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LES ORIGINES

L ART EGEEN

AKT grec a tenu, et tient encore, une si grande place dans l'histoire, qu'on serait disposé à le considérer comme l'expression d'une civilisation parfaite, tellement supérieure à toutes les autres, qu'elle semble ne leur rien devoir. En fait, l'art ne s'est élevé en Grèce à cette perfection que durant la période très courte où le génie hellénique, conscient de sa force, après les luttes victorieuses soutenues pour l'indépendance de la Grèce, s'affirme par des ccuvres immortelles, réunissant dans une ville privilégiée, à Athènes, les plus grands artistes, les plus grands poètes et les plus grands penseurs qui aient honoré l'humanité. ]l n'est donc pas surprenant que l'admiration constante et passionnée qu'on a vouée de tout temps à l'art grec ait laissé dans l'ombre ses origines modestes, dont la découverte remonte à peine à trente années.

Depuis les fouilles très fructueuses de Schliemann à Mycènes et à Tirynthc. depuis les trouvailles faites dans les iles grecques et jusqu'en Egypte, on a reconnu l'existence, sur les côtes de la mer Egée, d'une civilisation antérieure aux grandes migrations de peuples orientaux, qui curent lieu vers le xi' siècle avant notre ère, et qui. pour la Grèce continentale, sont connues sous le nom d'invasion dorienne.

Cette civilisation primitive de l'Hellade, qu'on a d'abord appelée mycénienne, parce que c'est dans les tombes de Mycènes qu'en furent trouvés les premiers témoins, et qu'on pourrait appeler égéenne, après la découverte d'objets similaires dans les îles grecques et sur la côte asiatique, se lie aux civilisations plus anciennes de l'Egypte et de la Chaldée.

LAHI" DANS LAMigUITI-

Elle semble avoir rcimi, pour des entreprises communes, ces peuples de la mer ou « des brouillards » que mentionnent les inscriptions des temples égyptiens, et qui mirent plusieurs fois l'Egypte en péril sous les dynasties thébaines, entre le xvii' et le xiv' siècle avant notre ère. La découverte en Argolide et dans les iles grecques de divers objets recueillis au milieu des tombes, et [portant coiiunc marque d'origine les noms de rois thébains, ne

laisse aucun doute sur les relations qui durent exister entre l'Egypte et la Grèce .1 ces époques lointaines.

L'étude des objets trouvés dans les tombeaux, et notamment des objets d'orfèvrerie découverts a Mvccnes, fournit une preuve plus convaincante encore.

de l'influence orientale dans lart de la Grèce antique.

A ne considérer que les objets d'or, on est surpris de l'habileté des orfèvres qui travaillaient le métal au repoussé, qui savaient relever en bosse le bandeau d'un diadème (fig. q6). river l'anse d'un vase, élever des cloisons sur un fond et sertir dans la feuille d'or rabattue des pierres hnes ou des pàtcs i.ic \crrc. Or, ces n\ethodcs de travail sont très apparentes sur les joyaux que Mariette découvrit dans les tombes royales de Thèbes. Bien plus, les princes de Mvcènes, étendus dans leurs sépultures, portaient des masques et des bijoux d'or analogues à ceux qui sont sortis des tombes royales d'Egypte. On ne saurait, toutefois, méconnaître l'originalité de certains thèmes favoris des artistes mycéniens. Si sur quelques coupes le sujet est la chasse aux fauves, si le même sujet d'origine orientale est reproduit par un travail de damasquinage, c'est-à-dire d'incrustation de métaux précieux, sur les lames de bronze des poignards mycéniens, si le décor de certains vases d'or ou d'argent est le méandre curviligne affectionné par les Egyptiens et les Chaldécns, si ce décor s'applique à la fois aux plafonds d'une tombe ancienne d'Orehoniene et d'un tombeau égyptien de Thèbes, on rencontre fréquemment, sur des objets d'or trouvés à Mycènes. la représentation de plantes et d'animaux marins, de papillons.

Ui.iJ>:ii\C5 >:l iiib4ucs d'or pvovtriani des scpiiluii de Mycènes. Papillons et feuilles radiées.

L ART GREC

rplivrc IroiiK a M\

Le i^oulpc

de feuilles radiées; le poulpe fig. 97) est devenu la caractéristique de l'ornementation égéenne, et on le trouve non seulement sculpté à Mycènes sur un vase de porphyre, ou ciselé au repoussé sur un disque d'or, mais encore peint à Rhodes sur un vase de terre cuite, que notre musée du Louvre a recueilli. Il semble, à considérer les vases d'or trouves dans les sépultures de Mycènes, que toutes les formes, celle du calice, celle de l'aiguière, celle de la coupe à pied, celle du gobelet, étaient déjà en usage (fig. 98). L'originalité de la silhouette n'est pas moins remarquable que l'originalité du décor.

L'homme est même hguré sur deux gobelets d'or trouvés dans une tombe à coupole de Laconie. à Vaphio (Hg. 98).

L'artiste l'a représenté

domptant le taureau sauvage. Une tète de taureau d'argent, ayant les cornes en or et portant une étoile d'or sur le front, est parmi les plus belles pièces découvertes a Myccnes.

Les tombes explorées dans la citadelle des princes mycéniens étaient surtout riches en métaux précieux, qui, sous forme d'égides, de disques, fixés sans doute sur les étoffes, enveloppaient les corps. Les terres cuites sont plus rares, et on ne sait trop, tant le sol a été remué, s'il faut considérer comme contemporain des bijoux certain vase sur la panse duquel se développe une théorie de guerriers d'un dessin bizarre qui frise la caricature. Mais le goût pour la polychromie qui distingue toutes les civilisations d'Orient est attesté, à Mycènes connue à Tirynthe , par des fragments de peinture trouvés sur des enduits de chaux, par des pâtes de verre incrustées dans la pierre.

Sans doute l'architecture, à en juger par les découvertes de M. Dccrpfcld à Tirynthe. était encore bien rudimentairc. Cependant le principe de l'encorbellement était déjà appliqué pc>ur des œuvres considérables, telles que le tombeau à coupole de forme conique encore visible au-dessous de la citadelle de Mycènes et improprement appelé Trésor J'Atrée. Ce qui frappe dans cette construction gigantesque, enfouie sous le sol, c'est le volimie des matériaux employés, notamment du linteau de la porte qui donnait acccsdans le tombeau et que soulageaient des piédroits montés en encorbellements afin d'écarter du I inteau les charges supérieures. Cette disposition avait été encore employée

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