FAITS BIZARRES OBSERVÉS PFNDANT LA RÉGÉNÉRATION
ensuite une nouvelle différenciai ion. Aussi je ne la discute pas plus longuement.
Je me range à l'opinion ancienne de Waller, en y ajoutant cependant que les fibres de nouvelle formation, qui parlent effectivement du segment central, comme il Ta dit, pénètrent en grande partie dans les tubes dégénérés du segment périphérique, où elles trouvent un milieu convenable pour leur végétation. Ces fibres, ainsi que vous avez pu le reconnaître, ne se logent pas toutes dans Tintérieur des anciennes gaînes de Schwann ; quelques-unes s'insinuent entre ces gaînes, et elles s'y montrent soit isolées, soit groupées en faisceaux.
Bien qu'il ail manqué à Waller d'avoir observé cette dernière disposition, ses études n'en établissent pas moins un fait très-important : le développement centrifuge des fibres nerveuses de nouvelle, formation. Le point de départ de ce développement est dans les cellules nerveuses centrales. En effet, les cylindres-axes n'étant en réalilé que des prolongements de ces cellules, il est facile de concevoir que, tant qu'ils ne sont pas séparés de l'élément cellulaire auquel ils appartiennent, ils peuvent se développer et s'accroître. C'est à Waller que revient le mérite d'avoir reconnu cette relation et de l'avoir établie par des expériences concluantes. Je reviendrai sur ce sujet lorsque je traiterai des ganglions spinaux, et je reprendrai alors les expériences de Wtiller; je puis même vous dire dès aujourd'hui que je les ai déjà répétées et que je les ai trouvées parfaitement exactes.
Je passe maintenant aux faits bizarres qui 'se montrent pendant la régénération des nerfs, soit dans le segment central, soit dans le périphérique, et que j'ai réservés, comme je vous l'avais annoncé, pour la fin de cette description.
7« DÉGÉPtÉRATtOS ET IIÉGÉSÉIIATION DES NERFS.
Ces faits résultent en j^énéral de rexubéranee du processus, qui est elle-même une conséquence de l'activité exceptionnelle dusegmeut central du neri'seclioiiné, A ce point di^uc, permettez moi une comparaison ; Lorsqu'une br>inche est retranchée à un arbre, il pousse à sa place plusieui^ branches nouvelle^s dont chacune est plus vigoureuse que celle qui a été coupée; il s'est donc développé dans cette dernièic, audessous de la section, une suractivité vitale considérable. Il eu est de même dans les nerfs, et les faits bizarres qui se produisent, d'abord dans le bourgeon central et plus tard dans le bourgeon périphérique quand l;i réj-énérulion l'a atteint, sont dus au grand nombre et à l'aclivité exceptionnulle des libres nerveuses nouvelles qui naissent aux dépens des anciennes.
Parmi ces faits, que l'on rencontre dans les nerfs en voie de régénération et qui ne s'observent jamais sur les tubes normaux contenus dans les troncs nerveux, le premier que je vous signalerai est l'enroulement de deux tubes nerveux l'un autour de Paulre. Je vous ai déjà montré le cas le plus simple de ce penre, l'enroulement d'un petit tube nerveux autour d'un tube plus gros; mais ce phénomène prend quelquefois une importance beaucoup plus grande; sur l'une des préparations que je soumets à votre observation, vous verrez deux tubes nerveux jeunes qui ont été asisez heureusement isolés, et qui sont tordus l'un autour de l'autre comme les brins d'une corde (voy. 1*1. Il, iig. 9 A).
Une autre préparation du bourgeon central du même nerf (cinq mois et demi après la section] vous montrera un phénomène du même genre, mais encoie beaucoup plus complexe, l'iusieuis petites fibres sont enroulées ensemble pour former comme un peloton, puis elles i-e séparent ])our marcbei' de nouveau ensuite parallèlement (PI. Il, fig. 9 li).