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FAITS BIZARRES OBSERVÉS PKNDANT LA RÉGÉNÉRATION

ensuite une nouvelle difTérencialion. Aussi je ne la discute pas plus longuement.

Je me range à l'opinion ancienne de Waller, en y ajoutant cependant que les fibres de nouvelle formation, qui partent efTectivement du segment central, comme il Ta dit, pénètrent en grande partie dans les tubes dégénérés du segment périphérique, où elles trouvent un milieu convenable pour leur végétation. Ces fibres, ainsi que vous avez pu le reconnaître, ne se logent pas toutes dans Tintérieur des anciennes gaines de Schwann ; quelques-unes s'insinuent entre ces gaines, et elles s'y montrent soit isolées, soit groupées en faisceaux.

Bien qu'il ait manqué à Waller d'avoir observé cette dernière disposition, ses études n'en établissent pas moins un fait très-important : le développement centrifuge des fibres nerveuses de nouvelle formation. Le point de départ de ce développement est dans les cellules nerveuses centrales. En effet, les cylindres-axes n'étant en réalité que des prolongements de ces cellules, il est facile de concevoir que, tant qu'ils ne sont pas séparés de l'élément cellulaire auquel ils appartiennent, ils peuvent se développer et s'accroître. C'est à Waller que revient le mérite d'avoir reconnu cette relation et de l'avoir établie par des expériences concluantes. Je reviendrai sur ce sujet lorsque je traiterai des ganglions spinaux, et je reprendrai alors les expériences de Waller; je puis même vous dire dès aujourd'hui que je les ai déjà répétées et que je les ai trouvées parfaitement exactes.

Je passe maintenant aux faits bizarres qui 'se montrent pendant la régénération des nerfs, soit dans le segment central, soit dans le périphérique, et que j'ai réservés, comme je vous l'avais annoncé, pour la fin de cette description.

OnUXB ÊLECTRHHK UG U TOBPILIS.

l'observation en eal plus simple, et de l'autre parce que, en suivant ctitte marche, nous arriverons Torcément, chemin faisant, à eiamincr certains appareils nerveux dont la conaaisKtnce nous aillera :') comprendre la structure du cerveau et de la moelle épinière.

Il existe, en efTel, dansijuelques ori^anes, des centrer d'inncrvation indépendants jusqu'à un certain point du système nerveux «unirai, et qui lui sont analogues parleurs fonclionset leur structure. Cescentn-s périphériques, qui sont quelquefois étalés en coucbcs mini-cs, se prélent admirablement à l'observation microscopique; aussi pourrons-nous probablement y élucider des qiiestionsqn'il serait impossible d'uborder de front [Jotir les cenli-cs i;ércbro-spïnaux,

La terminaison pt^ripbérique des nerfs se fait dans des organes de mouvement et dans des organes de sensibilité. Dans les premiers, \cx centres nerveux transmettent par les nerfs l'incitation motrice aux organe*; cette transmission est donc centrifuge. Dans les nerfs sensilifs. au contraire, la transmission est nécessairement centripète, puisque cei nerfs portent à un centre une excitation qui a pris naissance d;ins un ot^ane de sensibilité.

Nous étudierons en premier Heu les terminaisons de nerfs de mouvement.

Les nerfs de mouvement ou à action centrifuge sont de différenis ordres. Suivant les organes dans lesquels ils se distribuent, ils sont moteurs électriques, moteurs musculaires et moteurs glandulaires. X ces trois ordres de nerfs, je dois ajouter encore ceux qui vont inciter à des mouvements des cellules qui ne sont ni électriques, ni musculaires, ni glandulaires, comme par exemple les cellules à pigment, que l'on rencontre eljez beaucoup d'animaux, et en particulier chez les céplialopodes.

Noris commencerons l'élude des terminaisons motrices

DESCÎUPTIÔN GÉNÉRALE. 87

par l'analyse des terminaisons nerveuses dans Torgano. électrique des poissons.

Des poissons de diverses familles donnent à volonté des décharges électriques; ils les utilisent pour se défendre do leurs ennemis, et peut-être pour attaquer leur proie et s'en rendre maîtres : je n'entre pas dans ces considérations de physiologie zoologique qui ne sont pas de mon domaine, et j'arrive de suite à Tanatomie.

Parmi ces poissons, je vous parlerai surtout du genre torpille, qui se trouve sur nos côtes. Dans l'Océan, on rencontre principalement l'espèce dont je vous présente ici un échantillon, la torpille marbrée, torpédo galvani; dans la Méditerranée, il y a, en outre, deux autres espérées : la torpédo narce ou ocellata et la torpédo nobiliana. Mes recherches ont porté sur la première espèce, la torpille marbrée, parce que je les ai faites à Goncarneau,, où elle est la seule qui se renconire. Du reste, tous les auteurs s'accordent pour reconnaître qu'il n'y a pas de différences notables dans l'organe électrique entre les différentes espèces du genre torpille.

Je ne vous parlerai des autres poissons électriques que d'une manière tout à fait incidente, et seulement dans le but d'éclaircir quelques points discutés de la constitution ou de la structure de l'organe électrique de la torpille. En nous engageant ainsi dans le domaine de l'anatomie comparée, nous agrandirons celui de l'anatomie générale, et la nature de cerlaines parties nous sera plus facile à comprendre. Du reste, plusieurs auteurs qui se sont occupés de ce sujet ont procède de la môme manière, comme vous le verrez quand je vous présenterai l'historique de la question. Ces autres poissons éleclriques sont le gymnote, qui se rencontre dans l'Amérique du Sud, et le malapterurus, qui vit dans le Nil. Je dois y ajouter la raie, qui se trouve

m OW.\^E tlïCm'M ItE U TOBl'ILLt. ^^

en aboDilancc âur dos côUrs, et qui possède dans h queue un omne Irès-analiiguc & ceux des poissons que j'ai àié$, organe que l'on appelle pour celle raison pseiidtH âectriqne.

Comme je riens de tous le dire, je ne vous parlerai de ces poissons que par omipardi^n, et il ne sera \Taimeal question que de la torpille. Notre tuit en effet dans ces recbercbos n'est pas tant du coniuittre l'urj-'atie é)ecti'i<|uu que d'y trouver ud type de terminaisons nerveuses qui nous permette d'aller plus avant Jans l'étude des ucrfs moteurs en général.

Voici dans ce basân un grand échantillon du genre lorptlle; il mesure, comme vo»$ voyez, environ cinquante centimètres de longueur. En vctilà quclqut.-s autres lii'auamp pins petits.

Je dois l'avantage de ïoiis inoitlrer ces torpiller en vie à l'oblii^eance, je dirai mi>me à rintelligence de M. fitienne ftuillou, mailn;-|)ilote à Concnrneau. U est bon que vous observiei des torpilles en pleine activité et que vous puissiei juj;er par vous-mêmes des secousses électriques qu'elles produisent, mais ce n'est pas seulement dans ce bul que je les ai fait venir. Elles me sont nécessaires pour continuer les recherclics que j'ai déjà commencées, et pour essayer d'élucider, si cela est possible, quelques-uns des points actuellement en discussion parmi les bislologisles ; mes anciennes préparations et le matériel que j'ai rapporté (le Concarneau ne suffisaient pas, en effet, pour faire une analyse aussi minutieuse.

Disons d'abord quelques mois de la grosse anatomie de l'organe électrique.

L'organe électrique a, comme vous le voyez, une forme semi-lunaire. Cette formea fi'a[>pé les anciens anatomistes; c'est ainsi que Redi, qui lepremiera parlé des organes élec-

Mues fie la lor|iiIIe, les appelle corps faiciformcs (corpi fal~

Cet organe occupe tout l'espace compris enire la cage cartilagineuse des liranchies et la nageoire laléiale; sa face supérieure el sa face inférieure sont en rapport immédiat av-t-cla peau, ou pliitôtavec lelissii conjonclifqui la double.

Four découvrir l'organe électrique, la torpille leposant sur sa face ventrale, on fait un plia la peau de la région dorsale, ell'on incise ce pli avec un scalpel ou avec un rasoir;

puis on agrandît celte premièreouverture en se servant d'un scalpel qu'il faut avoir soin de choisir bien tranchant, parce que la peau el le tissu cellulaire dy cet animal présenlenl une assez grande densité. On arrive ainsi à dénuder la face supérieure de l'organe, et à constater qu'il s'étend en

flet, comme je viens de vous le dire, depuis la cage des iDcbies jusqu'à l'arc cartilagineux de la nageoire latérale.

pLa boite crânienne carlilagineusu dans laquelle sont logés les centres nerveux est facile à couper avec un scalpel. Quand elle est ouverte, on aperçoit en arrière du cerveau, au

ûvcau du bulbe, deux lobes assez considérables (o, fig. 1)

M MIGÂNËëSctRIQDE tX U TORPILLE.

<]ui n'estslent pas chez les autres poissons et qui sanL les lobes èleclriq «es. De chacun d'eux naissent cinq nerfs, qui se distribuent à l'organe étectr-i<|ue correspondant.

Ces nerTs.dont les quatre aniérieurssont trÈ^-volumineux, traversont lus cloisons des branchies et arrivent à l'organe électriqiif' vers le milieu environ de son éjMiIsseur, peut-être un peu plus prâs du ventre que du dos de l'anituat. Laissoas pour le moment de cdté ces cinq paires de nerfs, et occupons-nous de la structure de l'organe luî-mérae.

Lorsque cet organe est mis à découvert en suivant le procédé que je viens d'indiquer, on aperçoit une série de figures polygonales à cinq nu six celtes (fig. t , p. 89), limitées par des cloisons, et qui semblent contenir une substance particulière. Si l'on pratique ime incision perpendiculaire a la surface, on reconnaît qu'en réalité ces figures correspond dent à autant de prismes verticaux qui s'étendent depuis la face dorsale jusqu'à la face ventrale de l'animal, occupant ainsi toute son épaisseur. Ces pnsmes sont désignés sous le nom de prismes électriques. Leurs cloisons sont formées d'un tissu blanc, nacré, résislant ; leur contenu est translucide, d'un gris rosé et d'une consistance gélatineuse.

Sur une section parallèle à la surface, le contenu de chacun des prismes fait une saillie, de sorte que toute la surface de l'orgnne paraît constituée par autant de pctiLs monticules en calotte de sphère. Savi profita de cette disposition pour faiie les premières recherches sur la structure microscopique de l'organe électrique de la lorpille. Ayant retranché avec des ciseaus courbes le sommet bombé d'un prisme, il l'agita dans l'eau et le vit se décomposer en lamelles trèsminces. H lui était facile dès lors d'en prendre une ou plusieurs pour les observer au microscope. A celle époque, on examinnit tous les tissus dans l'eau, et, quand ils n'étaient pas assez transparents, on les comprimait vigou-

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