NATURE DU PROCESSUS DÉGÉNÉRATIF
nerfs sectionnés sont actifs ou passifs, s'ils sont comparables à l'ostéite ou à la nécrose.
Le gonflement du noyau interannulaire, sa multiplication par division, la section du cylindre-axe en certains points par le protoplasma cellulaire sont des faits si analogues à ce qui se manifeste dans l'ostéite que, dès l'abord, nous sommes portés à considérer la dégénération comme un processus actif. Cependant, dans une question aussi importante, ces premières ressemblances ne sauraient nous suffire pour établir notre jugement, et il est nécessaire auparavant que nous discutions tous les points de vue auxquels on peut se placer. II serait possible, en effet, que, la mort atteignant d'abord le cylindre-axe et la myéline, ces éléments eussent agi ensuite comme une épine, à la manière d'une portion d'os nécrosée, pour déterminer l'accroissement du protoplasma et la multiplication des noyaux.
Plusieurs faits nous démontrent qu'il n'en est pas ainsi. Le premier que je vous signalerai est la coïncidence entre la perte des fonctions et l'altération histologique du segment périphérique. Il est aisé de constater cette coïncidence de la façon suivante : après avoir pratiqué la section d'un nerf, on examine de temps à autre son segment périphérique au point de vue de la conservation des propriétés. Au moment où il ne manifeste plus de pouvoir excito-moteur, on l'enlève et on le plonge dans l'acide osmique. En examinant ensuite les tubes nerveux après les avoir dissociés, on reconnaît que les cylindres-axes sont coupés par le protopfasma. En répétant cette expérience sur divers animaux, chez lesquels l'excitabilité se perd après des périodes de temps variées, nous avons pu nous assurer que la cessation des fonctions du nerf coïncide toujours avec le moment précis où les cylindres-axes sont coupés. Nous sommes en droit de conclure de ces observations que l'élé-
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ment ossenlïel du lubc nerveux, le cylindre-axe, est rcslé vivant jusqu'au momciil oii sa conlinulté a élè interrompue; par conséquent il n"a pas pu agir comme un corps lilranger pour déterminer la suractiviui cellulaire; c'est au contraire celle suraclivilé qui a précédé et causé sa destruction.
Un secoiiii fait qui couArme notre manière de voir, c'est que, comme nous vous l'avons montré, la perle des propriétés est la plus rapide, lorsque la vie est la plus active; elle se produit plus tilt chez l'oninial jeune que chez l'adulte; clier. les siiiniaux alTaiblis ou mal nourris, elle survient au contraire plus tardivement.
D'après l'ensemble de ces observations, nous pouvons affirmer que l'hjpertrophie du protoplasma et du noyau et In miiltiplicalion de ce dernier sont les phénomènes primitifs, dout les autres ne sont que la conséquence, elque la défjénération des nerfs est essentiellement un processus actif, comme l'osléite.
Dans l'étude que nous avons faite desalléralions du segment |>ériphériqiie d'un nerf sectionné, il est une partie que j'ai négligée à dessein. Vous avez remarqué qu'après avoir étudié les phénomènes inflammatoires qui se passent dans les premières heures au voisinage même de la plaie (voy. t. I, p. 291 et suivantes), j'ai excepté expressément cette portion du neif dans la description que j'ai donnée dca altérations subséquentes : j'ai dû agir ainsi pour simplifier et rendre plus claire la description de ce processus si compliqué. D'autre part, comme les modifications qui se produisent aux extrémités du sejîuient péripbéri(jue et du segment centiai se rattachent intimement à la réj^énération, leur description sera mieux placée ici, où elle me servira de transition entre les faits que je vous ai exposés jusiju'à