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ART DANS LAN I IQUrifi

Après la mort de Ramses XII, l'Egypte était déjà divisée entre les souverains du sud et ceux du nord, et ce fut bientôt Tanis qui devint la ville principale, tandis que pour maintenir djn-. l'obéissance <• les Nomes ». les

nouveaux pharaons faisaient appel aux ^^tr soldats mercenaires, et ouvraient ainsi

l'Egypte aux étrangers.

Apres le règne du lybien Seshonq.

chef de la dynastie bubastite. l'Egypte se divisa en petites principautés, dont chaque prince s'attribua l'autorité royale. Une dynastie tanite remplai^a la dynastie bubastite. et fit place elle-même a une dynastie éthiopienne, sans qu'aucun des princes put reconstituer a son profit l'unitc de l'empire égyptien.

C'est sous l'Ethiopien Taharqc-»u que les rois assyriens entreprirent la conquête de l'Egypte et que Memphis dut ouvrir ses portes à Assarhaddon {670). Assourbanabal compléta la conc^uète par la prise de Thcbes.

Profitant des luttes entre les Mèdes

rw m et les Assyriens, un prince saïte. Psam-

JC Jr inctique tenta d'affranchir I Egvpte en

B^ J^B enrôlant comme soldats les Grecs recem-

Ht ^Hl ment établis dans le Delta; de cette époque

date pour l'EgNptc une renaissance de I Ipn^^R \.ivt momcntancincnt arrêtée par la con-

L ■ Il « quête perse.

f ^Bik. Bmé^^ C est seulen\ent sous la dynastie saïte.

et surtout sous les Ptolémées. après la Lonquclc macédonienne, que les architectes édifièrent des temples cc>mparablcs. pour leurs dimensions, aux temples thébains. Les divisions générales de I édifice étaient conservées : le temple d Ediou. par exemple, construit sous Ptolemée-Pliilopator. offre des dispc^sitions prescjue identiques à celles du tcmc>]c de Klions : pvlônes précédant une cour péristyle . salles hypost\lcs et j^aicrie donnant accès au sanctuaire autour (.iuqucl .>oiit distribuées les chambres ser\ant tic depc^ts pour le culte. Une différence cependant est a noter : la première salle hvpostyle est directement ouverte sur la cc^ur. et cette disposition a eu pc»ur

rig. 4V - L. rCM.c K.roman.a.

Statueric cil bion/c incrusté d'or et d'urgent.

XXir dynaitic. (Louvre.)

L'ART EGYPTIEN

conséquence l'établissement entre les colonnes, du côté de cette cour, d un mur d'appui, élevé à mi-hauteur des colonnes, et l'ouverture d'une porte correspondant à une travée centrale, plus large que les travées latérales. Comme précédemment, les salles sont couvertes en terrasses par des plafonds de pierre.

Sous les Ptolémécs. on avait cherché aussi à préserver les trésors du temple en les dissimulant dans des cachettes constituées par des galeries

Fu^. 44. — Vases d< bronze <I vast» de cuivre niarttk a ornement» grave» el repousse». (Louvre.)

Ce» vases à libation» sont d'époque saïte.

Le V.I5C au serpent qui porte une inscription démotique est de date plus récente.

prises dans l'épaisseur des murs. Ces galeries existent au temple de Denderah. dont le sanctuaire a la plus grande analogie avec celui d'Edfou.

Les temples saïtes étaient de composition plus simple. Celui de Nectanebo II. dans l'île de Phihv. consacré à la déesse Hathor. n'est cju'une salle rectangulaire formée par des colonnes que relie un mur d'a|->pui (hg. 45). Ainsi se présente encore le petit temple de Kerdaseh. en Nubie, qui n'est pas antérieur à la conquête romaine (Hg. 4t»). Ces monuments admirés par Hérodote ne sont pas sans analogie avec les temples grecs, et on comprend qu'au moment ou lart égyptien des époques mcmphites et thebaines était mal connu, ces monuments de basse époque fussent considères comme les chcfs-d'cxuvre de l'art égyptien.

A Phila'. le grand temple commencé sous Ptolemee Philadelphe était à peine termine au temps de Cléopàtre : il est encore précédé d'une avenue aboutissant à des pylônes, qui comprennent entre eux une cour péristyle.

L AIM DANS L ANIIQUITE

d'où l'on accédait à une salle hypostyle et de la aux chambres du sanctuaire

(fig- 47)-

Mais ce qui caractérise la décadence de l'art égyptien dans cette dernière

période, c'est la complication du décor architectural. On conserve bien «ncore

le masque hathorique et le chapiteau à campane comme couronnement des

colonnes; mais ce masque n'est plus comme à l'époque thébaine le chapiteau

;ik- ou Pnillon do NccLincbo II J..ns I ilc de PhiLir . XXX* dvnislic.

caractéristique ».i un temple dcdic a la dccssc ; il est >urmonte diine sorte de Naos, et comme si ce n'était pas assez encore, la tète de femme à oreilles de génisse est perchée à PhiUc sur un chapiteau campaniforme (fig. 45). De pareilles fautes de goût auraient dû modérer l'enthousiasme des savants de l'expédition d'Egypte pour les monuments de PhiUc. dc^nt le groupement pittoresque exerce encore tant de séduction sur les visiteurs.

Le ch.ipiteau lotitorme a ete peu employé après l'époque thébaine. On lui préférait le chapiteau campaniforme qu'c>n decompc">sa suivant les quatre faces du dé cubique qui le couronnait en quatre fuseaux occupés par des feuilles étagées (hg. 47). Au petit temple de Denderah. le cube portait en relief une hgure du dieu Bisou.

Peu à peu les faisceaux se décomposèrent pour recevoir des feuilles de palmier ou des tiges fleuries, transformant insensiblen\ent le couronnement de la colonne en une sorte de corbeille, surchargée de feuilles et de Heurs dont

47. Cour inrciicurt du jjrjnd ttmplt do Philac. HpOijuc piolcnni^iic

L ART HGYPTIEN 5i

la couleur accusait violemment les formes. Les exemples abondent a Philae, à Edfou et à Koum-Ombos.

Par une sorte de retour de goût vers la sculpture primitive, du peut-être à une influence de l'art grec, les sculpteurs de l'époque Ptolémaïque et de l'époque romaine font souvent usage des reliefs saillants pour les inscriptions et les figures. Le Louvre conserve encore un fragment de bas-relief sur lequel

FiG. 40. Petit tcmplt Je Kcul..>.l> Q.,u.i>^i ..

Momimcrii de mime style que le |i..vJlon de Ne.t.uKlK' Il a Phil»

sont représentées deux figures d'une expression très délicate, et dont la coiffure très riche porte encore des traces de coloration.

Même dans cette période de décadence la tradition maintient encore pour la représentation des animaux, chacals, singes, faucons ou cperviers sculptes dans les matières les plus dures, une interprétation décorative qui est a louer sans réserve.

La ruine de Thèbes due aux rivalités des nomes ou provinces avait eu sur l'art égyptien une fâcheuse influence ; mais à partir du règne de Psammétique 1", l'ordre avait été rétabli, et une nouvelle école de sculpture s'était formée, s'attachant à tirer des matières résistantes, basalte ou serpentine, les

L ARI DANS LANTIQUJTK

effets les plus délicats. On cherche alors a animer les figures en étudiant de plus prés la nature et en rendant les modelés avec la vigueur que comporte la matière. Le Louvre conserve la tête d'une statue de vieillard aussi remarquable par son caractère réaliste que par la perfection de sa

technique (fig. 48).

Cette école de sculpture ne subit que tardivement l'influence grecque.

D'ailleurs, les Césars, comme les Ptolémées, avaient intérêt à ménaj;er la religion égyptienne pour se concilier l'affection de leurs sujets.

On continua donc de travailler aux temples de Denderah et d'Ombos sous Tibère et sous Claude, de Philic et d'Esneh sous les Antonins, et la décoration garda, au moins en apparence, les dispositions et les thèmes qui avaient cours aux époques antérieures.

Cependant, 1 art égyptien avait cessé depuis plusieurs siècles d'exercer son influence sur l'Asie antérieure et dans la Méditerranée. Les Grecs avaient enlevé aux Egyptiens leur clientèle phénicienne.

ainsi qu on l'a constaté à Sidon.

lorsqu'on découvrit, dans une nécropole royale, une série de sarcophages anthropoïdes, les plus anciens exécutés en Egypte. les autres en Grèce mais reproduisant, sous le ciseau des artistes grecs, les formes créées en Egypte et adoptées en Phénicie.

Ce qui subsistait, c'était l'admiration superstitieuse des étrangers pour la civilisation de l'Egypte ou du moins pour ses brillants dehors. <■ La pompe des monuments et des tombes (1), la pompe des cérémonies, la gravité et l'ampleur mystique des formules religieuses frappaient leurs regards et leur inspiraient le respect de ce qu'ils ne \o\aient pas : la sagesse des Egyptiens était pro\erbialc chez les Hébreux et cl.e/ les Grecs. Et pourtant ces beaux dehors dissimulaient à peine une décadence irrémédiable. A v regarder de plus près, on reconnaissait que l'art n'avançait plus, que les sciences étaient une routine, ejue la religion se dégradait chaque join. La chute des dynasties thebaines avait entraine celle du monothéisme... La

(1). G. Maspcro. HUIcire jn^irnne Jfi VtupUs Je t'Oritnt.

Fici. 48. — Tite de vieillard en graiiii . Epoque

L'ART EGYPTIEN

féodalitc divine triompha partout à l'ombre de la féodalité humaine, et les dieux de Mendès ne consentirent pas plus a se laisser absorber par ceux de Saïs que les Mendésiens à courber la tète devant les Saïtes. » L'art ne trouvait plus que des expressions confuses pour ces cultes multiples et ni la complication des formes, ni l'exubérance du décor ne pouvaient suppléer à l'idée directrice qui n'existait plus.

Quc^i qu'il en soit, l'art égyptien n'a négligé aucune des branches de l'activité humaine. Dans toutes il s'est montré créateur, et si la sculpture n'a pas atteint à la perfection qui fut réalisée plus tard en Grèce, si dans l'ordonnance de l'architecture on ne rencontre pas toujours les qualités d'ordre et d'harmonie qui distinguent l'art grec, et en particulier l'art athénien, on peut dire que l'Egypte avait créé de toutes pièces le système de construction lapidaire qui caractérise l'architecture antique, qu'elle a été l'initiatrice de la sculpture et de la peinture, qu'elle a créé les techniques de tous les métiers et les a poussées si loin que, pour quelques-unes, elle peut être encore la meilleure éducatrice.

Faucon <n hatallc. (Louvre.)

LES ARTS ASIATIQUES

LART CHALDEEN

A civilisation chaldéenne, qui dispute à la civilisation égyptiennnc la priorité, nous est encore à peine connue. Les fouilles de M. de Sarzec en Basse- Chaldée, qui ont enrichi notre Musée du Louvre, sont récentes. Celles que M. de Morgan poursuit dans la région de Suse, et qui ont fourni déjà sur l'art chaldéen les documents les plus précieux, ne sont pas terminées. Il serait donc prématuré de tenter actuellement un essai d'histoire de l'art chaldccn.

Ce que nous savons seulement, c'est qu Une civilisation très ancienne s'était formée en Chaldee, comme en Egypte, dans une plaine fécondée par les alluvions d'un grand bassin fluvial.

Les fleuves de l'ancienne Chaldée sont le Tigre et l'Euphrate, qui sortant des montagnes d'Arménie, se réunissent pour former un seul Meuve, le Shatt-el-Arab, avant de s'écouler dans le golfe Persique.

Les fleuves, après la fonte des neiges, déposent sur le sol un limc">n que féconde le soleil d'été: faute de culture, la plaine est transformée par places en marécages: cependant les céréales v donnent d abondantes récoltes.

Le palmier est l'arbre de la Chaldée: on l'exploitait pour toutes sortes d'usages. Sur les bas-reliefs les génies bienfaisants sont représentés tenant le spathe de palmier. Quant à la faune, elle comprenait, outre les éléphants et les Kuivcs. i'hcniionc. l'onagre et les animaux que 1 homme a domestiqués.

LAHI DANS L ANTIQUII l:

FiG. 49- — Mauvais gcnics. Bas-ri (Musée Britannique.

Il semble que les premiers habitants, issus peut être de l'Arabie méridionale, aient peuplé les plaines voisines de la mer, et que là comme en Ej^ypte, la civilisation ait remonté }>eu a peu le cours des fleuves. Ainsi les premières villes auraient été fondcc> en Basse-Chaldée, puis Babylone aurait été le centre de la civilisation, et plus tard Ninive aurait été la capitale lorsque l'autorité passa des Chaldéens aux Assyriens.

Ce pays, par sa situation privilégiée entre l'Inde et la Méditerranée, excita toujours les convoitises des peuples voisins, ayant peut-être la même origine, Assyriens, Elamites.

Perses, Egyptiens et peuplades cantonnées en Syrie. Aucune frontière nat u r e 1 1 e ne l'isolait de la Syrie, tandis que vers l'est et le nord des

montagnes séparaient les vallées de l'Euphrate

et du Tigre de la Médie et de l'Arménie.

Les explorations de M. de Sarzec ont déjà

déterminé les emplacements de quelques cités

anciennes de la Chaldée situées sur les deux

rives du Bas-Euphrate. Ourou, Eridou, Lagash

(Tclloh , Larsam : plus au nord étaient Nip-

pour, Borsip, Babylonc.

Le désert d'Arabie protégeait cette preinicrc

civilisation, que menaçaient surtout vers l'est les

Elamites de Suse.

Dès l'origine, dans ce pays, pauwc en matériaux lapidaires et en bois, il lallut utiliser le

limon (.les Meuves pc>ur fa*;onner les matériaux de

construction. La brique crue séchée au soleil

fournit les assises des murs; on y intercalait des

lits de roseaux, et on mélangeait, comme en

Egypte, la terre de paille hachée. Mais de

'^ f ' Fie. Si. — Borne-limite du roi Katiilc

bonne heure on Ht emploi pour les revêtements Miii»hikou. Louvre.)

Fio. 5o. — Sii-le d< Naram-Sin, roi d'Agidt. vers 'iyio av. J.-C. (Louvre.)

LKS ARTS ASIATIQUES

de la brique cuite et du bitume intercalé par couches entre les lits de ces briques. Cette pénurie des matériaux lapidaires et du bois a eu pour conséquence la création en Chaldée d'une architecture différente de celle qui s'était développée dans la vallée du Nil.

L'ancien temple chaldéen n'a aucun rapport avec ie temple égyptien construit tout entier en matériaux lapidaires. D'après les découvertes récentes faites à Ourou et a Eridou, le type du temple chaldéen est la tour a étages telle que les Grecs la virent à Babylone.

Ces tours s'élevaient sur des terrasses, assez vastes pour contenir ceux qui assistaient aux fêtes religieuses. Elles étaient construites en briques

sèches avec parements en briques cuites et avaient plusieurs étages accessibles par des pentes douces ou des escaliers. Des contreforts assez rapprochés consolidaient les revêtements. Sur les terrasses, de grandes dalles de terre cuite, établies en pente pour l'écoulement des eaux, couvraient le terre-plein. Des mms d'appui limitaient ces terrasses. Au sommet de la tour était le sanctuaire.

Les Chaldeens, comme les Egyptiens, avaient divinisé les forces de la nature; mais au lieu d'enfermer les divinités malfaisantes dans l'enfer souterrain, ils peuplaient l'univers de démons grimat;ants. Ces démons, c'étaient, ainsi qu'on peut le supposer, les fièvres des marécages, les vents brûlants du midi, les feuv-follets égarant les voyageurs. Pour les vaincre on avait recours aux génies bienfaisants, taureaux et lions ailés à tête humaine qu'on plaçait à l'entrée des temples et des palais en Assyrie comme en Chaldée. Ces bons et mauvais génies sont constamment figurés sur les bas-reliefs (fig. 49).

Les Chaldeens avaient une idée singulière des origines du monde. Aprèsque Mardouk vainqueur de Tiamat, c'est-à-dire du chaos, eut sépare le ciel de la terre, les dieux du ciel, de la terre et des eaux, Anou. Bel, Ea, donnèrent n.iissance aux autres dieux et. parmi eux, à ceux qui brillent

fao LART DANS L AN I IQUITI-

dans le firmament. Sin la lune, Shamash le boleil, Adad l'atmosphère. Les dieux se dédoublaient pour réunir les deux principes maie et femelle. Anou en Anat, Bel en Belit. Mardouk en Zarpanit. L'intervention des dieux dans les phénomcnes célestes et dans les incantations contre les démons transforma

FiU. 53. B.<>-rcli<t du p.ilais dA5>0UTbaiiabaI j Koyoundjik - Nm.ȣ .

Convoi de prisonniers. (Louvre.)

bien vite les prêtres en sorciers et en astroloj^ues. Chaque dieu eut d ailleurs sa Ville préférée. A Ourou. c'est Sin. le dieu lunaire, qui a le premier rang: c'est Sluiiiuisk. le dieu du soleil à Larsam ; Mardouk. confondu avec Bel. est le dieu sufnème a Bab\lone. Ishtar (/arpanit) personnifie la fécondité; elle est aussi l'ctoilcdu soir et l'etc-tilc du niatin. déesse de l'amour et des combi;ts. Nebo, adoré à Borsip, est un devin qui prévoit l'avenir. La stèle

LES ARTS ASIATIQUES 6i

de Naram-Sin, roi d'Agadé. qu'on fait remonter à 3.75o avant Jçsiis-Christ. et sur laquelle est représenté le roi vainqueur des Elamites, a comme couronnement le soleil et la lune sculptés en bas-relief (Hg. 5o).

Les croyances des Chaldéens concernant les âmes des morts ne semblent pas avoir différé beaucoup de celles des Egyptiens. S'ils ont poussé moins loin queux les précautions à prendre pour la préservation du corps après la mort, c'est peut-être qu'ils ne disposaient pas couinie en Egypte de collines

Fio. 54. — Chevaux I<nu5 (n main. Ba> relief assyrien. (Louvre.)

pour y creuser des hypogées ni de matériaux calcaires pour construire la demeure définitive du défunt.

L'humidité du sol marécageux limitait les dimensions des chambres funéraires, réduites à un caveau de briques, voûté par encorbellements, ou à un cercueil de terre cuite jointoyé au bitume. Cependant la croyance à une seconde vie avait pour conséquence, là comme en Egypte, l'accumulation près du mort de vases à provisions, de bijovix. d'armes ou d'objets de toilette, flacons, peignes, etc.

On comprend que l'architecture funéraire n'ait jamais eu en Chaldée l'importance qu'elle eut en Egypte.

Les rois chaldéens semblent bien avoir rempli, comme les pharaons. l'office de grands prêtres et s'ils n'étaient pas divinisés après leur mort, ils ont joui durant leur vie d'une puissance plus grande peut-être que ne le fut jamais celles des souverains de l'Egypte.

Cette puissance est attestée par les palais, véritables places fortifiées qui comprenaient dans leur enceinte les monuments religieux. Ils étaient

Oî L'ART DANS 1. A \ I IQUl J"t

établis sur des tertres factices, formant sous les constructions d'énormes empattements dont la fonction était de bien répartir sur le sol conipressib!e

l'iu. i:>. Colosse .1 tèt<e humaine et corps Je latircau. provciunt des portes

du palais de Sarj^on, à Khorsahad. (Louvre )

la charge des murs. Les fouilles de Tclloh. en Basse-Clialdee. ont révèle I ordonnance j^jénérale de ces palais, doni le- constructions enfermées dans une enceinte lonnaient trois viroujvs pruicipaux. avant chacun leur accès particulier et leur cour. C est d'ailleurs la dispositic>n de tous les palais

LES ARTS ASIATIQUES

asiatiques, comprenant les salles d'apparat, les appartements privés avec le harem et les dépendances.

A Telloh, la tour à étages qui forme le temple est située dans le voisinage des salles de réception. C'est sur les murs de ces salles que se développaient les hL's-rcliefs, souvenirs des victoires ou des chasses du

Fk. <C.. — Sicjjt d'une villt p.ir TigUtphaU/..r III Emplo. du b^l:c.. ,.N\.. .c Uriunniqut.)

prince. Le;, entrées et les sorties étaient ménagées de telle sorte que la salle où se tenait le prince fût toujours protégée.

D ailleurs, dans toutes les parties Je I l'.abitation. les communications d un c]uartier à l'autre ne se Faisaient que par d'étroits passages faciles à surveiller et à défendre.

Quant aux pièces d'habitation, il semble qu'on se soit surtout préoccupe de les protéger contre la chaleur. Ce sont des chambres voûtées, isolées des cours par des vestibules, et où la lumière devait à peine pénétrer. Il ne parait pas que ces salles aient été dallées, du moins n'a-t-on retrouvé qu'aux entrées des pièces principales des seuils d albâtre très richement décorés par des

64 LART DANS LANTIQU II i;

ornements sculptés de faible relief II est probable que les sols étaient recouverts de nattes et de tapis.

La voûte, qui caractérise de bonne heure la construction assyrienne, était laite ou par encorbellements si la larj^eur a franchir était faible, ou par arcs

Fia. 57. Cluirs Je giicrrt à iqtmtre comhattiinl». Bj«-r<li<f du p;ilii:

irAssoMrh.iniibal. (Louvre.»

parallèles k\i;crcincnt inclines qui facilitaient sa construction sans cintres. C'est ainsi qu'étaient l.ntcs les j^alerics qui ont ctc viccouvertes a Khorsabad. La coupole, qui est le tvpe le plus simple des voûtes a encorbellements, était sûrement connue, puisqu'elle est figurée sur les bas-reliefs assyriens.

Quant aux [hmIcs percées dans les murs et dont les iambaj;;es étaient souvent ornes d'animaux à tète humaine, figurant les v;enies bienfaisants

LES ARTS ASIATIQUES bS

gardiens du palais, elles étaient voûtées en berceau, ayant leur arc de tète apparent et accusé comme on l'a reconnu à Khorsabad, par des archivoltes de terre émaillée. Ces dispositions, qui sont celles des palais assyriens, semblent bien avoir été celles des palais chaldéens.

A Telloh, M. de Sarzec a retrouvé des faisceaux de colonnes groupées par quatre, et formées par l'assemblage de briques rayonnant autour d'un centre. D'autres colonnes formées de même par l'assemblage de briques ont été découvertes par M. de Morgan Elles proviennent du Teniplc

compliiSiint un ritt d'offrande. Bas-r<licf assyrien. (Mu5<c Britannique. I

de Chouchinak (vers i 1 5o avant l.-C.)- H est difficile actuellement de préciser le rôle de ces colonnes, qui soutenaient peut-être des encorbellements sous des portées de voûtes ou divisaient des salles.

Les murs étaient couronnés par des redentures qui remplissaient sans doute un rôle dans la défense. C'était une sorte de crénelage de briques cuites, assez élève dans les parties pleines pour garantir les archers Ce mode de couronnement figuré sur les murs d enceinte des bas-reliefs assyriens semble avoir été usité de toute antiquité en Asie et était encore en usage au moyen âge dans les constructions musulmanes.

Sur les genoux d'une des statues de basalte trouvées en Basse-Chaldce, est un plan de forteresse indique, comme en Egypte, par le rabattement des tours crénelées. C'est le château de Lagash (Telloh) dont l'agrandissement était dû

66 L AHI DANS L ANTIQUITK

au (( patcshi », ou j^ouverneur, Goudéa, et qui s'élevait a douze mètres audessus de la plaine sur un soubassement massif.

L'emploi de la brique formant revêtement était usité en Chaldée, ainsi qu'en témoigne, à Ourouk, un essai de décoration des parements par des combinaisons géométriques.

Sûrement, la civilisation de la Chaldée a été très voisine de celle de l'Egypte. Le bas-relief de Naram-Sin, quoique ne procédant pas par réductions conventionnelles des saillies, comme les bas-reliefs égyptiens, leur est comparable pour la justesse de l'expression. Shargina ou Sargonl", père de Naram-Sin, n'avait-il pas pris contact avec les Egyptiens dans la presqu'ile du Sinai?

Les sculptures les plus anciennes de la Chaldée ont les caractères de simplicité et d'énergie des sculptures égyptiennes. On y employait les matières les plus dures, granit, diorite ou basalte qu'on allait chercher fort loin. La belle statue de Goudea, conservée au Louvre, est en diorite.

La stèle fameuse d'Hammourabi (2.000 av. J.-C), sorte de code des lois chaldccnnes, est en basalte, comme la borne-limite (fig. 5i) du roi Kassite Milishikou (i 144-1 1 3o av. J.-C).

Les Chaldéens connaissaient l'emploi du bronze et ils savaient le fondre a faible épaisseur au moyen de noyaux, ainsi qu'on peut le constater sur les colonnes votives découvertes par la mission Morgan et recueillies au Louvre. Elles sont rapportées à l'an 1 100. On fait remontera la fin du xwi' siècle avant Jésus-Christ des statuettes de bronze au nom du roi Dounghi, sortes de gaines terminées par des figures portant une corbeille sur la tète. On a recueilli d'ailleurs en grand nombre des armes, des outils et de menus objets de bronze provenant de l'Elam, dont la civilisation précéda peut-être celle de la Chaldée. La pièce la plus intéressante est une table de sacrifice en bronze, entourée de serpents, qui a été trouvée dans les dernières fouilles de Susiane, et qui remonterait à l'an 1 1 00 avant l'ère chrétienne (fig. 52). Les cvidements pratiques dans les bords de la table étaient sans doute destinés à l'écoulement du sang des victimes.

On peut citer encore, en témoignage de l'habileté des Chaldéens, un vase en argent gravé et la lance votive en bronze que M. de Sarzec a recueillis en Basse-Chaldée.

Le mode de construction des palais en massifs énormes de briques sechées au soleil, cjui, par la suite des temps, ont forme, sous l'action cies pluies, d'énormes monticules accusant l'emplacement des anciennes villes, explique le petit nombre de dociuiicnts recueillis jusqu'ici sur la construction et la décoration en Chaldcc.

Des fragments de terre cuite revêtus d'émaux terreux où dominent le bleu de cobalt, le brun noir de manganèse, le blanc d'étain et le jaune orange d'antimoine, avaient bien laissé deviner l'existence de revêtements décoratifs sur

LES ARTS ASIATIQUES

les parements des nuirs de briques. Mais c'est seulement après les retentissantes découvertes de M. et M"" Dieulafoy à Suse. qu'on a pu se rendre compte de l'effet de murs entièrement revêtus d'émail et de l'interprétation en relief de figures et d'animaux formant, par l'assemblage des briques émaillées, des frises d'un extraordinaire éclat.

Des objets mobiliers recueillis dans les fouilles, manches de poignards en terre émaillée , peignes en bois sculpté, ivoires, etc., semblent révéler

l'habileté professionnelle des artisans : toutefois ceux de ces objets dont la valeur artistique est indéniable, paraissent appartenir a l'art assyrien plutôt qu'à l'art chaldéen.

Si précieuses que soient les trouvailles faites dernièrement en Chaldee. si importante qu'ait été l'invention d'une écriture syllabique attribuée aux Chaldéens. il faut bien constater que les manifestations d'un art véritable dans la Mésopotamie ne paraissent guère antérieures aux relations qui s'établirent entre l'Egypte et la Chaldée, lors des migrations de peuples asiatiques dans la vallée du Nil, et que les plus belles ccuvres. celles qui autorisent des rapprochements entre l'art assyrien, l'art égyptien et l'art grec, ne datent que cle la dynastie des Sargonides, c cst-à-dire du i\' au vu' siècle avant notre ère.

68 1. ART OANS L ANTIQUITE

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