L'ARI DANS L ANTIQUITE
le Ramcsscion élevé en mémoire de Ramses 11 vainqueur des Khetas sur l'Oronte, le temple de Medinet-Habou édifié en l'honneur de Ramses III qui sauva l'Egypte menacée par les peuples de la mer, les ancêtres des Grecs. En {général le prince défunt est fij^uré adorant Ammon-Ra entre Mauth et Khons complétant la triade des dieux thébains.
Le cirque de l'Assassif, sur lequel s'elevc un autre temple funéraire, celui de Deir-el-Bahari. dû à la régente Hatasou, sépare les temples funéraires du vallon ou sont dissimulées les tombes royales.
Le Ramesseion est peut-être le plus remarquable des monuments thébains {fig. 19). Au fond de la première cour faisant suite aux pylônes d'entrée. était une statue colossale de Ramsès dont les débris gisent sur le sol. Elle précédait des piliers décorés de statues en haut-relief d'Osiris : ils soutenaient le plafond de la galerie adossée au mur qui séparait la première cour de la seconde. Celle-ci donnait accès à une salle hypostyle. dont les plafonds en partie conservés montrent encore les vautours aux ailes éployées peints sur les dalles, au milieu d'étoiles. Ce sont les symboles des déesses du Midi et du Nord, semblant indiquer la route qui conduit au sanctuaire.
La sculpture qui se développe sur les parois et sur les supports des temples transforme ses procédés durant la période thébaine. Sous l'empire memphite le bas-relief était généralement saillant comme les inscriptions qui l'accompagnaient. Pour éviter sans doute le deloncement de la pierre, du grès, ou du granit, le sculpteur exécute désormais dans une entaille, qui suit le contour extérieur, le bas-relief dont toutes les saillies affleurent la surface du mur. A ce genre de bas-reliefs correspond la gravure des hiéroglyphes. Les sujets que le sculpteur doit traiter et enrichit d'enluminures, mettent en scène le roi, médiateur entre son peuple et la divinité, et accomplissant les rites religieux. La reine l'assiste, tenant pour l'offrande des fleurs c>u un vase de libations, ou agitant un sistre pour mettre en fuite les mauvais génies. Si parfois le roi est assisté d'un prêtre dans les scènes d'offrande ou de sacrifice, les autres humains sont de si minime importance, qu ils ne figurent sur les bas-reliefs représentant des cérémonies religieuses que comme porteurs de la barque ou du palanquin.
Le roi étant fils de Dieu, le sculpteur ne risquait point de se tromper en faisant le dieu à l'image du roi. Aussi ces figures divines ont-elles en gênerai les caractères de portraits.
Quant aux objets figures dans les scènes d'offrandes, tissus, bijoux. meubles, ils sont encore traites à l'époque thébaine avec un souci de vérité qui semble avoir caractérisé pendant plusieurs milliers d'années l'art cgygticn.
Ces qualités sont d'autant plus développées durant la période thébaine que la ricliesse du pavs s'est accrue, et que le mobilier funéraire s'est considérablement augmente .
Non seulement ce mobilier est représente sur les bas-reliefs des temples.
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et des galeries souterraines conduisant au caveau, mais on a placé dans la chambre funéraire les objets eux-mêmes en bois, en métal ou en terre cuite. On y trouve des fauteuils ou des tabourets incrustés d'ivoire ou de bois précieux, des bijoux à haute cloisons d'or enchâssant des cornalines ou des pâtes de verre.
A l'époque memphite le sarcophage ne contenait guère que des vases et des provisions. C'est dans les galeries « serdabs » qu'étaient enfermées les effigies du (; double ». Dans les tombes thébaines, ces petites statuettes de bois, ou de terre cuite glacée d'émail, aux belles colorations bleues ou vertes, sont enfouies avec les meubles dans le caveau.
Les viscères qu'on retirait du corps au moment de l'embaumement sont déposes dans des vases ou « Canopes »
à tète d'épervier ou à tète humaine, et la momie est enveloppée dans des cartonnages charges d'inscriptions et entourés d'amulettes.
Le plus souvent le cercueil qui renferme la momie est en bois décore par la peinture
Le bas-relief peint, représentant Seti 1" et la déesse Hathor (fig. 20). que conserve le musée du Louvre, témoigne suffisamment de 1 habileté des sculpteins de l'époque thebainc et de la précision qu'ils apportaient à reproduire non seulement le dessin des
>-r<licF en iik.iirf pcini de Scti I >i<tsic Harhor. (Louvre.
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étofîes et la forme des bijoux mais jusqu'à la transparence de ces étoffes légères qui épousaient les formes du corps au point que les contours sont toujours visibles sous le tissu qui les enveloppe.
Certaines tombes privées ne le cèdent pas pour le luxe aux tombes royales; sous Tempire thébain la disposition de ces tombes s'est modifiée. Dans la nécropole d'Abydos, où sont les plus anciennes, la chambre funéraire en raison de la nature du sol est peuenterrée et c'est une pyramide reposant sur
un soubassement qui
liiStf'Wîi^* ■ "^^â^?^^-^ ^'^^âi^^^^H 1 enveloppe et la protège. Parfois la chapelle funéraire est accolée à cette pyramide.
Mais des la fin de la période memphite . pour mieux protéger les tombes.
on les creusait tout entières sous le sol.
M. Maspero signale comme les plus belles celles des familles féodales qui se partageaient r Egypte, celles des princes de Minieh à Beni-Hassan. celles des princes de Sioiit et d'Elcpliaiitinc, a Siout et en face d'Assouan, les unes disséminées comme à Thèbes, les autres, comme à Bcni- Hassan. groupées sur les pentes de la colline. Celles de Beni-Hassan sont précédées d'un portique aux piliers évidés dans la masse. Ce sont des colonnes polygonales analogues a celles du «t promenoir » de Thoutmcs III et ayant. comme elles, l'aspect de colonnes doriques (hg. ; i ). On evidait de même les piles ou colonnes soutenant le plafc^nd de la salle qui faisait suite au portique et C|ui ne recevait de jour que par la porte. Les galeries qui eussent nécessite un travail considérable dans la roche furent remplacées par des niches évidccs dans la muraille oii se plaçaient souvent les statues *iu définit et de sc>n épouse. La niche, comme autrefois la stèle du mastaba, était le centre de toute la décoration de 1 hvpogee : mais, par suite il une niovlitication dans les croyances, ou tout au moins dans les rites, les bas-reliefs qui dans les tombes mcniphites avaient trait aux travaux exécutés pour le défunt, et à la récolte des provisions qui lui étaient destinées, sont complètes par le cc^rtège funéraire. Les sujets des bas-reliefs indiquent aussi des modifications profc^ndes
Fiii. 11. Colonnes à l'cnirci; d'un hypo^cc de Bcni-Hiissan. XII' dvnaxic.
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clans les usages. Les chevaux qui ne sont pas représentés sur les parois des murs des tombes memphites et qui étaient sans doute peu employés alors, sont sculptés sur les murs des tombeaux et des temples contemporains des Ramsés. Leur emploi avait sans doute été motivé par les grandes guerres qu'eurent à soutenir les Pharaons thébains. Mais il semble que le sculpteur.
III a Mcdinct Hibou.
mal familiarisé avec l'animal, lui ait donne des contours et des modelés indécis. Il n'était point aidé par la tradition, et c'est peut-être la une cause de sa faiblesse. D'ailleurs, lorsqu'une morale religieuse plus élevée donna conscience aux Egyptiens de récompenses ou de châtiments réservés aux défunts dans la seconde vie. suivant leurs bonnes ou mauvaises actions, les sujets des bas-reliefs furent empruntés aux actes de la vie du défunt qui pouvaient lui mériter la faveur divine, plutôt qu'aux scènes familières représentées autrefois, et qui semblent refléter une vie patriarcale toute différente de celle qu'on devait mener sous les Ramsès.
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Ces pharaons conqiicrantb ne ï>c contentaient plu^ des habitations simples élevées en briques, et ou les matériaux lapidaires étaient peu employés.
Ramses 111 faisait précéder son temple tunerairc dune cons-
. ^^^^^^^^^ .^^^^^^^ truction importante a
V''.>'^*2'r^''^^^^^r^^ . .^ ^^^^^^^1 ^ deux étages, défendue
W'-k:: ^^^Hik.jfc^.^^fll ' ]^^^^^^B.' par un mur crénelé
dans lequel était percée une porte, flanquée d edicules ayant l'aspect de corps-degarde.
Le pavillon luimême comprenait des corps de logis établis en retrait autour d'une cour et que reliait un bâtiment sous lequel > ouvrait une porte.
^ La partie basse des murs était construite cil talus: quant aux iiuiis eux-mêmes, ils ctaient recouverts de bas-reliefs, rappelant :s victoires remportes par Ramsés en ^^^^^^^ Sviie. C était donc
WJftr-. '^^^^^^r^ -'■ '•' '^^^'^ """^ sorte
■ ^ de forteresse et un monument triomphal (hg. ;:).
Les représentations peintes de maisons, suivant un procède de figuration qui tient à la fois de la projection et du rabattement, fournissent aussi quelques renseigncTncnt> sur les maisons thebaines. sur la distribution des pièces d'habit.ilion et des magasins, sur la décoration, tantôt empruntée
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LART hGYPTIEN
au règne végétal, tantôt inspirée de combinaisons linéaires, tresses ou méandres, semblant reproduire des travaux de vannerie ou des tissus.
On continuait encore à l'époque thébaine à utiliser la brique pour les constructions usuelles, ainsi qu'en témoignent les galeries voûtées qui subsistent à Thèbes, en arriére du Ramesseion. Les Egyptiens connaissaient bien les déf;iuts de leur sol, et ils avaient adopté des l'époque mcmphitc
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Cournah. (Thcb<».
l'usage de murs construits à lits concaves et ondules pour prendre appui sur les couches de limon et parer au danger de glissements. Les supports isolés reposaient sur une assise assez large pour donner sur le sol compressible une bonne répartition des charges. Dans une étude récente M. Choisy a résumé les observations qu'il a faites en Egypte sur ce mode de construction dont les murs de Karnak et d'El-Kab offrent les plus frappants exemples. 11 ne s'appliquait pas seulement à la brique, mais encore aux murs de c^uais construits en pierres appareillées, ainsi que M. Choisy l'a constate dans l'ilc de PhiLc. et à Esnch.
Les Egyptiens ont ete les maîtres de tous les peuples de l'antiquité dans l'art de construire, qu'il s'agisse de constructions élevées en petits matériaux tasonncs ou de constructions lapidaires mettant en ccuvre des
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inatcriiuix de dimensions considérables. Les voûtes de briques crues pouvaient être élevées sans cintre a condition de disposer les briques par tranches inclinées et de faire adhérer chaque tranche a la tranche voisine par la terre jurasse, le mortier étant encore peu employé. La forme
surhaussée ctait favorable a ce mode d exécution des voûtes. Lorsque la voùtc était épaisse, on la formait de plusieurs rouleaux concentriques. Il est difficile de savoir actuellement si ces méthodes de construction ont été imaj^inées en Egvpte ou en Chaldée. Cependant, les voûtes ég^'ptiennes étant postérieures aux expéditions dirigées par la régente Hatasou en Arabie, on pourrait en conclure à la priorité des voûtes chaldéenncs. Mais ce qui appartient en propre a 1 Egypte, c'est le système de construction lapidaire dans lequel tout est réduit au soutien de charges verticales.
Si la salle à cc")uvrir est petite, et si sa largeur ne dépasse pas la dimension moyenne des dalles à extraire des carrières, ces dalles franchissent l'espace vide entre les murs sans aucun soutien.
Si la salle est plus vaste, on divise par des supports isoles l'espace à couvrir, c>n reunit les Mipports A leur p.ntic siipcriciirc p.n t.lcs architraves monolithes sur lesquelles reposent les dalles des plafonds. A la salle hypostyle de Karnak. 1.1 loiij^iieur des monolithes dépasse neuf mètres, l orsque les murs sont épais on les coiistiuil .1 deux parements et généralement en talus, le vide intérieur ctiiiit ren\[>li de sable. Ainsi étaient construits les murs des pylônes, et ce mode lie construction, vu la n.ituve liu sol limoneux, a eu pour conséquence 1 ellondrcnieiil des p\ loues (.ju.ind le iio\au k.le sable s est aHaissé.
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A l'orij^ine les supports étaient sans doute monolithes, mais les difficultés de montage firent bien vite préférer leur établissement par assises, ces assises étant liées entre elles par des tenons de bois ou de métal.
C'est pour la même raison que les architraves reposant sur les axes des colonnes ou des piliers sont rarement d'une seule pièce, mais sont constituées de deux ou trois monolithes juxtaposés soutenant les dalles jointives des plafonds.
Ce qui est à remarquer, c'est le sentiment artistique qui s'applique aux moindres détails. Les Egyptiens ont eu. les premiers, l'idée de donner aux pilastres, arrêtant sur un mur la file des supports d'une galerie, un couronnement distinct de celui des supports. Le temple de Médinct- Habou en offre un exemple caractéristique (hg. 23).
Si l'on étudie de près les procédés de transport et de montage, on constate que les Egyptiens ont toujours proportionné les efforts au but à atteindre, et n'ont jamais exagéré inutilement les dimensions des pièces à assembler. Le traîneau et le radeau étaient d usage courant pour les trans- i ■ ports, le plan incline et les leviers facilitaient le montage des matériaux loinds à grande hauteur; M. Choisy a reconnu, en arriére des pylônes de Karnak, les témoins d'un mcde de monli'ge à bascule et par gradins, cjui évitait pour de grandes hauteurs le développement excessif des rampes.
Les terrassements remplaçaient pour les supports isolés les échafaudages: on établissait, au moyen de remblais, des niveaux successifs, correspondant aux lits des assises, et le déblai de la salle s'effectuait ensuite inverscm.ent au fur et à mesure de l'exécution des travaux de décoration.
Quant aux colosses et aux obélisques, il y a lieu de penser, avec M. Choisy. qu'ils étaient transportes sur des traîneaux, hissés à l'aide de leviers sur des plans inclinés et mis en place en pivotant lentement sur des sachets de sable, vidés progressivement; on peut croire que le dressage des obélisques était obtenu de même en amenant le monolithe sur des remblais à la position hori/ontalc; on pouvait le faire tourner vers le milieu de sa
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