dont nous nous servons pour l'examen ophthalmoscopiquc sont surtout ricbes en rayons rouge?, jaunes, orangés, ce sont ces rayons qu'il fallait éteindre à l'aide de verres légèrement verts ou teintés de bleu parle cobalt, qui conviennent parfaitement pour arriver à ce résultat.
L'appareil destiné à tamiser la lumière peut s'appliquer aussi bien sur la lampe figurée ci-contre que sur toute autre lampe.
11 se compose d'un anneau de cuivre /, qui supporte deux liges :
l'une b9 surmontée d'un miroir concave, a; l'autre e, qui se termine en d, par une double pince à pression continue, destinée à recevoir des verres bleus r, de teintes variées. Les deux liges b et ê glissent de haut en bas et de bas en haut dans l'anneau, et peuvent toujours être placées de façon que le centre du miroir corresponde bien à celui de la flamme de la lampe.
Le miroir a pour fonction de renvoyer un grand nombre de rayons lumineux , qui , sans lui , s'irradieraient en pure perle pour l'observateur. La tige cd sert à supporter toutes sortes de verres
FlG. 23. — Appareil pour modifier * *
la lumière. colores, depuis ceux qui sont légè-
rement bleus jusqu'à ceux qui sont fortement teintés en bleu. Afin de ne pas mêler la lumière tamisée par ces verres avec les rayons lumineux renvoyés par la surface jaune de la lampe de cuivre, nous avons le soin, en outre, d'entourer tout l'appareil d'un cylindre de carton percé seulement au niveau de la flamme. Nous n'employons, dans l'examen opbthalmoscopique habituel, que des verres bleus de teinte variable, parce que la lumière
dont nous nous servons est peu riche en rayons chimiques; mais si l'on voulait purifier davantage cette lumière de tous ses rayons irritables pour l'œil, on pourrait la tamiser encore à l'aide d'un verre coloré par l'oxyde d'uranc, et on la dépouillerait ainsi de tous ses rayons chimiques. A cet effet, il suffirait de mettre dans la pince d, à côté d'un verre bleu, une lame mince d'un verre coloré par l'oxyde d'urane. On obtient ainsi une lumière des plus agréables à l'œil, et que le chirurgien, comme le malade, peuvent regarder de près, sans en être fâcheusement éblouis.
Le petit appareil que nous venons de décrire a été construit par un habile opticien, M. Duboscq; il est d'un prix peu élevé, et peut s'adapter à toutes les lampes.
On arrive encore au même résultat en plaçant la lampe dans une boîte carrée rectangulaire dont une des faces est percée d'une ouverture au niveau de la flamme de la lampe. Un verre coloré en bleu bouche l'ouverture de la boîte et sert à (amiser les rayons lumineux; la lumière est toutefois moins intense, par suite de l'absence du miroir concave.
Les remarques précédentes peuvent s'appliquer aussi bien à l'emploi de la lumière qui doit servir à l'oplithalmoscope qu'au choix souvent si irrationnel des verres de conserves.
11. — Maintenant, messieurs, que nous avons déterminé le mode d'éclairage auquel il faut donner la préférence dans l'examen ophthalmoscopique, il nous reste à nous occuper delà position à prendre par l'observé et par l'observateur. Avant de commencer votre examen, vous vous assurerez de l'état de la pupille, et si elle est trop étroite, vous produirez sa dilatation artificielle à l'aide des mydriatiques, que vous emploierez selon les indications que je vous ai données dans la leçon précédente. Quoiqu'on puisse, à la rigueur, se passer de cette dilatation, surtout si l'observé est jeune, car à cet âge la dilatation pupillairc est normalement assez considérable, je vous conseille cependant, lorsque vous voudrez faire un examen ophthalmoscopique sérieux, d'agrandir préalablement l'ouverture pupillaire. C'est, en effet, seulement après l'emploi des mydriatiques, que vous pourrez reconnaître certaines cataractes commençantes; les stries opaques sont alors
très petites, n'occupent encore que la circonférence du cristallin ; et si la pupille n'est pas dilatée, ces stries seront masquées par l'iris.
Parmi les conditions qui facilitent l'examen ophthalmoscopiquc, une des plus essentielles est de se placer avec le malade dans un endroit, obscur. On distingue mieux les images aériennes qui, sans cette précaution, paraîtraient peu brillantes et dont on ne pourrait saisir tous les détails.
Vous ferez ensuite asseoir votre malade en face et un peu audessous de vous, et vous disposerez la lumière de telle sorte, que la flamme et l'œil du malade soient à peu près sur le même plan.
Fie. 24. ■ — Exaillen Obhthaliiloscopiquc. Position <le l'observateur et de l'observé.
Un écran sera placé entre la lampe et la tète du sujet observé, afin d'empêcher les rayons lumineux de frapper son visage, qui reste ainsi dans une région obscure.
Il serait tout à fait urgent, dans un grand nombre de cas, depouvoir fixer l'œil du malade, mais on ne peut pas songer à agir directement sur le globe oculaire. Si le malade y voit encore, vous pouvez diriger ses yeux suivant les différents points de votre visage; mais quand l'individu est tout à fait amaurolique, vous n'avez plus cette ressource. On peut alors diriger l'œil suivant une position donnée à la main de l'observé. Vous placez son
membre supérieur dans une certaine direction, puis vous l'engagez à porter ses regards de ce côté, et instinctivement son œil se meut dans la direction donnée. La papille du nerf optique se trouvant en dedans et un peu au-dessous du pôle postérieur du globe, lorsque vous voudrez l'examiner, vous engagerez le malade à diriger l'œil qu'on examine en dedans et un peu en haut, vers votre oreille droite par exemple, si vous examinez l'œil droit, puisque le malade est assis en face et un peu au-dessous de vous.
III. — Après avoir ainsi disposé le malade, vous prendrez de la main droite le manche de l'ophthalmoscope, et en même temps que vous dirigerez un peu vers la tempe la surface du miroir, vous vous arrangerez de façon que les rayons lumineux incidents sur ce miroir aillent se réfléchir dans l'axe de la pupille observée. Cette manœuvre exige toujours quelques tâtonnements, mais peu à peu on arrive à bien trouver du premier coup l'inclinaison qu'il convient de donner au miroir pour éclairer l'espace pupillaire. Si vous employez quelques-uns de ces ophthalmoscopes à miroir plan, inunis d'une lentille biconvexe destinée à faire converger les rayons lumineux de la lampe sur le miroir (ophthalmoscope de Coccius), il vous sera moins facile que dans le cas précédent d'éclairer l'œil de votre malade. En effet, il faudra faire passer par le centre de la lentille les rayons lumineux qui doivent converger vers le miroir, et il y a là une petite complication qu'on supprime on faisant usage du simple miroir concave.
Nous savons déjà que le chirurgien doit regarder à la distance de sa vision distincte une image réelle ou virtuelle : réelle, s'il fait usage de lentilles biconvexes; virtuelle, s'il emploie le procédé par l'image droite. Dans le cas d'image réelle, on connaît à peu près la place de cette image par rapport à la lentille; mais cette distance variera suivant l'état réfringent de l'œil de l'observé. En effet, cette image, devant se faire en l'absence de toute lentille à une distance de l'œil égale à la distance de sa vision distincte, se fera nécessairement à une distance moindre pour le myope que pour l'hypermétrope; l'observateur devra donc, lorsqu'il examinera un myope, placer la lentille à une distance plus rapprochée de l'œil du malade, et se tenir peu éloigné de celui-ci,
04 LEÇONS suii l'exploration de l'œil.
puisqu'il doit regarder cette image très rapprochée du malade à la distance de sa vision distincte. Si l'observé au contraire est hypermétrope, la lentille devra être placée à une distance plus grande de son œil, et le chirurgien devra être, lui aussi, plus éloigné du malade que dans le cas précédent.
L'observateur peut lui-même être myope ou hypermétrope, alors il armera son œil de verres concaves ou convexes d'un numéro approprié, pour corriger ces défauts de la vision et ramener les images à la distance normale de la vision distincte.
Dans tout ce que je vous ai dit jusqu'alors, j'ai supposé que le médecin procédait à l'examen ophthalmoscopique à l'aide d'un seul œil, cependant il serait préférable de se servir des deux yeux. Cela permettrait d'éviter quelques-unes des difficultés qu'éprouvent les commençants lorsqu'il s'agit de diriger exactement la lumière sur l'œil observé, et pourrait encore causer moins de fatigue à l'œil de l'observateur, donner une plus grande étendue à son champ de vision, enfin lui faire voir en relief, ou avec une très exacte appréciation des distances, les exsudais qu'on trouve clans différents plans des membranes de l'œil.
Déjà quelques instruments d'optique sont binoculaires, les stéréoscopes par exemple, et l'on a même construit sous cette l'orme des microscopes; mais il devait paraître difficile de soumettre à l'examen des deux yeux l'image ophthalmoscopique, lorsqu'on songe que les rayons lumineux sortent de l'œil par le même chemin qu'ils ont déjà parcouru pour y pénétrer.
M. Giraud-Teulon, malgré ces difficultés, a abordé ce problème, et l'a résolu d'une façon très satisfaisante. 11 a d'abord recherché pourquoi on ne peut pas apercevoir aussi bien avec les deux yeux qu'avec un seul œil les rayons lumineux qui partent en divergeant de l'image aérienne produite entre l'observateur et la lentille biconvexe, clans le procédé d'examen par l'image renversée. Il trouva un premier obstacle dans la distance considérable à laquelle l'observateur devrait se trouver pour pouvoir saisir en même temps avec deux yeux, écartés l'un de l'autre en moyenne de 2 à 2 pouces et demi, le faisceau de rayons divergents sortis de l'image réelle aérienne. Il démontra ensuite
par le calcul que si la pupille de l'observé offrait une dilatation de 1 ligne, cette distance devait être de 5 pieds, et de 20 pouces seulement si la pupille avait 3 lignes de diamètre.
Pour mettre à profit cette dernière indication, il prit d'abord un miroir concave, un peu plus grand que celui qu'on emploie dans les ophthalmoscopes habituels, mais de même longueur focale (environ 30 centimètres), qui, au lieu d'un trou était muni d'une fente horizontale ayant en hauteur le diamètre de la cornée, 6 à 7 millimètres, et dont la largeur correspondait à l'écartement des deux pupilles, 7 centimètres environ. Il constata bientôt que si, après avoir dilaté la pupille du sujet en observation, on éclaire son œil en y projetant à l'aide de ce miroir concave et d'une lentille biconvexe la lumière d'une lampe placée au-dessus et derrière sa tête, on voit briller la papille du nerf optique de l'œil gauche, par exemple, sur le côté droit de la fente horizontale; puis subitement l'œil gauche de l'observateur aperçoit aussi la papille du nerf optique droit, et distingue alors deux images se choquant par leurs bords.
Chacune de ces images a une grande tendance à s'effacer très rapidement, et l'observateur devra s'être habitué à faire converger fortement ses axes optiques pour amener les deux images à se fusionner, de manière à produire l'impression d'une seule image. Cette expérience démontre, d'une part, la diplopie qui se produit dans la vision binoculaire d'une image ophthalmoscopique, et de l'autre la possibilité de faire fusionner par la seule action des muscles oculaires la double image en une seule. Mais si la solution théorique de ce problème était donnée, il restait à faire passer la chose dans la pratique, et voici comment M. Giraud-Teulon est arrivé à ce résultat dans son ophthalmoscope binoculaire :
Soient (fig. 25) deux rhomboèdres de verre MNPQ, M'NP'Q', réunis par un de leurs angles en N, derrière le miroir concave de l'ophthalmoscope. Prenons maintenant en avant d'eux un point lumineux A qui fait partie de l'image ophthalmoscopique ob formée par la lentille biconvexe C. Le rayon AB émané de ce point arrivera sur la surface NP du rhomboèdre gauche et