‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 114 sur 179 · SEGMENT PÉRIPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

SEGMENT PÉRIPHÉRIQUE

p. 14); j'y reviens ici, parce qu'ils se montrent surtout en abondance au moment où la régénération se produit. Ils ne sont autre chose, comme je vous Tai dit, que les parties renflées des anciens tubes, mises en liberté par la destruction des portions amincies et vides qui les reliaient les unes aux autres.

VliNGT-QllATRlfeME LEÇON

F*iT» iiill»i.« OBSERVÉS WHS L» DÉGÈnÉiUTiOH. — Segmnl central. — Cm

de inodiOulioax noUhlei au-ileMus du bourgoon. Seganml ricatricirl. — Nombre considérilile de petilt faisceaux nerretii, n~viUui (Tune gilne, constitués par des fibres i myéline ol dn tibres san« mjiline, dont la nombre relatif nrie suirant le nerf et suiianl la période de robsertitian. — Volume de eus faiKcaui. ~ Leur direction en tous «eus. <Aservatioii. nu quiire-vîagt-dii-neuviëme jour aprè.* la seclion, d'une membrane ciulricicllc Irès-mince entre deui bourgeons en apparence indépendinla.

Bourçeon central.— Trêpa relions par diistKiation. — Tjpet divers detubesnei^ vouï partunl dei lub<-B normaui: I* Tube nerveui mince, «itué au milieu d'une niasie prMoplasmiqne et entouré de fibres sans myéline. — 9' Cjlîndre'aM DU donnant naissance ï deux tubes k mjéline. — 3* Tubes ï rajéline en nombre lariable partant siiiiullanémcnl de l'ancien tube. — 4° Tul» i myéline entouré d'un tube sans mjéline venant de beaucoup plus baut. — 5' Tube iiprn'ui nomeau qui préseole sur son trajet un se^tnenl inlerannulïire plus court el plus mince que les autres. — 6' Tube qui se multiplie par divisions successives de manière à devenir un faisceau. Préparations pr coupes. — l'rocédé opéraloii'c. — Faits oI>serïcfi ; Tubes plus ou moins nombreux, i côté de l'ancien cylindre-aie pourvu ou dépourvu de sa gjine de mjélme.

Bapporti du bourgeon central avec le Kgmenl ciciitricif.1. — Les tubes nerveui de ce bour^'eun se continuent ï plein canal avec les faisceaux nerveui de la cicatrice.

Bourgeon périphérique. — Mêmes altérations que dans tout le segment périphérique. — Lt'S tulics nerveui du segment cicatriciel j pénétrent, soit dans es de Scliwann, soit entre elles.

Messieurs,

Nous avons commencé réliidc des faits que l'on observe dans le ^cgmi'nl périj)héri(|tie du vingtième au cent soixantiùine jour a]irès la soclion.

SEGMENT CENTRAL. — SEGMENT aCATRlCIEL. 53

Aux différentes formes de tubes neiTeux que l'on y rencontre et que je vous ai décrites, je dois en ajouter une dont je ne vous ai pas parlé encore, et qui est assez commune: un tube nerveux, soit libre, soit contenu dans une ancienne gaîne, s'interrompt brusquement en apparence, tandis que sa direction est continuée par une fibre nerveuse sans moelle ; puis, à une certaine distance et tout aussi brusquement, on voit reprendre le tube à myéline. Il y a donc des fibres nerveusas à myéline qui peuvent être dépouillées de leur gaîne médullaire sur une partie de leur parcours, puis en être enveloppées de nouveau. Je vous donnerai l'explication complète de ce fait, qui se montre plus fréquemment encore dans le bourgeon central, lorsque nous nous occuperons du développement physiologique des nerfs.

J'aurais à vous signaler beaucoup d'autres dispositions des tubes nerveux, car je n'ai décrit que les principaux types, en laissant de côté toutes les formes intermédiaires; j'y reviendrai dans la suite, quand je ferai le résumé général du processus régénéra tif.

J'ai peu de chose à vous dire du segment central. Audessus du bourgeon qui le termine, ce segment est à peu près normal.

Abordons maintenant l'étude du segment cicatriciel. Que la section ait été pratiquée sur un nerf unifascîculaire comme le pneumogastrique, ou sur un nerf multifasciculaire comme le nerf sciatique, il est remarquable de voir que la cicatrice est toujours constituée par un nombre très-considérable de petits faisceaux nerveux. Ce fait, intéressant en lui-même, prend une importance toute spéciale quand on recherche le mode suivant lequel se produit la cicatrisation des nerfs. En effet, il suffirait à lui seul à

51 BÉCt'ÉRiTliW DES \airs SECTMW^fe.

prouver qoe la cicatrice n'est pas une simple aom

in les (Il-ih se^enls nerrcui. mais qiidqae <

beaucoup plus corapliqné. J« revicmlrai surcrtle (j

k pni(>os (hi rapport du wgmcnl cicatriciel atcc la ion

autris segments.

le» petits raisceaox nen-eux qui concourent i b fapmnlion du segment cicatriciel ont une structure Tnntèmz ils ne contiennent ni goultes di' rajôline, ni gnaobÛN» graî&seitses. Ils sont enloun^s d'une enveloppe trti mmn, tapissée sur sa Tace profonde de cellules cmlolbélîalee (««}. Pi. Il, (îg •>), analogut-, en un mot, à la gaine que, sar les petits nctfs normaux, nous avons ap[ii-is à counaiire $()i»le nom de gaine de llenle. Sur certains de res fnbiocaux, b gaine parait simplement com[io«i'e di^ cellules cndolhéliales soudëes les unes aux autres par leurs Imrds.

Faistms l'analyse de cette gaine, cl d'.tbord disons quelques mois du mode de préparutinn qu'il convient de suitre pour l'étudier. I^e segment cicitricici, quoique fomié par un tissu dense et sern!, n'est pas Iri-s-difljcile à dissocia-, f^ (iiisceaux que l'on en obtient par la dissociation ne sont pas très-élpndus, il est vrai, mais ils ont le plus souvent une longnpur sunisanle pour l'étude. Sur beaucoup de [toinls, la gaine membraneuse qui les enveloppe a été déchirée et rerotilée; elle apparaît alors comme un mimcbon d'étendue variable, sur lequel se dessinent des plis pins ou moins accusés.* Lorsque cetre nicinbranc n'est pas ptissée, et c'est le (%ns le plus fréquent, elle se présente sous la forme d'une envolop[)e à pen près cylindrique, drml le contour est indiqini jiar deux lignes droites parallèles embrassant l'ensemble des tubes nerveux. Knlre ces derniers et la gaine se dislingiienl des noyaux aplatis et allongés, comme ceux qui existent sur les gaines des ramifications terminales des nerfs. Vous verrez sous un de ces microscopes une pré-

SEGMENT aCATRIQEL. 55

paration (PI. II, fig. 5) où la gaîne dont je vous parle est devenue parfaitement évidente, grâce aux déchirures qui s'y sont produites par suite des manœuvres de dissociation. Les cellules qui la doublent, bien reconnaissables à leurs noynux colorés par le carmin, s'en détachent sur quelques points, au niveau desquels la membrane semble interrompue, ce qui porterait à croire qu'elle est de nature purement cellulaire.

Quant à la structure des éléments nerveux qui les constituent, les petits faisceaux du segment cicatriciel présentent des différences considérables. Jls contiennent des tubes à myéline et des fibres sans myéline, mais le nombre relatif de ces deux sortes d'éléments varie beaucoup; certains petits faisceaux sont même composés uniquement de libres sans myéline. D'autres présentent, à côté de ces dernières, un ou deux tubes à myéline ; d'autres enfin sont formés uniquement ou presque exclusivement de tubes à myéline.

Ces différences tiennent, d'une part à la constitution du nerf que Ton a sectionné, de l'autre, au temps qui s'est écoulé depuis la section. Si vous examinez des faisceaux du segment cicatriciel d'un nerf pneumogasirique soixantedouze jours après la section, vous serez frappés de voir que la majeure partie d'entre eux sont constitués par des fibres sans myéline; c'est pour cela qu'après avoir été soumis à l'action de l'acide osmique ce segment paraît seulement grisâtre. Dans le segment cicatriciel du nerf sciatique, au contraire, vous rencontrerez, à la même époque, un très grand nombre de fibres nerveuses à myéline.

Comme je viens devons le dire, le temps est également un facteur important. Dans un nerf où les fibres sans myéline dominent du soixantième au centième jour, les fibres à myéline semblent, au contraire, les plus nombreuses

56 KÉCÉNÉKATIUN Wï. NERFS SECTIONNÉS. ^^H

du cenlième au cent soixanLième jour. Cette obsenation montre que, dans la cicatrice, les fibics nerveuses subissent une Iransformation gradtii:!le; dépourvues de myéline au début, elles s'en enveloppent ensuite et Unissent par constituer de jeunes tubos nerveux, dans lesquels les étranglements annulaires sont nettement accusés.

Le volume des Taisceaux nerveux du segment cicatriciel est fort varialile; les plus gros peuvent avoir jusqu'à cinq fois le diamètre des plus petits. Sur leur trajet, ils munirent assez souvent des bifurcations. A ce niveau, la gaîoe qui lis enveloppe se divise comme le faisceau lui-même. Elle s« comporte absolument comme la gaîne de Henle sur Ks ramifications terminales i3es nerfs. J'ai assez longuement insisté sur ce fait {voy. 1. 1, p. 168), pour n'avoir pas besoin d'y revenir ici.

Les faisceaux nerveux de la cicatrice sont loin d'être parallèles; ils divergent au contraire dans des directions trèsvariées. Si l'on dissocie avec quelque ménagement et après l'avoir fixé par l'acide osmique le segment cicatriciel d'un nerf scialique enlevé entre le soixantième et le centième jour après la section, on peut en obtenir des fragments assez étendus, allant même quelquefois depuis le bourgeon central jusqu'au bourgeon périphérique. Dans ces préparations, certains faisceaux sont parallèles à l'axe du segment; d'autres s'en dégagent plus ou moins obliquement ou même perpendiculairement à sa direction, et s'écbappent sur ses bords; tous ces faisceaux s'entrc-croisent de diverses manières les uns avec les antn^.

Les préparations que j'avais obtenues antérieurement m'avalent |iermis déjà de me former une opinion très-arrètée sur cet entre-croisement, malgré l'objection que l'on pouvait tirer de ce que, dans la dissociation, les aiguilles avaient dû cbangcr la diiecLion des faisceaux; mais hier

SEGMENT CICATRICIEL. 57

j'ai eu Poccasion de faire à ce sujet une observation intéressante et lout à fait démonstrative. Voici en quoi elle consiste. Chez un lapin, j'avais coupé, il y a aujourd'hui cent jours, le nerf scialique au niveau de l'échancrure ischiatique. Hier, après avoir sacrifié l'animal, j'ai examiné la région correspondante à la section, et j'ai constaté les faits suivants : Il s'était formé ^un bourgeon central volumineux. Le bourgeon périphérique était également bien marqué, mais d'une dimension moindre. Ces deux bourgeons, distants d'environ un centimètre, se terminaient d'une façon complètement indépendante l'un de l'aulre, et reposaient simplement syr une membrane brillante qui revêtait l'ischion et qui paraissait être de nature conjonctive. Le segment cicatriciel semblait manquer complètement.

Je me suis demandé si réellement il n'en existait pas. Pour m'en assurer, j'ai badigeonné à plusieurs reprises, avec un pinceau trempé dans une solution d'acide osmique à 1 pour 100, la région intermédiaire aux deux bourgeons nerveux. J'ai vu alors s'y dessiner de petites lignes noires entre-croisées en différents sens, ce qui indiquait la présence de fibres nerveuses à myéline.

Après avoir fait agir ainsi l'acide osmique pendant un quart d'heure environ, j'ai pu détacher du tissu sousjacent une membrane extrêmement mince, brunie par l'osmium, et qui reliait le bout central avec le bout périphérique. Cette membrane était assez fine pour qu'il fût possible de l'observer tout entière sous le microscope. Je l'ai d'abord examinée dans l'eau; puis, pour en faire une préparation persistante, je l'ai mise à macérer pendant un quart d'heure dans l'alcool au tiers, pendant un second quart d'heure dans l'alcool à 36% puis, pendant un quart d'heure encore, dans l'alcool fort, et enfin je l'ai plongée dans l'alcool absolu, la déshydratant ainsi progressive-

menl, afin de ne pas la rala(in«r. Er»>tii(c. j<; l'ai nsnte Iraiispan^iilc par l'csscDce «le girofle, el je l'ai moalée dav It! Itaiime du Canada.

Sur t-fiu> prè|iaralioo, qui esl disposée dvnuU tous («iv.

l'I. II, lig. 7), T(Mi3 reconnailivz que, du s<>enieat oatral ausGgmenl périphi/rique, il ï'VtPiid un i-éseau de !■»• ceaux nerveux sVnti'c-croisfiut dans loutes les dinctioas. Les uns sont longitudinaux, les autres obliques, d'aittns encore loul à fiiît ti'3nsven>aus ; cerliiins oi^nie, après as parcours descendant, forini'nt une anse et rvutoalfjil ms le bourgeon eenind. Ces faÎM-eaux se monireni sur Iciote l'étendue de la préparation, qui a au moins un centimètre de largeur, et il est Irès-proIiaWe qu'ils ^e pnursuiraîeBl encore au delà ; en eDrt, sur les bords de la membrane que j'ai di^lacl>t-e, on dis^tia^ur de.s faÎHceaux coupés; je n'avais donc pas enlevé loutes les parties sur lesquelles s'étendaient les éléments nerveux.

En examinant avec attention les faisceaux nerveux cx>nprts dans la préparation, vous les verrez se diviser, s'anaslomoser les uns avec le autres, et former un véritable plexus.

[/importance de cette observation se comprt'nd d'emblée. On a soutenu, vous le savez, qu'un nerf absolument séparé de son centre peul se régénérer, el qu'il se régénère effeclivement au bout d'un eerlain temps: Comme ce fait a été annoncé par dos observaloiirs exacts el consciencieux, MM. l'bilippeaux et Vuipian, on y a ajouté foi. J'y ai cni au:=si jadis, el aujourd'hui encore je suis convaincu que ces auteurs ne se sont pas trompés dans Tobservalion du fait qu'ils ont annoncé, et que dans leurs expériences les nerfs se sont bien réullemenl régénérés.

Miiis voyez ce qui nous seniil arrivé dans celle expérience si nous n'avions pas employé l'acide osmique. Nous n'au* rions pas reconnu celle mince membrane cicatricielle, qui

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