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Par la construction de la jurande nuiraillc. que l'on fait remonter aux premiers siècles de notre ère, la Chine, en voulant se protéger contre les incursions de ses voisins, est demeurée presque fermée pour nous. Nous ne connaissons pas ses monuments, mais nous savons par la perfection des produits de son commerce, par ses porcelaines aux colorations chatoyantes de j^rand tcu, par ses tissus de soie, par ses broderies plus riches encore que
liu. 91. Icniplcb cl colonn<i ^ur lj pUcc kiu P.i!ji9 tlu roi * Bhalgaon (N<p<l|.
celles qu'exécutent les Japonais, élèves des Chinois, que la Chine a possédé un art très complet à une époque ancienne où elle était en rapport avec 1 IikIc liouddhistc. Or. au Népal, on trouve des u stupas » ou » tumuli » élevés en l'honneur de Bouddha analogues à ceux de l'Inde, et notamment à celui de Sanchi. dont la clôture de pierre reproduit les dispositions les plus caractéristiques du travail k.\u bois.
M. Le Bon signale a Bhatgaon deux monuments voisins, dont l'un est un temple de pierre (hg. c)o) et l'autre inie pagode de bois (hg. q\). Or si l'on tient compte des différences de proportions dues aux différentes matières, les formes et les ornements sculptes de la pierre sont exactement ceux du bois. Ainsi s'explique comment, par transitions insensibles, les monuments
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lapidaires ont succédé dans ces régions aux monuments de bois lorsqu on voulut appliquer à la construction d'édifices importants une matière durable.
Le bois est cependant demeuré la matière préférée dans les régions volcaniques ou exposées aux tremblements de terre telles que le Japcn et une partie de la Chine. On y connait si bien l'avantage des constructions en bois qu'on évite de sceller les poteaux, et qu'on les fait simplement reposer sur les maçonneries qui les portent, afin de parer aux dislocations pouvant résulter des mouvements du sol.
Au Népal, où la population est mélangée d'Hindous réfugiés dans cette région lors des invasions de l'Inde, certains édifices construits en pierre se rapprochent par les formes des temples hindous de la période néo-brahmanique, mais les monuments les plus intéressants sont ceux qui procèdent de l'emploi du bois et des petits matériaux.
L'un des caractères de cette architecture, c'est la grande saillie des auvents de charpente, portés en encorbellements sur des liens ou consoles.
Pour les temples, la construction en est étudiée de telle sorte que ces auvents s'étagent en retrait les uns des autres au-dessus de galeries de bois dont les poteaux, quoique couverts de sculptures, ont, aussi bien que les autres pièces, semelles, poutres ou écharpes, les formes qui conviennent aux qualités du bois. Le même mode de construction et les mêmes matériaux sont mis en œuvre pour les palais et les maisons construites à plusieurs étages. Mais celles-ci s'élèvent verticalement, ne comportant d'autres saillies que celles des galeries ou vérandas abritées par des auvents. Les fenêtres sont closes par des treillis de bois assimilables aux clôtures des maisons du Caire, ou aux claustra des monuments khmcrs.
Sans doute la date récente de ces constructionsrcnd difficile uncappréciation sur l'origine des thèmes décoratifs et du style; mais dans des pays aussi isolés les traditions se maintiennent pendant des siècles, et il y a tout lieu de penser que les édifices actuels de bois et de briques reproduisent plus ou moins fidèlement les dispositions d'cdificcs antérieurs. On peut croire avec M. Le Bon que le Népal en est à la période de transition où se trouvait l'Inde tout entière avant l'ère chrétienne, et déduire, sans que l'hypothèse semble excessive, l'art ancien de l'art actuel.
Les photographies prises par M. Le Bon au cours de son voyage nous montrent les places principales des villes du Népal bordées de constructions très pittoresques, aux couvertures inclinées, ainsi qu'il convient dans des pays pluvieux, et aux silhouettes élégantes résultant des saillies d'auvents et des encorbellements des pans de bois (fig. 92).
Le climat et les matériaux imposent à l'art certaines dispositions et certaines formes qui aident à de singuliers rapprochements entre des œuvres séparées par le temps et l'espace. Le palais du roi à Bhatgaon. avec ses deux étages de soubassement en briques, percés d'ouvertures qu'encadrent des
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poteaux, des appuis et des linteaux de bois sculpté, et surmonté d'un étage de pans de bois en encorbellement, éveille le souvenir des anciennes maisons de bois du moyen âge qu'on voit encore en Normandie.
La grande pagode de la même ville s'élève sur un soubassement à gradins construit en pierre, dont le milieu est occupé par un escalier que gardent des statues de dieux assis, des éléphants et des lions. La pagode est une salie dont les murs construits en briques forment un noyau servant de
FiG. 93. Monument pyramidal a Uxmil (Yucatan).
soutien aux étages superposés, formés d'auvents établis,en retrait les uns des autres. Le premier de ces auvents, dont la saillie est presque égale à la hauteur de l'étage, est porté sur des consoles couvertes de sculptures. Elles prennent appui sur des pièces horizontales, que soutiennent, par l'intcrmcdiairc *Àc larges semelles, des poteaux fort élégants et charges aussi cic sculptures.
C'est sur la place du palais que sont les temples et aussi des colonnes ou piliers monolithes, surmontés d'un chapiteau en forme de corbeille portant une statue agenouillée et qu\ ajoutent encore à l'effet très pittoresque de cette place (tig. 02).
A Patan, qui fut lune des anciennes capitales, le palais royal et les temples sont groupés à peu près de mcmc. Le grand temple de pierre consacre au culte brahmanique a son sanctuaire couronne par une tour pyramidale ayant quelque analogie avec celles des temples hindous. Il s'élève sur un magnific|uc soubassement et est entoure de galeries à trois étages. Là encore
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les détails les plus intéressants sont ceux des galeries et particulièrement des piliers de bois du palais, dont les moulures très fines, passant par transitions insensibles du plan carré au plan circulaire, s'accordent avec des sculptures prises dans la masse, si bien que là le décor s'harmonise absolument avec la
l'u. 04 Palais (7) a Chichcn-ltjj (Yucalan).
construction, témoignant d'une logique qui fait trop souvent défaut aux monuments de l'Inde.
Autant qu'on en pcutjugerpar l'art du Népal, c'est le bois qui a déterminé à l'origine les formes de l'architecture dans l'Asie orientale, et l'abondance des bois résineux faciles à travailler indique suffisamment la raison qui fit préférer tout d'abord le bois aux matériaux lapidaires. En Chine et au Japon, les bois à tiges creuses, les bambous, se prêtaient à des combinaisons d'assemblage différentes de celles des bois pleins, exigeant des ligatures qui. pour une croupe, par exemple, ne permettaient pas d'établir dans le même plan les arêtiers et les sablières et créaient ainsi pour le chcvronnage une surface gauche tendant au vclcvcMicnt de ces chevrons sur l'angle et conduisant naturellement aux
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loniies Je combles retroussés qui paraissent avoir été d'usage constant dans les deux pays.
La Chine, comme I liidc, semble avoir traite la sculpture sur le bois et la pierre à la façon d'une broderie, et c'est aussi par l'Inde que se sont transmis les types d'animaux fantastiques qui caractérisent la sculpture d'Extrême- Orient, du moins celle que nous connaissons.
Si l'on ajoute foi aux anciennes annales chinoises, l'influence de la Chaldee pourrait s'être exercée directement dés le x" siècle avant notre ère. A cette époque, l'empereur Mou-Wang aurait traversé l'Asie centrale et conquis la Chaldée. 11 y aurait vu les temples en forme de tours, qui auraient été les modelés des sanctuaires à terrasses dont semblent dérivées les pagodes a étages.
On expliquerait ainsi l'initiation des Chinois au procédé de lémaillage pratiqué depuis longtemps en Egypte et en Chaldée. La Chine aurait même bénéficié des enseignements philosophiques d: la religion chaldéenne, qui auraient inspiré les doctrines de Lao-Tseu et de Confucius. vers le temps où celle de Çakia-Muni se propageait dans l'Inde. Mais avant l'ère chrétienne, la Chine adoptait le bouddhisme qui, même après la résurrection du brahmanisme dans l'Inde, demeura la religion de la Chine et du Japon. Les monuments religieux de ces deux pays semblent tous appartenir au culte bouddliique, et c'est seulement par des détails de style que se distingueraient les monuments des anciens cultes, par exemple au Japon ceux du culte sintho.
La Chaldée, t]ui fut le berceau de l'art asiatique, avait donc étendu son influence jusqu'aux extrêmes limites de l'Asie, et si l'on admet comme possible l 'arrivée par mer dans I Amérique centrale d'asiatiques venus par le nord , ou jetés par les courants marins sur les côtes du Mexique, on pourrait expliquer les formes pyramidales des temples que M. Désiré Charnay découvrit au Mexique et dans le Yucatan. Ces édifices, construits en pierre et décores de bas-reliefs, reproduisent les formes des constructions de charpente montées par empilages. Le monument d Uxmal (fig. 93 , véritable tour pyramidale à étages, en est un type caractéristique. A Chichen-ltza. la face de l'édifice est chargée de bas-reliefs à décor géométrique où s'intercalent comme dans I Inde et le Siam des serpents enlacés fig. 94). Faut-il ne voir là qu'une similitude de formes correspondant chez différents peuples à un même état de civilisation? Faut-il, au contraire, .ttlribucr a une influence étrangère les mc^numents qui sont localisés dans une région très limitée de l'Amérique, c^ui ne se rattachent à auciM! mode de construction pratiqué dans tout le reste du comment américain, et qui. maigre bien des imperfections de détails, semblent accuser quelque habileté chez les artistes cjui sculptaient, au milieu d'ornements géométriques, des serpents et des animaux monstrueux éveillant le sc>uvenir des monstres sculptes de la Chine et t.ie l'Inde? Le> vieux h\ pothèses sont admissibles.
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Ce qu'on ne saurait en tout cas contester, c'est l'influence considérable qu'ont exercée sur tous les arts de l'antiquité les arts de l'Egypte et de la Chaldée. En Asie, cette influence s'est transmise à travers l'Jnde jusque dans l'Extrême-Orient. En Europe, elle s'est étendue aux civilisations primitives des côtes et des îles de la mer Egée. Les Phéniciens l'ont propagée sur les côtes d'Afrique, en Italie et en Espagne, et elle est apparente dans les premières manifestations de l'art grec (fig. gS).
Fiii. i)V Tili de Mylc grcco-phtnicitn (T) trou\(< j l'.Ktic
(Espagne).
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