L AIM DANS 1. AMIOIJI II
appliquée sur un enduit très hn, qui détaille le costume d'une esclave portant une petite auj^e sur la tétc; !c j^este est éléj^ant et parfaitement observé Cette statuette est delà XI 1' dynastie.
Parmi les œuvres d'art les plus exquises, il faut Imiter de petites cuillers de bois servant à prendre la poudre d'antimoine, le fard ou les parfums, et que décorent le plus souvent des motifs tires de la flore ou de la faune du Nil.
Le Musée du Louvre est particulièreirent riche en ustensiles de ce genre. Ici le manche est formé par un esclave à l'aspect lourd soulcrant a\ec peine le tardeau, dans lequel est évidée la cuiller; là c'est une jeune hlle nue, tenant des bouquets de lotus, et. soutenant sur les bras des offrandes, fruits et oiseaux. La cuiller est généralement de forme ovale, et cette forme est utilisée pour représenter un canard dont le cc^rps est cvidc et ilont les ailes mobiles forment le couvercle ; c'est une jeune nageuse alk">ngeant les bras pour saisir l'oiseau qui fc>rmc le mandée. La forme carrcc d une autre cuiller a pern)is au sculpteur de développer un autre sujet : c est une nuisicienne debout sur une barque (fig. 3i). Sur un autre manche de cuiller est représentée une joueuse demandore entre deux tiges de lotus. L artiste a sculpté encore une jeinie Hlle s'avan- (,ant en écartant les tiges fleuries qui gênent sa marche (hg. >2). Rarement la nature a ete plus sincèrement observée et plus sûrement rendue. Celles mcmcs de ces cuillers à parlum dont la décoration n est empruntée qu'à la fleure sont de purschefs-d'cvu- ^
vre et de parfaits modèles de composition dècc^rative.
Les dimensions restreintes des bois exploites en ''"■ ''• Curii<r dt boi».
Jeune hlle cueillant det lolui.
Egypte nécessitaient des assemblages, assemblages Epo.queih<b.ine (Louvre.,
Fio. 3i. Cuiller do
boi». Musicienne sur une
hari]U,;. Ùpoiguc tliehaini
I Louvre.)
L'ART EGYPTIEN
à tenons chevillés et assemblages à rainures, qui sont encore d'usage courant.
On doit attribuer aux artisans tle I époque thcbaine des fauteuils
conservés au Louvre et au
Musée britannique, dont le
dossier est orné de marqueterie
d'ébène et d'ivoire (fig. 33). Il
est relié par des sortes d'équerres
au cadre reposant sur les pieds,
et sur lequel était tendu un
treillis de cuir ou de cordelettes
servant sans doute à porter un
coussin.
Le décor de ces meubles est
encore très varié; les pieds sont
généralement des pieds d'animaux, et les tètes de ces animaux
forment amortissement à la iuui-
teur du siège. Sur un tabouret
du Louvre (fig. 34), ce sont les
corps entiers des félins qui cons
tituent les supports.
Quant aux tissus, on ne peut
douter que les Egyptiens de
lépoque thébainc aient connu la
tapisserie, puisqu'un métier de haute lisse est représente sur le mur d'un
hypogée de Beni-Hassan. Ils employaient aussi le cuir découpé et teint.
Tous les meubles conserves dans nos musées ont été recueillis dans les
tombeaux, et l'habiletedu menuisier est très apparente encc^re dans la fabrication des cercueils de bois où étaient enfermées les momies. Sc^uventce n'était qu'un coffre couvert d hiéroglyphes, dont la face intérieure, enduite de stuc, recevait aussi des inscriptions empruntées au 'Livic des Morts. Plus tard, on tenta de donner au cercueil l'aspect du corps embaumé. C'était une sorte de gaine dont la tète seule se
détachait complctcnicnt et reproduisait avec une scrupuleuse exactitude les
traits du défunt (fig. 35). Parfois le corps tout entier est figure en relief.
FauKuil (n bois. Dossier à pannoux incrusio d ivoire. Epoque thfbainc Lou\r<.
Fio. 14. rjbouicl de boi-. ayiiil deux lelm
pour supports. Epoque thebaine. (Louvre.)
L ART DANS L AMIOUITE
couvert d'attributs; et c'est pour de tels cercueils que l'on employait les bois d'essences diverses, fournissant des ressources pour les colorations différentes des chairs et des vêtements. L'émail intervenait pour les yeux, pour les bijoux. Les mains repliées sur la poitrine tenaient des emblèmes. Pendant la période thébaine, on préférait les sarcophages de granit ou
Fui. ')>. Sarcophage en bois d°<ss<nccs diff(r<ntc^ pour la figure et li-s \.'t.'ni.-nis t|iii sont peints. l£poqiie thcbainc. (Louvre i
d'albâtre et le luxe des cercueils de bois accuse ij;éneralenient des ivuvres de basse époc^ue.
Le travail tics potiers ne parait pas avoir ete pousse aussi Ic^in en Egypte qu'en Grèce. On choisissait pour les vases de luxe des roches dures ou des pierres fines qu'on taillait avec une perfection extraordinaire, laissant supposer un outillage moins rudimentaire qu on ne le croit généralement. Les croyances populaires multipliaient les amulettes auxquelles on attribuait des vertus