‹ Leçons sur l'histoire de l'artChapitre 8 sur 38 · AKT DANS L ANTIQUITi · texte numérisé non relu

AKT DANS L ANTIQUITi

hauteur sur un tourillon fixe, en déblayant doucement la b&sc pour amener le bloc a la position verticale. Des sacs de sable, peu a peu vides, aidaient encore à faire reposer, sans secousses et sans risques de fêlures des arêtes.

lobclisque sur sa base. La taille des obélisques et des colonnes ctait faite en grande partie sur les carrières et par plans qui supposent l'emploi de la scie et du sable quartzeux pour les cpannelages. Ces détails révèlent suffisamment la science des constructeurs.

Quant a l'art, il intervenait partout, et l'époque tfiébaine nous fait connaître à la fois le ^oùt des artistes et la perfection des métfiodes techniques.

Sans doute, s'il s'agit de la décoration architecturale, l'artiste thebain a peut - être le sens iiioins délicat, moins affiné, que 1 artiste mcmphite. Ainsi, la colonne a tiy;es et à boutons de lotus si délicatement interprétée par l'artiste d'Abousir. et qui.

au temple funéraire de Gournah (Hg. 24) et dans les hypogées 1.1e Beni-Hassan. conserve encore sur le fût et le chapiteau les divisions des tiges arrondies, ne garde plus, à Karnak.

qu un trace grave des dispositions anciennes. Sans doute on rcchcrch.îit pour le développement des t.lecor.itions hiéroglyphiques une surface unie mieux utilisable. Cependant, le souvenir de la (.lecoration florale est encore conserve sur les colonnes de Thebes par la forme bulbeuse de la base sur laquelle s'épanouissent de larges feuilles d eau. par les annelets graves rappelant les ligatures prises sous les boutons, par une sorte de frange symbolisant les tigettes prises entre les tiges principales et les liens de serrage (hg. 1 S).

le chapiteau en forme de campane. celui du Ramesseion aussi bien que celui de la salle hypostyle de Karnak. conserve aussi à la surface le souvenir

.1.11.1 XIX ilvna

LART EGYPTIEN

des fleurs épanouies et des boutons de lotus, symbolisant le bouquet lloraj qui fut l'origine du chapiteau. Mais que la forme de ce chapiteau, nécessitant l'interposition d'un cube pour soutenir l'architrave, est peu logique!

La sculpture et la peinture avaient pris sous l'empire thébain un développement considérable. Prisse d'Aveiuies a reproduit, dans son Histoire de l'Jlrt égyptien, quelques-unes des compositions charmantes qui ornaient les murailles : ici. le peintre a représenté, sous la forme la plus délicate, une joueuse de mandore ; là, ce sont des scènes de chasse dont le développement semble avoir inspiré le décor des beaux vases de Corinthe.

Les bas -reliefs de Tell -el - Amarna sont parmi les œuvres les plus gracieuses qui, par la finesse de contours et la délicatesse du modelé, fassent le mieux apprccier l'artiste égyptien.

Les statues d'Amenophis III conservent les traditions de style de l'époque memphite pour les rois représentés dans l'attitude du repos. On y employait les matières les plus dures, dioritc ou basalte. L'expression des figures est rendue avec une sincérité charmante. Quelques-unes, celle d'Harmhabi (fig. 25) et celle de la reine Taia (fig. zb), sont à citer comme les chefs-d'œuvre de la statuaire égyptienne.

Bien que le sculpteur semble, à l'époque thébainc. préférer le bas-relief serti dans un contour intaillc au bas-relief saillant, l'ancien procédé est encore employé notamment à Abydos. dans le temple de Séti 1". Le Louvre conserve \\n basrelief représentant Ramsés II enfant à la chasse, dont les formes souples et les fins modelés sont dignes d'admiration (fig. 27). Sur le pylône de Ramsés 111. à Medinct-Habou. la sculpture en bas-relief est associée aux inscriptions gravées, tandis que, dans le temple, les tableaux rcprescr.tant lotfr.Midc <\u roi à Ammon sont exécutés dans une intaille.

La peinture à teintes plates et conventionnelles ne détruisait jamais les formes par des nuances de tons. C'est le relief qui produisait les demi-teintes

Fiû. 38.

Auih-Rj

Statuette en bois du roi 7) < Hor • découverte à Dashour.

(Musée du Caire.)

LAKI DANS l-ANIIQUIli;

et les ombres. L'enluniinure mettait en valeur les modelés très fins qui résultaient de la réduction des saillies dans le bas-relief éj^yptien. Elle aidait a la compréhension des scènes dont le sculpteur excellait a accentuer l'expression par la répétition des j^estes, superposant personnages ou animaux par une projection oblique.

Une esquisse de trait à la sanguine guidait le ciseau ou le pinceau, et ces

esquisses de contour, faites a la fa(,on de celles de nos fresques du moyen âge. portent encore des traces de correction. On a tout retrouvé dans les tombeaux, jusqu'aux palettes et aux godets dont se servaient les peintres, et quelques-unes de ces palettes avec leur amortissement sculpté, sont de véritables œuvres d'art. Sauf l'indigo, les couleurs étaient minérales.

On les posait sur un enduit très fin. qui bouchait les pores de la pierre ou du bois. Pour les cartonnages de momies on se servait de couleurs à l'eau mélangées de gomme, qu'on appliquait sur un enduit de colle et de plâtre. Naturellement.

v.ct enduit n'existait pas sur le basalte ni le granit ; mais les parties peintes, comme on le voit sur les creux du sarcophaji;c de Ramscs III. au Louvre, avaient ete piquées pour faciliter l'adhérence de la peinture. Lorsque la matière était très dure et colorée naturellement elle se passait d'enluminures. On peut le constater au Louvre sur un sarcophage de basalte portant en creux la représentation de la migration de l'âme. Le sarcophage est. il est vrai, d époque saïte.

Le peintre distinguait par un ton jaunâtre les chairs de femmes et par un ton brun les chairs d hommes : les draperies et les bijoux a\aient des colorations très voisines des colorations naturelles.

L'artiste tire ses thèmes décoratifs de tout ce qui I entoure, mais le plus souvent de la flore et de la taune locales.

Naturellement les tombeaux ont conser\e >urtout les représentations

Fia. 34,

La djnic Naï. Statuette en bois il'l;pc<^uc ihcb.iinc (Louvre.)

LARI" liGYPIlHN

tl'animaux auxquels les rituels assignaient une destination funéraire, l'uroeus, le vautour, l'épervier, le scarabée. Le décor des plafonds est très varié, tantôt très libre, représentant un vol d'oies ou des vautours aux ailes éployées sur un fond d'étoiles; tantôt assujetti à une décoration de lignes droites ou courbes, servant d'appui aux ornements floraux. Les peintures des papyrus ne sont pas moins intéressantesàétudierque celles qui décorent les murailles. Elles accusent un souci de la composition et une franchise d'expression c]ui font vraiment honneur aux artistes. Mais c'est surtout dans les objets familiers, mettant en oeuvre le bois, la terre émaillée, le verre ou le métal, que se révèlent à nous le goût et l'habileté des artisans thébains.

Le bois a été employé à la fois pour la statuaire et pour le mobilier.

Le Louvre et le musée du Caire conservent plusieurs statuettes; les unes en bois de cèdre ou de sycomore, les autres en bois d'acacia, statuettes de rois et de prêtres et statuettes de jeunes femmes, qui sont des merveilles de grâce et de finesse. La statuette du roi H or. attribuée à la XI 1' dynastie, a l'élégance d'unc ceuvre grecque (fîg. 28 .

L'or intervient dans la statuette de la dame Naï ifig. 2q) pour figurer un collier, des bracelets, et l'interprétation de l'étoffe moulant le corps conserve à la statuette un caractère de dignité chaste, que l'artiste a toujours su exprimer. La statuette de la dame Toui se distingue par les mêmes qualités de finesse et d'élégance. Toutes deux datent de l'époque thcbaine. Sur une autre statuette de bois moins précieux (fig. 3o), c'est la pc-nture

Fia. 3o. F<min< portant un< lugc. Statuette

en bois peint. XII' dynastie. (Louvre.)

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