‹ Leçons sur l'exploration de l'oeilChapitre 9 sur 24 · LEÇON D'INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

LEÇON D'INTRODUCTION. XV

derne, on parcourt les livres publiés jusques il y a une dizaine d'années, on est frappé des immenses lacunes que ces ouvrages renferment. D'ailleurs, durant ce(te période, qu'on pourrait presque appeler empirique, de l'ophthalmologïe, le médecin ne dispose que d'un nombre fort restreint de procédés d'observation pour le diagnostic des maladies des yeux, car le plus souvent on se borne à examiner tour à tour, à l'œil nu et quelquefois avec la loupe, les parties extérieures de l'organe malade et la surface antérieure du cristallin. On employait, mais rarement, la lumière artificielle pour constater des altérations superficielles de la cornée, et, en l'absence d'une exploration directe de la rétine, on était heureux de trouver dans le développement de ces sensations lumineuses connues sous le nom de phosphènes, un moyen d'apprécier le degré de la sensibilité rétinienne.

Une ère nouvelle, messieurs, commence en ophthalmologie avec la découverte de l'ophlhalmoscope. C'est qu'un grand problème vient d'être résolu, et sa solution a levé d'un seul coup tous les obstacles qui s'opposaient à l'examen des milieux profonds de l'œil. Avant les travaux du professeur Helmholtz, quelques physiologistes s'étaient bien demandé pourquoi la pupille restait noire lorsqu'on approchait de l'œil un corps lumineux, mais on n'était point arrivé, du moins d'une façon satisfaisante, à donner le moyen d'éclairer facilement le fond de l'œil; et, chose qui vous étonnera peut-être, c'est que la préoccupation d'arriver à ce magnifique résultat n'apparaît point dans les livres des oculistes et des chirurgiens ; ce sont des physiologistes qui cherchent avec le plus d'ardeur à résoudre cette question si intéressante, et c'est à l'un des plus éminents d'entre eux, à M. Helmholtz, aujourd'hui professeur à l'université

XVI LEÇONS SUR L'EXPLORATION DE l/(EIL.

d'Heidelberg, que la pratique est redevable de cette découverte. A partir de ce moment, le médecin n'est plus réduit à cacbcr son ignorance derrière une facétie, en déclarant que dans les lésions du fond de l'œil il n'y voit pas plus clair que le malade. On a mis entre ses mains une méthode d'exploration qui lui permet d'examiner dans ses plus fins détails la surface de la rétine, la choroïde sous-jacente, le corps vitré, la papille du nerf optique ; el de ce nouveau mode d'investigation est née une série de remarquables travaux qui ont changé la face de l'ophthalmologie moderne, et donné à celte branche de la chirurgie un caractère scientifique qu'elle ne perdra jamais.

C'est à la découverte du professeur Helmholtz et à l'application de l'oplilhalmoscope au diagnostic des maladies de l'œil que nous devons d'avoir pu distinguer les maladies qu'on réunissait sous le titre assez obscur d'amaurose, de les avoir séparées les unes des autres et classées d'après le siège du mal et la nature de l'affection, enfin d'avoir pu instituer un pronostic exact et un traitement rationnel. Il me sera facile de vous montrer plus tard les merveilleuses applications de l'ophthalmoscope au diagnostic des maladies des yeux, et j'ai la conviction d'amener chacun de vous à manier avec facilité cet instrument, dont la découverte peut sans crainte réclamer sa place à côté des plus beaux moyens d'exploration physique des organes.

Les recherches entreprises avecl'ophthalmoscope appelèrent de nouveau l'attention de quelques médecins sur les conditions dioptriques de l'œil, et sur l'influence qu'une certaine altération dans ces conditions doit exercer sur la vision. En effet, l'œil peut être considéré comme un ensemble de milieux réfringents, qui possèdent un indice de réfraction variable et ont pour but d'amener sur un écran, qui est la rétine, l'image des objets exlé-

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